Photos de Josiane

mercredi 23 avril

LE BATEAU

En bateau


L’étoile du berger tremblote
Dans l’eau plus noire et le pilote
Cherche un briquet dans sa culotte.

C’est l’instant, Messieurs, ou jamais,
D’être audacieux, et je mets
Mes deux mains partout désormais !

Le chevalier Atys, qui gratte
Sa guitare, à Chloris l’ingrate
Lance une oeillade scélérate.

L’abbé confesse bas Eglé,
Et ce vicomte déréglé
Des champs donne à son coeur la clé.

Cependant la lune se lève
Et l’esquif en sa course brève
File gaîment sur l’eau qui rêve.

Paul Verlaine

 

IMG_3551

 

IMG_3556

 

IMG_3589

 

IMG_4131

 

IMG_4132

 

IMG_4133

Posté par Josiane64 à 17:34 - Commentaires [7] - Permalien [#]


mardi 22 avril

GOÊLAND

 

Mouettes, gris et goélands

Jean RICHEPIN
Recueil : "La Mer"

Mouettes, gris et goélands
Mêlent leurs cris et leurs élans.

Leur vol fou qui passe et repasse
Tend comme un filet dans l’espace.

Mouettes, goélands et gris
Mêlent leurs élans et leurs cris.

Parmi les mailles embrouillées
Grincent des navettes rouillées.

Mouettes, gris et goélands
Mêlent leurs cris et leurs élans.

Ces navettes à l’acier mince,
C’est leur voix aiguë et qui grince.

Mouettes, goélands et gris
Mêlent leurs élans et leurs cris.

On voit luire en l’air dans les mailles
Des ors, des nacres, des écailles.

Mouettes, gris et goélands
Mêlent leurs cris et leurs élans.

C’est un poisson que l’un attrape
Et qu’au passage un autre happe.

Mouettes, goélands et gris
Mêlent leurs élans et leurs cris.

Holà ! ho ! Du cœur à l’ouvrage !
La mer grossit. Proche est l’orage.

Mouettes, gris et goélands
Doublent leurs cris et leurs élans.

Mais soudain, clamant la tempête,
Le pétrel noir au loin trompette.

Mouettes, goélands et gris
Brisent leurs élans et leurs cris.

Vite, vers leurs grottes fidèles
Ils retournent à tire d’ailes.

Mouettes, gris et goélands
Rentrent leurs cris et leurs élans.

Lui, sa clameur stridente augmente.
Quand vient ce roi de la tourmente,

Mouettes, goélands et gris
N’ont plus d’élans, n’ont plus de cris.

 

5

 

6

 

47

 

IMG_3893

 

IMG_4125

 

IMG_4126

 

IMG_4129

Posté par Josiane64 à 19:26 - Commentaires [9] - Permalien [#]

lundi 21 avril

SAINT JEAN DE LUZ AUJOURD'HUI

Au bord de la mer


Près de la mer, sur un de ces rivages
Où chaque année, avec les doux zéphyrs,
On voit passer les abeilles volages
Qui, bien souvent, n’apportent que soupirs,
Nul ne pouvait résister à leurs charmes,
Nul ne pouvait braver ces yeux vainqueurs
Qui font couler partout beaucoup de larmes
Et qui partout prennent beaucoup de coeurs.
Quelqu’un pourtant se riait de leurs chaînes,
Son seul amour, c’était la liberté,
Il méprisait l’Amour et la Beauté.
Tantôt, debout sur un roc solitaire,
Il se penchait sur les flots écumeux
Et sa pensée, abandonnant la terre
Semblait percer les mystères des cieux.
Tantôt, courant sur l’arène marine,
Il poursuivait les grands oiseaux de mer,
Imaginant sentir dans sa poitrine
La Liberté pénétrer avec l’air.
Et puis le soir, au moment où la lune
Traînait sur l’eau l’ombre des grands rochers,
Il voyait à travers la nuit brune
Deux yeux amis sur sa face attachés.
Quand il passait près des salles de danse,
Qu’il entendait l’orchestre résonner,
Et, sous les pieds qui frappaient en cadence
Quand il sentait la terre frissonner
Il se disait: Que le monde est frivole!”
Qu’avez-vous fait de votre liberté!

Ce n’est pour vous qu’une vaine parole,
Hommes sans coeur, vous êtes sans fierté!
Pourtant un jour, il y porta ses pas
Ce qu’il y vit, je ne le saurais dire
Mais sur les monts il ne retourna pas.

Étretat, 1867

Guy de Maupassant, Poésie Diverses

 

 

IMG_4116

 

IMG_4117

 

IMG_4119

 

IMG_4120

 

IMG_4122

 

IMG_4123


 

 

 

 

Posté par Josiane64 à 21:13 - Commentaires [11] - Permalien [#]

samedi 19 avril

TRES BONNE FÊTE DE PÂQUES


CLOCHES DE PÂQUES 


- Les cloches sont parties…
Les grosses cloches les premières.
Ou les petites, que sait-on? si diverties,
Si pimpantes de s’en aller toutes légères! –

Leur jupe bouffait autour d’elles;
Et le battant ne disait rien,
Comme un oiseau blotti dans une cage.
Elles volaient sans ailes,
Par des chemins à elles, très anciens,
Des chemins bleus au-dessus des nuages.

