Photos de Josiane

samedi 22 juillet

LA NATURE

 L'offrande à la nature

 

Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent, 
Nul n'aura comme moi si chaudement aimé 
La lumière des jours et la douceur des choses, 
L'eau luisante et la terre où la vie a germé.

La forêt, les étangs et les plaines fécondes 
Ont plus touché mes yeux que les regards humains, 
Je me suis appuyée à la beauté du monde 
Et j'ai tenu l'odeur des saisons dans mes mains.

J'ai porté vos soleils ainsi qu'une couronne 
Sur mon front plein d'orgueil et de simplicité, 
Mes jeux ont égalé les travaux de l'automne 
Et j'ai pleuré d'amour aux bras de vos étés.

Je suis venue à vous sans peur et sans prudence 
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal, 
Ayant pour toute joie et toute connaissance 
Votre âme impétueuse aux ruses d'animal.

Comme une fleur ouverte où logent des abeilles 
Ma vie a répandu des parfums et des chants, 
Et mon cœur matineux est comme une corbeille 
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.

Soumise ainsi que l'onde où l'arbre se reflète, 
J'ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs 
Et qui font naître au cœur des hommes et des bêtes 
La belle impatience et le divin vouloir.

Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature. 
Ah ! faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour, 
Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure 
Que ne visitent pas la lumière et l'amour...

Anna de Noailles.

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jeudi 20 juillet

LES POTTOKS DANS LA MONTAGNE

Cheval mon ami
 
 Crinière au vent!
   Tu galopes sur le sable
   Majestueux et fier.
   Tu franchis  tous les obstacle , 
   Telle  qu’une flèche, tu poursuis ton chemin.
   Tes sabots martèlent le sol
   Leurs tempos m’emportent
   J’admire ta prestance !
    tu me fixes des yeux
   Tu ne connais pas la peur
   Tu t’élances comme un grand seigneur! 
     Tu connais ton cavalier 
    Tu es prêt pour le combat
    Jadis tu remportais des batailles
    Pur sang magnifique !
   Continu d’être Libre et sauvage !
   ET de galoper dans l’immensité!
   Ta noblesse n’a pas d’égale
 Mon ami, ta dernière course devrait se terminer dans la paix 
 Comme un grand guerrier
 Tu es et seras, pour toujours un ami fidèle.
 

 

 Patricia Dragin.

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Le pottok est une race de poney vivant principalement à l'ouest du Pays basque, dans les Pyrénées. D'origine très ancienne (du Paléolithique a été conservé presque inchangée jusqu'à aujourd'hui), il présente des ressemblances morphologique avec les chevaux des peintures rupestres de la même région. Utilisé pendant des siècles par les habitants du Pays basque pour divers travaux d'agriculture, il fut également mis au travail dans les mines.

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mercredi 19 juillet

LA NATURE

La nature est pleine d'amour

 

La nature est pleine d'amour, 
Jeanne, autour de nos humbles joies ; 
Et les fleurs semblent tour à tour 
Se dresser pour que tu les voies.

Vive Angélique ! à bas Orgon ! 
L'hiver, qu'insultent nos huées, 
Recule, et son profil bougon 
Va s'effaçant dans les nuées.

La sérénité de nos coeurs, 
Où chantent les bonheurs sans nombre, 
Complète, en ces doux mois vainqueurs, 
L'évanouissement de l'ombre.

Juin couvre de fleurs les sommets, 
Et dit partout les mêmes choses ; 
Mais est-ce qu'on se plaint jamais 
De la prolixité des roses ?

L'hirondelle, sur ton front pur, 
Vient si près de tes yeux fidèles 
Qu'on pourrait compter dans l'azur 
Toutes les plumes de ses ailes.

Ta grâce est un rayon charmant ; 
Ta jeunesse, enfantine encore, 
Éclaire le bleu firmament, 
Et renvoie au ciel de l'aurore.

De sa ressemblance avec toi 
Le lys pur sourit dans sa gloire ; 
Ton âme est une urne de foi 
Où la colombe voudrait boire.

Victor Hugo.

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Merci du fond du coeur à mon amie



 

 

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lundi 17 juillet

LA VIE

La vie est une fleur.

