Photos de Josiane

vendredi 04 septembre

Sous bois

O bon faune ! couché dans les fourrés épais,
Tu savoures, les yeux demi-fermés, la paix
Qui tombe du soleil sur la cime des chênes.
Les lianes, pendant comme de vertes chaînes
A tous les bas rameaux, emplissant la forêt
Où court un jour voilé, langoureux et discret.
Tu songes, barbouillé de mûres, et sommeilles
Sous le vol circulaire et pesant des abeilles.
Mais tout à coup, muet, courbé sous les taillis,
Tu laisses échapper tous les beaux fruits cueillis,
Tu frémis, et tes yeux, dans ta face cornue
S'allument... C'est qu'au fond de la verte avenue,
Naïs aux yeux charmants, chère à Diane encor,
Svelte et laissant flotter ses vives tresses d'or,
Paraît, de son pied nu caressant les pervenches...
Et ton rire lubrique éclate sous les branches

 

 

Albert Glatigny,                                    
                                    
Joyeusetés galantes et autres du vidame 
Bonaventure de la Braguette, 1866.

 

 

 

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jeudi 03 septembre

REFLET


Reflets 

 

Sous l’eau du songe qui s’élève,
Mon âme a peur, mon âme a peur !
Et la lune luit dans mon cœur, 
Plongé dans les sources du rêve.

Sous l’ennui morne des roseaux,
Seuls les reflets profonds des choses,
Des lys, des palmes et des roses,
Pleurent encore au fond des eaux.

Les fleurs s’effeuillent une à une
Sur le reflet du firmament,
Pour descendre éternellement
Dans l’eau du songe et dans la lune.

(Maurice Maeterlinck, Serres chaudes, 1889)

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vendredi 28 août

AU BORD DE LA NIVE

 

 

Au bord de l'eau

S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe,
Le voir passer ;

Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace,
Le voir glisser ;

A l'horizon, s'il fume un toit de chaume,
Le voir fumer ;

Aux alentours, si quelque fleur embaume,
S'en embaumer ;

Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
Tente, y goûter ;

Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent,
Chante, écouter...

Entendre au pied du saule où l'eau murmure
L'eau murmurer ;

Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
Le temps durer ;

Mais n'apportant de passion profonde
Qu'à s'adorer ;

Sans nul souci des querelles du monde,
Les ignorer ;

Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,
Sans se lasser,

Sentir l'amour, devant tout ce qui passe,
Ne point passer !

René-François SULLY PRUDHOMME   (1839-1907)

 

 

 

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mercredi 26 août

LE CHEMIN

Le chemin du bonheur…

Je connais un chemin qui conduit au bonheur,
Au parcours sinueux réservant des surprises,
Parsemé de cailloux et bordé par des fleurs,
Qui réveillent les sens par des odeurs exquises…

Il suffit de penser aux instants délicieux,
Où des flots de baisers submergeaient nos visages,
Où nos cœurs enlacés sous la voûte des cieux,
Se laissaient emporter jusque dans les nuages…

Il suffit d’accepter la douleur d’un chagrin,
Rejeter le néant d’une amour passagère,
Relever sans faillir la lourdeur du destin,
Accueillir simplement une main étrangère…

Il suffit de savoir regarder près de soi,
Ecouter attentif le chant des tourterelles
Et le souffle du vent suscitant un émoi,
Annonçant le retour des amours éternelles…

 

ALAIN LALAUDE

 

 

 

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lundi 24 août

UHART MIXE - VIDEO

 

J'ai fait une vidéo avec vertaines photos que j'ai prises

 

 

 

 

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dimanche 23 août

L'EGLISE D'USTARITZ : L'intérieur

L'église

Simone, je veux bien. Les bruits du soir
Sont doux comme un cantique chanté par des enfants.
L'église obscure ressemble à un vieux manoir ;
Les roses ont une odeur grave d'amour et d'encens.

Je veux bien, nous irons lentement et bien sages, 
Salués par les gens qui reviennent des foins ;
J'ouvrirai la barrière d'avance à ton passage, 
Et le chien nous suivra longtemps d'un œil chagrin.

