Photos de Josiane

lundi 06 avril

A BIENTÔT

 

Je vous dis à bientôt car je pars, à peu orès deux semaines, chez ma soeur à Bordeaux

 

 

Conseil à l'ami.

Recueil : Poésies (1851)

L'amitié ! quel nom ravissant ! 
Tout poète, depuis Homère, 
Chante l'amitié, la chimère 
La plus chère à l'esprit qui sent !

Que ton avis soit caressant, 
Ami ; jamais de voix amère : 
Sois semblable à la bonne mère, 
Grondant son fils et l'embrassant.

Garde qu'un mot aigre, âme aimante, 
Ne tombe en l'amitié charmante, 
Breuvage dont la douceur plaît.

Souviens-toi que la moindre goutte 
D'acide, quand elle y dégoutte, 
Fait vite aigrir le plus doux lait !


Évariste Boulay-Paty  (1804-1864) 

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samedi 04 avril

BONNE FËTE DE PÂQUES

 

PÂQUES : UN REGARD NEUF

Chaque être porte en lui-même une part de résurrection.
Chaque être peut nous enrichir, à condition de plonger en lui
dans ce qu'il y a de beau, de meilleur, de lumineux, de divin.

Malheureusement, nous épluchons d'abord les ténèbres de l'autre. Et nous en restons là.
Le Christ est là, dans chaque être, enfoui, prêt à se faire reconnaître, et nous passons sans le voir.
Nous manquons la rencontre souvent, pris par notre égoïsme, nos refus,
nos barrières, nos intolérances, nos rejets.
Nous avons besoin de demander dans notre prière le regard du Christ.
Il plongeait dans les êtres avec une telle intensité, une telle fraîcheur, une telle nouveauté,
que personne n'oubliait jamais plus ce regard. Et en vivait.

Le Christ ressuscité a besoin de notre regard de tendresse et de miséricorde pour aborder chaque être.
Plonger dans ce que chaque personne a de meilleur, c'est recevoir une parcelle de la lumière du Ressuscité

Guy Gilbert

 

 

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vendredi 03 avril

LEVER DE SOLEIL

 

Le Lever du soleil

À Henri Schneider. 



Le grand soleil, plongé dans un royal ennui, 
Brûle au désert des cieux. Sous les traits qu’en silence 
Il disperse et rappelle incessamment à lui, 
Le choeur grave et lointain des sphères se balance. 

Suspendu dans l’abîme il n’est ni haut ni bas ; 
Il ne prend d’aucun feu le feu qu’il communique ; 
Son regard ne s’élève et ne s’abaisse pas ; 
Mais l’univers se dore à sa jeunesse antique. 

Flamboyant, invisible à force de splendeur, 
Il est père des blés, qui sont pères des races ; 
Mais il ne peuple point son immense rondeur 
D’un troupeau de mortels turbulents et voraces. 

Parmi les globes noirs qu’il empourpre et conduit 
Aux blêmes profondeurs que l’air léger fait bleues, 
La terre lui soumet la courbe qu’elle suit, 
Et cherche sa caresse à d’innombrables lieues. 

Sur son axe qui vibre et tourne, elle offre au jour 
Son épaisseur énorme et sa face vivante, 
Et les champs et les mers y viennent tour à tour 
Se teindre d’une aurore éternelle et mouvante. 

Mais les hommes épars n’ont que des pas bornés, 
Avec le sol natal ils émergent ou plongent : 
Quand les uns du sommeil sortent illuminés, 
Les autres dans la nuit s’enfoncent et s’allongent. 

Ah ! les fils de l’Hellade, avec des yeux nouveaux 
Admirant cette gloire à l’Orient éclose, 
Criaient : Salut au dieu dont les quatre chevaux 
Frappent d’un pied d’argent le ciel solide et rose ! 

Nous autres nous crions : Salut à l’Infini ! 
Au grand Tout, à la fois idole, temple et prêtre, 
Qui tient fatalement l’homme à la terre uni, 
Et la terre au soleil, et chaque être à chaque être ! 