Recueil : Poèmes (1990)

La vie est une fleur qui s'épanouit lentement 
Un a un ouvre ses pétales, éclatante de beauté 
Puis doucement s'éteint et se fane. 
Les gouttes de rosée viennent caresser le bourgeon 
Recroquevillé tel un fœtus. 
Puis dans un cri s'arrache du ventre de la terre, 
Sa mère nourricière. 
Dans l'éclat du petit matin hésite, tremblante et s'ouvre, 
Réchauffée par la lumière et les premiers rayons du soleil. 
Bercée tendrement par la douceur du vent printanier 
Laissant couler les dernières larmes de pluie 
Sur sa robe encore froissée. 
Protégée par sa fragilité et sa beauté éphémère 
Comme l'enfant, petit être naïf et innocent 
Frêle, émerveillée, lentement se redresse et grandit 
Découvre la vie, s'émerveille et s'épanouit
Puis rebelle, tête haute brave les forces et les tempêtes 
Adulte, trace son chemin, se résigne 
Accepte son destin 
Lentement regarde sa vie, 
S'accroche au passé 
Mais l'avenir défile droit devant 
Et paisible elle s'éteint 
Epargnée par sa fragile nature 
Des agressions qui auraient pu l'anéantir. 
La main innocente qui arrache la beauté de cette fleur 
Ou la haine qui l'écrase de sa botte 
Douloureusement se replie et se recroqueville 
Dans une pluie, verse ses larmes fécondes 
Nourrit la terre de sa source.


Christelle David



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Merci du  fond du coeur à mon amie très chère

Grosses bises

 

 

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dimanche 16 juillet

LA VIE

 

Notre vie

Notre vie tu l'as faite elle est ensevelie
Aurore d'une ville un beau matin de mai
Sur laquelle la terre a refermé son poing
Aurore en moi dix-sept années toujours plus claires
Et la mort entre en moi comme dans un moulin

Notre vie disais-tu si contente de vivre
Et de donner la vie à ce que nous aimions
Mais la mort a rompu l'équilibre du temps
La mort qui vient la mort qui va la mort vécue
La mort visible boit et mange à mes dépens

Morte visible Nusch invisible et plus dure
Que la faim et la soif à mon corps épuisé
Masque de neige sur la terre et sous la terre
Source des larmes dans la nuit masque d'aveugle
Mon passé se dissout je fais place au silence.

Paul Eluard, Le Temps déborde (1947)

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Merci beaucoup à mon amie pour ses belles photos 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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mercredi 12 juillet

LES REFLETS

Reflet des choses

 

Je suis le reflet des choses ;

Je ris jusqu’au bout des doigts.

Je ne suis ni vert, ni rose,

Je suis vous et je suis moi.

 

Hé ! je me métamorphose

Parfois en petit Chinois,

Je suis le reflet des choses ;

Je ris jusqu’au bout des doigts

 

Oui, je ris, je ris sans cause

De tout, de vous et de moi.

Jamais je ne me repose.

Je luis partout à la fois.

Je suis le reflet des choses.

 

Maurice Carême (Á l’ami Carême)

 

 

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Merci à mon amie très chère qui m'a passer quelques photos. J'aime beaucoup

 

 

 

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lundi 10 juillet

LA NATURE

À Aurore

George Sand

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand

 

 

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Ces photos sont d'une amie très chère que je remerci du fond du coeur

 

 

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jeudi 06 juillet

HUART MIXE

 L'offrande à la nature

 

Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent, 
Nul n'aura comme moi si chaudement aimé 
La lumière des jours et la douceur des choses, 
L'eau luisante et la terre où la vie a germé.

La forêt, les étangs et les plaines fécondes 
Ont plus touché mes yeux que les regards humains, 
Je me suis appuyée à la beauté du monde 
Et j'ai tenu l'odeur des saisons dans mes mains.

J'ai porté vos soleils ainsi qu'une couronne 
Sur mon front plein d'orgueil et de simplicité, 
Mes jeux ont égalé les travaux de l'automne 
Et j'ai pleuré d'amour aux bras de vos étés.

Je suis venue à vous sans peur et sans prudence 
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal, 
Ayant pour toute joie et toute connaissance 
Votre âme impétueuse aux ruses d'animal.

Comme une fleur ouverte où logent des abeilles 
Ma vie a répandu des parfums et des chants, 
Et mon cœur matineux est comme une corbeille 
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.

Soumise ainsi que l'onde où l'arbre se reflète, 
J'ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs 
Et qui font naître au cœur des hommes et des bêtes 
La belle impatience et le divin vouloir.

Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature. 
Ah ! faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour, 
Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure 
Que ne visitent pas la lumière et l'amour...