Pendant que tu prieras, je songerai aux hommes
Qui ont bâti ces murailles, le clocher, la tour, 
La lourde nef pareille à une bête de somme
Chargée du poids de nos péchés de tous les jours ;

Aux hommes qui ont taillé les pierres du portail
Et qui ont mis sous le porche un grand bénitier ;
Aux hommes qui ont peint des rois sur le vitrail
Et un petit enfant qui dort chez un fermier.

Je songerai aux hommes qui ont forgé la croix, 
Le coq, les gonds et les ferrures de la porte ;
À ceux qui ont sculpté la belle sainte en bois
Qui est représentée les mains jointes et morte.

Je songerai à ceux qui ont fondu le bronze
Des cloches où l'on jetait un petit agneau d'or, 
A ceux qui ont creusé, en l'an mil deux cent onze, 
Le caveau où repose saint Roch, comme un trésor ;

À ceux qui ont tissé la tunique de lin
Pendue sous un rideau à gauche de l'autel ;
À ceux qui ont chanté au livre du lutrin ;
À ceux qui ont doré les fermoirs du missel.

Je songerai aux mains qui ont touché l'hostie, 
Aux mains qui ont béni et qui ont baptisé ;
Je songerai aux bagues, aux cierges, aux agonies ;
Je songerai aux yeux des femmes qui ont pleuré.

Je songerai aussi aux morts du cimetière, 
A ceux qui ne sont plus que de l'herbe et des fleurs, 
À ceux dont les noms se lisent encore sur les pierres, 
À la croix qui les garde jusqu'à la dernière heure.

Quand nous reviendrons, Simone, il sera nuit close ;
Nous aurons l'air de fantômes sous les sapins, 
Nous penserons à Dieu, à nous, à bien des choses, 
Au chien qui nous attend, aux roses du jardin.

Remy de Gourmont (poème dédié à Francis Jammes), Simone, 1897.

 

 

 

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vendredi 21 août

UHART MIXE (suite)

Montagne et présence éternelle

Sur les sentiers frappés par des pas répétés, 
Une ombre se glisse, légère et triste. 
Seule dans l'obscurité par la lune éclairée, 
Je compte les années qui nous ont séparées. 
Ici nous étions heureux ; les bois riaient à nos jeux ; 
Sous les pins embrumés, ton parfum s'attardait. 
Nous leur racontions notre amour à chacun de nos séjours ; 
"J'irai où tu iras"! Disais-je d'une voix 
Remplie d'éternité, à ta cause vouée.

Il y a ici encore tant de ces choses que le temps 
N'est capable d'effacer, ni de faire oublier. 
La montagne en échos crie ton nom, chante tes mots; 
Elle n'a point oublié ces deux voix du passé 
Qui se lièrent à jamais dans ce temple déserté ; 
A la pointe de l'aurore elles résonnent encore 
De la vallée livide jusqu'aux crêtes arides. 
Au lever du soleil, une tristesse vermeille 
Attend en silence les aveux d'une présence.

Si aujourd'hui tu n'es plu, c'est que la vie s'est plut 
A briser ses enfants ; et moi, égarée chez les vivants, 
Suspendue à la mort sereine, je te survis à grand peine ; 
Et armée de tout mon courage, j'attends la fin de ton voyage, 
Lorsque étendus sur notre lit de foi, la vie véritable te réveillera.

Nayahcruize

 

 

 

 

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mardi 18 août

UHART MIXE 5

Dans la Sierra

J'aime d'un fol amour les monts fiers et sublimes !
Les plantes n'osent pas poser leurs pieds frileux
Sur le linceul d'argent qui recouvre leurs cimes ;
Le soc s'émousserait à leurs pics anguleux.

Ni vigne aux bras lascifs, ni blés dorés, ni seigles ;
Rien qui rappelle l'homme et le travail maudit.
Dans leur air libre et pur nagent des essaims d'aigles,
Et l'écho du rocher siffle l'air du bandit.

Ils ne rapportent rien et ne sont pas utiles ;
Ils n'ont que leur beauté, je le sais, c'est bien peu ;
Mais, moi, je les préfère aux champs gras et fertiles,
Qui sont si loin du ciel qu'on n'y voit jamais Dieu !

Théophile Gautier

 

 

 

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jeudi 13 août

UHART MIXE

Balade en montagne

Je goûte au silence du matin,
Dans la courbe tendre du chemin,
La rosée perle de son écrin, 
Dans un chaud soleil de juin.