Il est tombé pour nous, le rideau merveilleux 
Où du vrai monde erraient les fausses apparences ; 
La science a vaincu l’imposture des yeux, 
L’homme a répudié les vaines espérances ; 

Le ciel a fait l’aveu de son mensonge ancien, 
Et, depuis qu’on a mis ses piliers à l’épreuve, 
Il apparaît plus stable, affranchi de soutien, 
Et l’univers entier vêt une beauté neuve. 

 

Sully Prudhomme 
Stances Et Poèmes 

 

 

 

 

 

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jeudi 02 avril

CAUTERTS-3

 

L'offrande à la nature

 

Nature au coeur profond sur qui les cieux reposent, 
Nul n'aura comme moi si chaudement aimé 
La lumière des jours et la douceur des choses, 
L'eau luisante et la terre où la vie a germé.
La forêt, les étangs et les plaines fécondes 
Ont plus touché mes yeux que les regards humains, 
Je me suis appuyée à la beauté du monde 
Et j'ai tenu l'odeur des saisons dans mes mains.
J'ai porté vos soleils ainsi qu'une couronne 
Sur mon front plein d'orgueil et de simplicité. 
Mes jeux ont égalé les travaux de l'automne 
Et j'ai pleuré d'amour aux bras de vos étés.
Je suis venue à vous sans peur et sans prudence, 
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal, 
Ayant pour toute joie et toute connaissance 
Votre âme impétueuse aux ruses d'animal.
Comme une fleur ouverte où logent des abeilles 
Ma vie a répandu des parfums et des chants, 
Et mon coeur matineux est comme une corbeille 
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.
Soumise ainsi que l'onde où l'arbre se reflète 
J'ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs 
Et qui font naître au coeur des hommes et des bêtes 
La belle impatience et le divin vouloir.
Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature, 
Ah ! faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour 
Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure 
Que ne visitent pas la lumière et l'amour.

 

Anna de Noailles.

 

 

 

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mardi 31 mars

CAUTERETS-2

À Aurore


La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand

 

 

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lundi 30 mars

CAUTERETS

 

Les yeux bleus de la montagne

On trouve dans les monts des lacs de quelques toises,
Purs comme des cristaux, bleus comme des turquoises, 
Joyaux tombés du doigt de l'ange Ithuriel, 
Où le chamois craintif, lorsqu'il vient pour y boire, 
S'imagine, trompé par l'optique illusoire, 
Laper l'azur du ciel.

Ces limpides bassins, quand le jour s'y reflète, 
Ont comme la prunelle une humide paillette ; 
Et ce sont les yeux bleus, au regard calme et doux, 
Par lesquels la montagne en extase contemple, 
Forgeant quelque soleil dans le fond de son temple,  
Dieu, l'ouvrier jaloux !

 

Théophile GAUTIER

 

 

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dimanche 29 mars

LE ROCHER DE LA VIERGE-BIARRITZ

 

Promenades dans les rochers (II)

DEUXIEME PROMENADE

La mer donne l'écume et la terre le sable. 
L'or se mêle à l'argent dans les plis du flot vert.
J'entends le bruit que fait l'éther infranchissable, 
Bruit immense et lointain, de silence couvert.

Un enfant chante auprès de la mer qui murmure. 
Rien n'est grand, ni petit. Vous avez mis, mon Dieu,
Sur la création et sur la créature
Les mêmes astres d'or et le même ciel bleu.

Notre sort est chétif ; nos visions sont belles. 
L'esprit saisit le corps et l'enlève au grand jour.
L'homme est un point qui vole avec deux grandes ailes,
Dont l'une est la pensée et dont l'autre est l'amour.

Sérénité de tout ! majesté ! force et grâce ! 
La voile rentre au port et les oiseaux aux nids. 
Tout va se reposer, et j'entends dans l'espace 
Palpiter vaguement des baisers infinis.

Le vent courbe les joncs sur le rocher superbe, 
Et de l'enfant qui chante il emporte la voix.
O vent ! que vous courbez à la fois de brins d'herbe !
Et que vous emportez de chansons à la fois !