Anna de Noailles.

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mardi 04 juillet

L'ALBIZIA

 La pauvre fleur

Poète : Victor Hugo (1802-1885)

Recueil : Les chants du crépuscule (1836).

La pauvre fleur disait au papillon céleste 
— Ne fuis pas ! 
Vois comme nos destins sont différents. Je reste, 
Tu t'en vas !

Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes 
Et loin d'eux, 
Et nous nous ressemblons, et l'on dit que nous sommes 
Fleurs tous deux !

Mais, hélas ! l'air t'emporte et la terre m'enchaîne. 
Sort cruel ! 
Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine 
Dans le ciel !

Mais non, tu vas trop loin ! — Parmi des fleurs sans nombre 
Vous fuyez, 
Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre 
À mes pieds !

Tu fuis, puis tu reviens, puis tu t'en vas encore 
Luire ailleurs. 
Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore 
Toute en pleurs !

Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles, 
Ô mon roi, 
Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes 
Comme à toi !

Victor Hugo.

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lundi 19 juin

REFLETS



Sous l’eau du songe qui s’élève,
Mon âme a peur, mon âme a peur !
Et la lune luit dans mon cœur, 
Plongé dans les sources du rêve.

Sous l’ennui morne des roseaux,
Seuls les reflets profonds des choses,
Des lys, des palmes et des roses,
Pleurent encore au fond des eaux.

Les fleurs s’effeuillent une à une
Sur le reflet du firmament,
Pour descendre éternellement
Dans l’eau du songe et dans la lune.

(Maurice Maeterlinck, Serres chaudes, 1889)

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samedi 17 juin

LA MAREE MONTANTE

Rythme des vagues

J’étais assis devant la mer sur le galet.
Sous un ciel clair, les flots d’un azur violet,
Après s’être gonflés en accourant du large,
Comme un homme accablé d’un fardeau s’en décharge,
Se brisaient devant moi, rythmés et successifs.
J’observais ces paquets de mer lourds et massifs
Qui marquaient d’un hourra leurs chutes régulières
Et puis se retiraient en râlant sur les pierres.
Et ce bruit m’enivrait; et, pour écouter mieux,
Je me voilai la face et je fermai les yeux.
Alors, en entendant les lames sur la grève
Bouillonner et courir, et toujours, et sans trêve
S’écrouler en faisant ce fracas cadencé,
Moi, l’humble observateur du rythme, j’ai pensé
Qu’il doit être en effet une chose sacrée,
Puisque Celui qui sait, qui commande et qui crée,

N’a tiré du néant ces moyens musicaux,
Ces falaises aux rocs creusés pour les échos,
Ces sonores cailloux, ces stridents coquillages
Incessamment heurtés et roulés sur les plages
Par la vague, pendant tant de milliers d’hivers,
Que pour que l’Océan nous récitât des vers.

François CoppéeLe Cahier Rouge

 

 

 

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mardi 13 juin

LES PONTS

 Le vieux pont

 Auguste Angellier (1848-1911)

Recueil : Le chemin des saisons (1903).

Sur le vieux pont verdi de mousse, 
Et tout rongé de lichens roux, 
Deux amants parlaient à voix douce : 
Et c'était nous !

Lui, penché tendrement vers elle, 
Lui disait l'amour et la foi 
Qu'il portait en son cœur fidèle ; 
Et c'était moi !

Elle semblait, pâle, incertaine, 
Tremblante et pourtant sans effroi, 
Écouter une voix lointaine ; 
Et c'était toi !

Sur le vieux pont toujours le même, 
Deux amants ont pris rendez-vous : 
Il lui dit, elle croit, qu'il l'aime ; 
Ce n'est plus nous !

Auguste Angellier.

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vendredi 09 juin

CASCADES ET RUISSEAUX

La Cascade

Robert DESNOS
Recueil : "Contrée"

Quelle flèche a percé le ciel et le rocher ?
Elle vibre. Elle étale, ainsi qu’un paon, sa queue
Ou, comme la comète à minuit vient nicher,
Le brouillard de sa tige et ses pennes sans nœuds.

Que surgisse le sang de la chair entr’ouverte,
Lèvres taisant déjà le murmure et le cri,
Un doigt posé suspend le temps et déconcerte
Le témoin dans les yeux duquel le fait s’inscrit.