Mon regard pénètre émerveillé,
Au coeur de ce vallon,
Où se dresse en toute beauté,
La cime fière du Bric Berchet.

Je goûte à l'arôme délicat,
Des fleurs qui guide mes pas,
Tandis que se perche du haut des mélèzes,
Une odeur parfumée de sève,
Le chemins enlace la pente,
Se blottit au creux du ravin,
Le torrent dans le lointain chante
Sous une pluie d'éclats cristallins

Auteur inconnu

 

 

 

 

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samedi 08 août

LA MONTAGNE

LE REFUGE


Je sais dans la montagne, un refuge perdu
Qui se mire à l'eau claire des lacs verts d'Orgélus
Ouvert aux quatre vents aux montagnards perdus, 
Dans la brume et la neige, comme un port du salut.

Qu'il fait bon s'endormir
Au refuge le soir
Près du feu qui s'éteint
Au pays des isards.

Je sais dans la montagne, un refuge perdu
Entouré d'asphodèles, de sapins chevelus
Une histoire d'amour a commencé là-bas,
Quand une nuit d'octobre, j'ai dormi près de toi.

Qu'il fait bon s'endormir
Au refuge le soir
Près du feu qui s'éteint
Au pays des isards.

Ton cœur est mon refuge, et tes yeux sont pour moi
Ces lacs verts où se mirent mon bonheur et l'amour
Et dans ma solitude, j'y viens chercher souvent
Un sourire qui rassure, un regard apaisant.

Qu'il fait bon s'endormir
Au refuge le soir
Près du feu qui s'éteint
Au pays des isards.


(Edmond Duplan)

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Ces photos ont été prises par mon fils lors de son dernier séjour à Cauterets

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mercredi 05 août

L'EGLISE D'USTARITZ

L'église

Simone, je veux bien. Les bruits du soir
Sont doux comme un cantique chanté par des enfants.
L'église obscure ressemble à un vieux manoir ;
Les roses ont une odeur grave d'amour et d'encens.

Je veux bien, nous irons lentement et bien sages, 
Salués par les gens qui reviennent des foins ;
J'ouvrirai la barrière d'avance à ton passage, 
Et le chien nous suivra longtemps d'un œil chagrin.

Pendant que tu prieras, je songerai aux hommes
Qui ont bâti ces murailles, le clocher, la tour, 
La lourde nef pareille à une bête de somme
Chargée du poids de nos péchés de tous les jours ;

Aux hommes qui ont taillé les pierres du portail
Et qui ont mis sous le porche un grand bénitier ;
Aux hommes qui ont peint des rois sur le vitrail
Et un petit enfant qui dort chez un fermier.

Je songerai aux hommes qui ont forgé la croix, 
Le coq, les gonds et les ferrures de la porte ;
À ceux qui ont sculpté la belle sainte en bois
Qui est représentée les mains jointes et morte.

Je songerai à ceux qui ont fondu le bronze
Des cloches où l'on jetait un petit agneau d'or, 
A ceux qui ont creusé, en l'an mil deux cent onze, 
Le caveau où repose saint Roch, comme un trésor ;

À ceux qui ont tissé la tunique de lin
Pendue sous un rideau à gauche de l'autel ;
À ceux qui ont chanté au livre du lutrin ;
À ceux qui ont doré les fermoirs du missel.

Je songerai aux mains qui ont touché l'hostie, 
Aux mains qui ont béni et qui ont baptisé ;
Je songerai aux bagues, aux cierges, aux agonies ;
Je songerai aux yeux des femmes qui ont pleuré.

Je songerai aussi aux morts du cimetière, 
A ceux qui ne sont plus que de l'herbe et des fleurs, 
À ceux dont les noms se lisent encore sur les pierres, 
À la croix qui les garde jusqu'à la dernière heure.

Quand nous reviendrons, Simone, il sera nuit close ;
Nous aurons l'air de fantômes sous les sapins, 
Nous penserons à Dieu, à nous, à bien des choses, 
Au chien qui nous attend, aux roses du jardin.

Remy de Gourmont (poème dédié à Francis Jammes), Simone, 1897.