Qu'importe ! Ici tout berce, et rassure, et caresse.
Plus d'ombre dans le coeur ! plus de soucis amers !
Une ineffable paix monte et descend sans cesse
Du bleu profond de l'âme au bleu profond des mers.

 

VICTOR HUGO

 

 

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mardi 24 mars

LE PONT CHABAN DELMAS

 

 

Photos prisent il y a deuxans Il se lève pour laisser passer un 4 mats

 

Sur le Pont Neuf

 

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Mon autre au loin ma mascarade
Et dans le jour décoloré
Il m’a dit tout bas Camarade

 

 

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Mon double ignorant et crédule
Et je suis longtemps demeuré
Dans ma propre ombre qui recule

 

 

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Assis à l’usure des pierres
Le refrain que j’ai murmuré
Le rêve qui fut ma lumière

 

 

Aveugle aveugle rencontré
Passant avec tes regards veufs
Ô mon passé désemparé
Sur le Pont Neuf

 

 

Louis ARAGON

[Le Roman inachevé, 1956]

 

 

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dimanche 22 mars

LE MIMOSA

 

L'or pur des mimosas

L'or pur des mimosas



Printemps, ramène -nous leur folle floraison
Leur cascade agitée au vent de déraison,
Leur duvet de poussin à l'ombre des dentelles
De feuilles ,caressées par la brise nouvelle.

Le mur blanc resplendit sous leur voile doré
Ils traversent les champs, viennent jusqu'à l'orée
Des chemins d'herbe bleue, montent en troupes denses
Sur les coteaux baignés par les rayons intenses

Ils se veulent soleil, ils se veulent espoir
O les doux mimosas rayonnant jusqu'au soir
Et leur parfum exquis en fragrance légère
Qui baigne l'air nouveau de vagues passagères!

Je sens contre ma joue leur souffle délicat
Je cueille des bouquets que je prends à pleins bras
Et soudain, la maison se remplit de lumière
A l'or du mimosa descendu des clairières...


Marcek

Michèle CORTI

 

 

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vendredi 20 mars

NOIR ET BLANC

 

 

 

NOIR ET BLANC  

Il pleure dans la cour de l’école,

Il semble vraiment malheureux.

Une petite quitte la farandole

Et s’en approche peu à peu.

 

Le garçon est assis par terre

Ses jambes sont repliées

Et dans ses mains il serre

Son visage qu’il veut cacher.

 

 

Quand il voit  la fillette,

Il veut  se lever pour partir

Mais ne baisse pas plus la tête

Car elle lui offre son sourire.

 

Pourquoi tu es seul et tu  pleures ?

Le petit murmure entre ses sanglots

Mais, tu ne vois pas ma couleur ?

On m’a dit plein de méchants mots.

 

Je suis blanche, tu es noir !

Ou est la bonne couleur ?

Est-ce le blanc ou bien le noir ?

Il n’y a pas de bonne couleur !

 

Je ne veux plus que tu pleures

Je ne veux plus te voir malheureux

Mes yeux voient avec mon cœur

Je leur apprendrai si tu veux

 

Poème trouvé

 

 

 

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Ce sont des essais que j'ai fait pour la photo N et B

 

 

 

 

 

 

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jeudi 19 mars

LE PRINTEMPS

 

Les photos sont de l'année dernière car cette année je n'en ai pas encore fait sur le printemps

 

 

 

Le printemps


Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses des lilas fleurissent.
Les amantes qui te chérissent
Délivrent leurs cheveux flottants.

Sous les rayons d’or éclatants
Les anciens lierres se flétrissent.
Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses de lilas fleurissent.

Couchons-nous au bord des étangs,
Que nos maux amers se guérissent !
Mille espoirs fabuleux nourrissent
Nos coeurs gonflés et palpitants.
Te voilà, rire du Printemps !