Silence ? nous savons pourtant les mots de passe,
Sentinelles perdues loin des feux de bivouac
Nous sentirons monter dans les ténèbres basses
L’odeur du chèvrefeuille et celle du ressac.

Qu’enfin l’aube jaillisse à travers tes abîmes,
Distance, et rayon dessine sur les eaux,
Présage du retour de l’archer et des hymnes,
Un arc-en-ciel et son carquois plein de roseaux.

 

 

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mardi 06 juin

DES FLEURS

A une fleur

Que me veux-tu, chère fleurette,
Aimable et charmant souvenir ?
Demi-morte et demi-coquette,
Jusqu’à moi qui te fait venir ?

Sous ce cachet enveloppée,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu’as-tu vu ? que t’a dit la main
Qui sur le buisson t’a coupée ?

N’es-tu qu’une herbe desséchée
Qui vient achever de mourir ?
Ou ton sein, prêt à refleurir,
Renferme-t-il une pensée ?

Ta fleur, hélas ! a la blancheur
De la désolante innocence ;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.

As-tu pour moi quelque message ?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret ?
Ton parfum est-il un langage ?

S’il en est ainsi, parle bas,
Mystérieuse messagère ;
S’il n’en est rien, ne réponds pas ;
Dors sur mon coeur, fraîche et légère.

Je connais trop bien cette main,
Pleine de grâce et de caprice,
Qui d’un brin de fil souple et fin
A noué ton pâle calice.

Cette main-là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N’en auraient pu trouver la soeur
Qu’en prenant Vénus pour modèle.

Elle est blanche, elle est douce et belle,
Franche, dit-on, et plus encor ;
A qui saurait s’emparer d’elle
Elle peut ouvrir un trésor.

Mais elle est sage, elle est sévère ;
Quelque mal pourrait m’arriver.
Fleurette, craignons sa colère.
Ne dis rien, laisse-moi rêver.

Alfred de MussetPoésies nouvelles

 

 

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vendredi 02 juin

DES POTTOKS

Le cheval

Et le cheval longea ma page.
Il était seul, sans cavalier,
Mais je venais de dessiner
Une mer immense et sa plage.
Comment aurais-je pu savoir
D'où il venait, où il allait ?
Il était grand, il était noir,
Il ombrait ce que j'écrivais.

J'aurais pourtant dû deviner
Qu'il ne fallait pas l'appeler.
Il tourna lentement la tête
Et, comme s'il avait eu peur
Que je lise en son coeur de bête,
Il redevint simple blancheur.

Maurice Carême

 

 

 

 

 

 

J'ai fait cette vidéo en 2009. Je vous la remets car ce son des petits cheveaux Basques et pour l'instant je n'ai pas beaucoup de photos à partager

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dimanche 28 mai

BONNE ¨FETE A TOUTES LES MAMANS

Pour ma mère.

Recueil : Ma mère (1935)

Il y a plus de fleurs 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Que dans tous les vergers ;

Plus de merles rieurs 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Que dans le monde entier ;

Et bien plus de baisers 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Qu'on en pourrait donner.


Maurice Carême.
(1899 - 1978)

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samedi 27 mai

L'EGLISE D'AINHOA

L'église

Simone, je veux bien. Les bruits du soir
Sont doux comme un cantique chanté par des enfants.
L'église obscure ressemble à un vieux manoir ;
Les roses ont une odeur grave d'amour et d'encens.

Je veux bien, nous irons lentement et bien sages, 
Salués par les gens qui reviennent des foins ;
J'ouvrirai la barrière d'avance à ton passage, 
Et le chien nous suivra longtemps d'un œil chagrin.

Pendant que tu prieras, je songerai aux hommes
Qui ont bâti ces murailles, le clocher, la tour, 
La lourde nef pareille à une bête de somme
Chargée du poids de nos péchés de tous les jours ;

Aux hommes qui ont taillé les pierres du portail
Et qui ont mis sous le porche un grand bénitier ;
Aux hommes qui ont peint des rois sur le vitrail
Et un petit enfant qui dort chez un fermier.

Je songerai aux hommes qui ont forgé la croix, 
Le coq, les gonds et les ferrures de la porte ;
À ceux qui ont sculpté la belle sainte en bois
Qui est représentée les mains jointes et morte.

Je songerai à ceux qui ont fondu le bronze
Des cloches où l'on jetait un petit agneau d'or, 
A ceux qui ont creusé, en l'an mil deux cent onze, 
Le caveau où repose saint Roch, comme un trésor ;

À ceux qui ont tissé la tunique de lin
Pendue sous un rideau à gauche de l'autel ;
À ceux qui ont chanté au livre du lutrin ;
À ceux qui ont doré les fermoirs du missel.