 

 

 

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lundi 03 août

UHART MIXE 5

L'ISOLEMENT


Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon,
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs,
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports,
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante :
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : Nulle part le bonheur ne m'attend. 

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières ?
Vains objets dont pour moi le charme est envolé;
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts;
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire,
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l'aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi,
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

Alphonse de Lamartine (1790-1869)

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samedi 01 août

UNE ORCHIDEE

Les Fleurs


Jetant leur fantaisie exquise de couleurs
A l'étalage des fleuristes
Elles sont tour à tour ou joyeuses ou tristes,
Les fleurs !

Joyeuses, elles vont porter les mots frôleurs
A l'oreille des biens aimées,
Disant : bonheur, espoir, ivresses enflammées,
Les fleurs !

Tristes, elles s'en vont mourir, vagues pâleurs,
Dans la nuit des tombes glacées,
Disant : désespoirs, deuils, soupirs, âmes blessées,
Les fleurs !

Joyeuses, elles vont, par groupes enjôleurs,
Briller en nos têtes frivoles,
Disant : luxe, plaisir, insouciances folles,
Les fleurs !

Tristes, avec novembre, elles viennent en pleurs,
Dire les chers anniversaires,
Les souvenirs aimés et les regrets sincères
Les fleurs !

Ainsi, s'associant aux gaîtés, aux douleurs,
Selon que le veut notre envie,
Elles sont nos témoins et nos sœurs dans la vie,
Les fleurs !


Jacques Clary Jean Normand.

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jeudi 30 juillet

L'HORCHIDEE

Les fleurs

 

Jetant leur fantaisie exquise de couleurs
A l'étalage des fleuristes
Elles sont tour à tour ou joyeuses ou tristes,
Les fleurs !

Joyeuses, elles vont porter les mots frôleurs
A l'oreille des biens aimées,
Disant : bonheur, espoir, ivresses enflammées,
Les fleurs !

Tristes, elles s'en vont mourir, vagues pâleurs,
Dans la nuit des tombes glacées,
Disant : désespoirs, deuils, soupirs, âmes blessées,
Les fleurs !

Joyeuses, elles vont, par groupes enjôleurs,
Briller en nos têtes frivoles,
Disant : luxe, plaisir, insouciances folles,
Les fleurs !

Tristes, avec novembre, elles viennent en pleurs,
Dire les chers anniversaires,
Les souvenirs aimés et les regrets sincères
Les fleurs !

Ainsi, s'associant aux gaîtés, aux douleurs,
Selon que le veut notre envie,
Elles sont nos témoins et nos sœurs dans la vie,
Les fleurs !

Jacques Clary Jean Normand.

 

 

 

 

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mardi 28 juillet

UHART MIXE 4

LIBERTE


Sur les monts orageux, j'ai bâti ma chaumière
Et près des noirs sapins, j'ai toujours habité
J'y vis comme l'aiglon, tranquille dans son aire
Ici le ciel est bleu : c'est la liberté !

Liberté, liberté chérie
A toi mon cœur, à toi ma vie,
Liberté, liberté chérie
A toi l'aurore et le soir de mes jours.
Ô montagnard, ô montagnard, soit fidèle toujours.

Si partout sous mes pieds, dans la vallée profonde,
Les grands flots menaçants coulent dans la cité ;
Si j'entends sous mes pieds la tempête qui gronde
Ici le ciel est bleu : c'est la liberté !

Liberté, liberté chérie
A toi mon cœur, à toi ma vie,
Liberté, liberté chérie
A toi l'aurore et le soir de mes jours.
Ô montagnard, ô montagnard, soit fidèle toujours.