Théodore de Banville

 

 

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Printemps

 

 

 

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mardi 17 mars

L'ARBRE

 

Aux arbres


Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! - vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, - je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

Victor Hugo    

 

 

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dimanche 15 mars

LA NATURE EST BELLE

À Aurore


La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand

 

 

 

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vendredi 13 mars

AU BORD DE LA NIVE (suite)

Je voudrais aller me promener dans les bois

Je voudrais aller me promener dans les bois ; 
j'aurais un grand chapeau, une robe légère, 
je me griserais d'air et de bonne lumière, 
et tu me rapprendrais à marcher à ton bras.

Je voudrais aller dans un grand bois, un vieux bois, 
où l'on dit que les fées se promènent encore ; 
peut-être en attendant du soir jusqu'à l'aurore, 
qu'une d'elles nous laisserait ouïr sa voix.

Moi je n'ai pas vu d'arbres depuis si longtemps, 
ni de fleurs dans les jardins ! Celles que tu portes,
et que tu poses sur mon lit, à moitié mortes, 
achèvent de mourir dans les appartements.

Ce ne sont pas de vraies fleurs libres sous le ciel ;
elles ont des robes rouges trop tuyautées,
puis, sur les draps, on dirait des taches figées,
taches de sang qui font plus pâles mes mains frêles.

J'aime mes mains à présent, elles sont si blanches ! 
je vois les petites veines bleues sous la peau, 
je n'ai gardé à ma main gauche que l'anneau, 
l'anneau d'or que tu m'as donné avec ton âme.

Mes pauvres mains ont l'air si lasses sur les draps !
Ah ! je voudrais sortir, marcher, je me sens forte, 
je voudrais fuir bien loin, et refermer la porte 
sur cette chambre monotone de malade.

 

Marie NERVAT  (1874-1909)

 

 

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mercredi 11 mars

AU BORD DE LA NIVE (suite)

Va ton chemin sans plus t'inquiéter

Va ton chemin sans plus t'inquiéter !
La route est droite et tu n'as qu'à monter,
Portant d'ailleurs le seul trésor qui vaille,
Et l'arme unique au cas d'une bataille,
La pauvreté d'esprit et Dieu pour toi.

Surtout il faut garder toute espérance.
Qu'importe un peu de nuit et de souffrance ?
La route est bonne et la mort est au bout.
Oui, garde toute espérance surtout.
La mort là-bas te dresse un lit de joie.

Et fais-toi doux de toute la douceur.
La vie est laide, encore c'est ta soeur.
Simple, gravis la côte et même chante,
Pour écarter la prudence méchante
Dont la voix basse est pour tenter ta foi.

Simple comme un enfant, gravis la côte,
Humble comme un pécheur qui hait la faute,
Chante, et même sois gai, pour défier
L'ennui que l'ennemi peut t'envoyer
Afin que tu t'endormes sur la voie.

Ris du vieux piège et du vieux séducteur,
Puisque la Paix est là, sur la hauteur,
Qui luit parmi des fanfares de gloire.
Monte, ravi, dans la nuit blanche et noire.
Déjà l'Ange Gardien étend sur toi

Joyeusement des ailes de victoire.

 

Paul VERLAINE

 

 

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lundi 09 mars

AU BORD DE LA NIVE (suite)

 

L'offrande à la nature

Nature au coeur profond sur qui les cieux reposent,
Nul n'aura comme moi si chaudement aimé
La lumière des jours et la douceur des choses
L'eau luisante et la terre où la vie a germé.

Anna De Noailles

 

 

 

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dimanche 08 mars

AU BORD DE LA NIVE

Au bord de l'eau

S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe,
Le voir passer ;

Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace,
Le voir glisser ;

A l'horizon, s'il fume un toit de chaume,
Le voir fumer ;

Aux alentours, si quelque fleur embaume,
S'en embaumer ;

Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
Tente, y goûter ;

Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent,
Chante, écouter...

Entendre au pied du saule où l'eau murmure
L'eau murmurer ;

Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
Le temps durer ;

Mais n'apportant de passion profonde
Qu'à s'adorer ;

Sans nul souci des querelles du monde,
Les ignorer ;

Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,
Sans se lasser,

Sentir l'amour, devant tout ce qui passe,
Ne point passer !