Je songerai aux mains qui ont touché l'hostie, 
Aux mains qui ont béni et qui ont baptisé ;
Je songerai aux bagues, aux cierges, aux agonies ;
Je songerai aux yeux des femmes qui ont pleuré.

Je songerai aussi aux morts du cimetière, 
A ceux qui ne sont plus que de l'herbe et des fleurs, 
À ceux dont les noms se lisent encore sur les pierres, 
À la croix qui les garde jusqu'à la dernière heure.

Quand nous reviendrons, Simone, il sera nuit close ;
Nous aurons l'air de fantômes sous les sapins, 
Nous penserons à Dieu, à nous, à bien des choses, 
Au chien qui nous attend, aux roses du jardin.

Remy de Gourmont (poème dédié à Francis Jammes), Simone, 1897.

 

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jeudi 25 mai

AINHOA

Mon village

    

Quelques vieux toits moussus composent mon village

Vers lequel conduit seul un dur chemin pierreux

S'il faut vivre caché pour vivre un jour heureux

Il a tout ce qu'il faut pour satisfaire un sage --

 

Il repose à l'abri de ses grands peupliers

Où la brise d'été lentement passe et chante --

Un frais ruisseau murmure à l'entour de leurs pieds

Et sous les aulnes verts tout doucement serpente.

 

Ne cherchez pas son nom sur les cartes routières

Si vous passez un jour sur la grand'route proche

Dédaignez son chemin et ses rudes ornières

Il n'est beau que pour moi mon village de Roche.

 

C'est là que j'ai vécu les jours de mon enfance --

C'est là que j'ai rêvé quand j'étais jeune encor --

C'est là que j'ai caché ma première souffrance

Mes souvenirs d'enfant sont tous dans son décor !

 

Septembre  1932  

 

 

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mercredi 24 mai

L'ANCIEN QUARTIER A SAINT PALAIS

Le vieux quartier

Nombre de citadins se sont émus d’apprendre
Qu’allait être détruit et réhabilité
Le pôle industriel que l’on peut voir s’étendre
Par derrière la gare et ses commodités.

C’est un secteur désert formant un paysage
De voies ferrées rouillées, de poutres en jonchets,
De silos décrépits, d’entrepôts d’un autre age,
Mais qui possède aux yeux de certains du cachet.

Des hectares nombreux de terres maraîchères
Ont été sacrifiées lors de sa création,
De vertes étendues qui devaient être chères
Aux nostalgiques de cette génération.

Est-ce que dans cent ans, quand on voudra détruire
Le complexe futur en verre et en acier,
Des voix s’élèveront, faisant clamer leur ire
Afin de protéger le site disgracié ?

Sans aucun doute tant nous sommes opiniâtres
A nous lier aux lieux qui nous ont vus grandir
Et puisque ce décor servira de théâtre
Aux jeux et à la vie d’amants en devenir.

 

Renaud BOSC

 

 

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lundi 22 mai

VILLAGE DE SAINT PALAIS

PETIT VILLAGE  

Petit village au bord des bois,

Petit village au bord des plaines,

Parmi les pommiers, non loin des grands chênes,

Lorsque j'aperçois

Le coq et la croix

De ton clocher d'ardoises grises,

De ton clocher fin,

A travers ormes et sapins,

D'étranges musiques me grisent ;

Je vois des yeux dans le soir étoilé :

Là je suis né...

 

Petit village au bord des champs,

Petit village entre les haies,

Tour à tour paré de fleurs et de baies,

Lorsque les doux chants

De ton frais printemps,

Quand l'odeur de tes violettes,

De tes blancs muguets

Pénètrent mon cœur inquiet,

J'oublie et tumulte et tempêtes ;

J'entends des voix dans le soir parfumé :

Là j'ai aimé...

 

Petit village aux courtils verts,

Petit village de silence,

Où la cloche sonne un vieil air de France,

J'aime les éclairs

De tes cieux couverts,

Ton soleil fin entre les arbres,

Les feux de tes nuits,

L'oeil fixe et profond de tes puits,

Ton doux cimetière sans marbres,

Plein d'oiseaux fous et luisant comme pré :

Là je viendrai...

 

Philéas Lebesgue

 

 

 

 

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