L'âme plus près de Dieu se trouve ainsi plus forte 
Elle emprunte aux sommets leur sauvage fierté
Et la voix du torrent qu'un dernier souffle emporte
Redit : " Ô montagnard, garde ta liberté ! "



Eths Bandolets

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dimanche 26 juillet

UHART MIXE 3

LE VENT DE LA MONTAGNE


Le vent qui souffle à travers la montagne
Me rendra fou. 
Je veux partir, je veux prendre la porte,
Je veux aller
Là où ce vent n'a plus de feuilles mortes 
À râteler 
Plus haut que l'ombre aux vieilles salles basses
Où le feu roux 
Pour la veillée éclaire des mains lasses 
Sur les genoux ; 
Aller plus haut que le col et l'auberge
Que ces cantons
Où la pastoure à la cape de serge 
Paît ses moutons ; 
Que les sentiers où chargés de deux bannes, 
Sous les fayards, 
Le mulet grimpe au gris des feux de fanes 
Faisant brouillard. 
Ce vent me prend, me pousse par l'épaule,
Me met dehors, 
La tête en l'air, le cœur à la venvole,
Le diable au corps. 
Il faut partir et prendre la campagne 
En loup-garou :
Le vent qui souffle à travers la montagne
M'a rendu fou. 


- Henri Pourrat -

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samedi 25 juillet

HUART MIXTE 2

J'AIME D'UN FOL AMOUR ...

J'aime d'un fol amour les monts fiers et sublimes !
Les plantes n'osent pas poser leurs pieds frileux
Sur le linceul d'argent qui recouvre leurs cimes;
Le soc s'émousserait à leurs pics anguleux.

Ni vigne aux bras lascifs, ni blés dorés, ni seigles;
Rien qui rappelle l'homme et le travail maudit.
Dans leur air libre et pur nagent des essaims d'aigles,
Et l'écho du rocher siffle l'air du bandit.

Ils ne rapportent rien et ne sont pas utiles;
Ils n'ont que leur beauté, je le sais, c'est bien peu;
Mais moi, je les préfère aux champs gras et fertiles,
Qui sont si loin du ciel qu'on n'y voit jamais Dieu !

Théophile Gautier (1811-1872)

 

 

 

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jeudi 23 juillet

HUART MIXE 1

ALTITUDE

Oublier ces longs jours monotones, 
Ces mille soucis futiles où l'on se perd, 
Regagner sa liberté, 
Et partir... 

Se rendre dans la montagne immense, 
Suivre le sentier qui nous attend,
Enfin lever la tête,
Revivre... 

Le murmure des ruisseaux,
L'odeur des pins,
Le silence des champs de pierres,
Gravir ...

Marcher encore, plus haut,
Retrouver son âme,
Dans l'effort et la solitude,
Se taire ...


Jano (sur une inspiration de Daniel Deillac)

 

 

 

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Photos prises pendant les dernières vacances

 

 

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mardi 21 juillet

Fleurs de l'Albizia

 

Joachim du Bellay
(1522-1560)


SONNET

Qui a vu quelque fois un grand chêne asséché,
Qui pour son ornement quelque trophée porte,
Lever encore au ciel sa vieille tête morte,
Dont le pied fermement n'est en terre fiché,

Mais qui dessus le champ plus qu'à demi penché
Montre ses bras tout nus, et sa racine torte,
Et sans feuille ombrageux, de son poids se supporte
Sur un tronc nouailleux en cent lieux ébranché:

Et bien qu'au premier vent il doive sa ruine,
Et maint jeune à l'entour ait ferme la racine,
Du dévot populaire être seul révéré:

Qui tel chêne a pu voir, qu'il imagine encore
Comme entre les cités, qui plus florissent ore,
Ce vieil honneur poudreux est le plus honoré

 

 

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lundi 20 juillet

L'ALBIZIA

 

 

J'étais un arbre en fleur où chantait ma Jeunesse

J'étais un arbre en fleur où chantait ma Jeunesse, 
Jeunesse, oiseau charmant, mais trop vite envolé, 
Et même, avant de fuir du bel arbre effeuillé, 
Il avait tant chanté qu'il se plaignait sans cesse.

Mais sa plainte était douce, et telle en sa tristesse 
Qu'à défaut de témoins et de groupe assemblé, 
Le buisson attentif avec l'écho troublé 
Et le coeur du vieux chêne en pleuraient de tendresse.

Tout se tait, tout est mort ! L'arbre, veuf de chansons, 
Étend ses rameaux nus sous les mornes saisons ; 
Quelque craquement sourd s'entend par intervalle ;

Debout il se dévore, il se ride, il attend,
Jusqu'à l'heure où viendra la Corneille fatale 
Pour le suprême hiver chanter le dernier chant.

 

Charles SAINTE-BEUVE   (1804-1869)

 

 

 

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