 

René-François SULLY PRUDHOMME

 

 

 

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samedi 07 mars

PREMIERES PHOTOS EN NOIR ET BLANC

 

Pour vous montrer mes premiers essais de la photo en Noir et Blanc je vous est trouvé ce poème mais je ne connais pas l'auteur

 

 

 

NOIR ET BLANC  

Il pleure dans la cour de l’école,

Il semble vraiment malheureux.

Une petite quitte la farandole

Et s’en approche peu à peu.

 

Le garçon est assis par terre

Ses jambes sont repliées

Et dans ses mains il serre

Son visage qu’il veut cacher.

 

 

Quand il voit  la fillette,

Il veut  se lever pour partir

Mais ne baisse pas plus la tête

Car elle lui offre son sourire.

 

Pourquoi tu es seul et tu  pleures ?

Le petit murmure entre ses sanglots

Mais, tu ne vois pas ma couleur ?

On m’a dit plein de méchants mots.

 

Je suis blanche, tu es noir !

Ou est la bonne couleur ?

Est-ce le blanc ou bien le noir ?

Il n’y a pas de bonne couleur !

 

Je ne veux plus que tu pleures

Je ne veux plus te voir malheureux

Mes yeux voient avec mon cœur

Je leur apprendrai si tu veux

 

 

 

 

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mercredi 04 mars

PROMENADE AU BORD DE LA NIVE

 

La Rivière

Robert DESNOS
Recueil : "Contrée"

D’un bord à l’autre bord j’ai passé la rivière,
Suivant à pied le pont qui la franchit d’un jet
Et mêle dans les eaux son ombre et son reflet
Au fil bleui par le savon des lavandières.

J’ai marché dans le gué qui chante à sa manière.
Étoiles et cailloux sous mes pas le jonchaient.
J’allais vers le gazon, j’allais vers la forêt
Où le vent frissonnait dans sa robe légère.

J’ai nagé. J’ai passé, mieux vêtu par cette eau
Que par ma propre chair et par ma propre peau.
C’était hier. Déjà l’aube et le ciel s’épousent.

Et voici que mes yeux et mon corps sont pesants,
Il fait clair et j’ai soif et je cherche à présent
La fontaine qui chante au cœur d’une pelouse.

 

 

 

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mardi 03 mars

CHENAL DE NAVIGATION A ANGLET (suite)

Au bord de la mer


Près de la mer, sur un de ces rivages
Où chaque année, avec les doux zéphyrs,
On voit passer les abeilles volages
Qui, bien souvent, n’apportent que soupirs,
Nul ne pouvait résister à leurs charmes,
Nul ne pouvait braver ces yeux vainqueurs
Qui font couler partout beaucoup de larmes
Et qui partout prennent beaucoup de coeurs.
Quelqu’un pourtant se riait de leurs chaînes,
Son seul amour, c’était la liberté,
Il méprisait l’Amour et la Beauté.
Tantôt, debout sur un roc solitaire,
Il se penchait sur les flots écumeux
Et sa pensée, abandonnant la terre
Semblait percer les mystères des cieux.
Tantôt, courant sur l’arène marine,
Il poursuivait les grands oiseaux de mer,
Imaginant sentir dans sa poitrine
La Liberté pénétrer avec l’air.
Et puis le soir, au moment où la lune
Traînait sur l’eau l’ombre des grands rochers,
Il voyait à travers la nuit brune
Deux yeux amis sur sa face attachés.
Quand il passait près des salles de danse,
Qu’il entendait l’orchestre résonner,
Et, sous les pieds qui frappaient en cadence
Quand il sentait la terre frissonner
Il se disait: Que le monde est frivole!”
Qu’avez-vous fait de votre liberté!
Ce n’est pour vous qu’une vaine parole,
Hommes sans coeur, vous êtes sans fierté!
Pourtant un jour, il y porta ses pas
Ce qu’il y vit, je ne le saurais dire
Mais sur les monts il ne retourna pas.

Étretat, 1867

Guy de Maupassant, Poésie Diverses

 

 

 

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Ce sont les dernières photos que j'avaient prise pour les grandes marées. La prochaine a lieu le 21 mars

 

 

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