- Les gros bourdons, parfois devant, parfois derrière,
S’essoufflaient à vouloir montrer qu’ils allaient vite.
Et les petites cloches des couvents
Ou des églises de campagne, si petites
Qu’elles semblaient des gobelets d’enfants, si fières
D’aller quand même à Rome – étaient devant,
Derrière, et partout à la fois, toutes légères…

- Les enfants regardaient en l’air, criant : Bonjour!
Les gens d’âge levaient aussi la tête,
Mais ne les voyaient plus de leurs yeux clignotants.

- Et les enfants attendent leur retour,
Comme une grande fête.
Les gens d’âge attendent aussi, comme on attend
Quand on n’est plus bien sûr de croire aux œufs de Pâques…

- Cependant, il faut croire aux miracles, toujours.
Resonnez les Matines, frère Jacques!
Je vois les cloches reparaître, se hâtant…

- De leur jupe, sur les jardins, glisse autour d’elles
Tout le printemps de Rome, et chaque battant
S’échappent, aux Alleluias, deux hirondelles.

(Sabine Sicaud, Poèmes d’enfant, Poitiers, Cahiers de France, 1926)

1

 

66

 

95

 

 

109

 

316

 

 

 

 

Posté par Josiane64 à 16:33 - Commentaires [14] - Permalien [#]

vendredi 18 avril

MON POMMIER FLEURI

Et les pommiers en fleurs…


De l’or sous les cieux bleus, en ce début d’avril,
Du soleil en boutons sur les talus, des vaches
Tachetées de bringé, des oiseaux sur les fils,
Des chaumes sur les toits…Là le printemps s’attache
à me donner émois tout le long du chemin.
Et je cherche ta main quand mon cœur se crépite,
Tressaute aux pépiements de quelque écho coquin,
Quand des montées de sève, à mes lèvres, palpitent
Et se dansent d’ivresse en allers et retours.
Et les pommiers en fleurs disent leurs fruits, promesses
Pour lendemains d’union, de partage, d’amour :
Déjà un vent fripon mouline des caresses…

Monique POURRE

IMG_4093

 

IMG_4094

 

IMG_4095

 

IMG_4097

 

IMG_4099

 

IMG_4107

 

IMG_4112

 

Photos prisent ce matin chez moi


Posté par Josiane64 à 16:46 - Commentaires [13] - Permalien [#]



mercredi 16 avril

ON CONTINUE AUX BORDS DE LA NIVE

PRINTEMPS

 

Le chaume et la mousse
Verdissent les toits ;
La colombe y glousse,
L'hirondelle y boit ;

 

Le bras d'un platane
Et le lierre épais
Couvrent la cabane
D'une ombre de paix.

 

La rosée en pluie
Brille à tout rameau ;
Le rayon essuie
La poussière d'eau ;

 

Le vent qui secoue
Les vergers flottants,
Fait sur notre joue
Neiger le printemps.

 

Alphonse de Lamartine

 

 

 

IMG_3922

 

IMG_3923

 

IMG_3924

 

IMG_3926

 

IMG_3929

 

Retouche

 

Posté par Josiane64 à 19:11 - Commentaires [13] - Permalien [#]

mardi 15 avril

LE PRINTEMPS DANS SA SPLENDEUR

Premier sourire du printemps

Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d'or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s'en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l'amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui descend au jardin désert,
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges,
Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neiges
Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l'oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d'argent du muguet.

Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d'avril tournant la tête,
Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "

 

Théophile GAUTIER (1811-1872)

 

IMG_3916

 

 

IMG_3917

 

 

IMG_3918

 

IMG_3919

 

IMG_3920

 

IMG_3921

 

 

Posté par Josiane64 à 16:43 - Commentaires [14] - Permalien [#]

dimanche 13 avril

LE PRINTEMPS.

Le printemps


Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses des lilas fleurissent.
Les amantes qui te chérissent
Délivrent leurs cheveux flottants.

Sous les rayons d’or éclatants
Les anciens lierres se flétrissent.
Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses de lilas fleurissent.

Couchons-nous au bord des étangs,
Que nos maux amers se guérissent !
Mille espoirs fabuleux nourrissent
Nos coeurs gonflés et palpitants.
Te voilà, rire du Printemps !

Théodore de Banville

 

 

002

 

005

 

19

 

20

 

 

21

 

25

 

Mon pommier commence à fleurir

Posté par Josiane64 à 17:47 - Commentaires [14] - Permalien [#]

vendredi 11 avril

LA MER A ANGLET (suite)

Rythme des vagues


J’étais assis devant la mer sur le galet.
Sous un ciel clair, les flots d’un azur violet,
Après s’être gonflés en accourant du large,
Comme un homme accablé d’un fardeau s’en décharge,
Se brisaient devant moi, rythmés et successifs.
J’observais ces paquets de mer lourds et massifs
Qui marquaient d’un hourra leurs chutes régulières
Et puis se retiraient en râlant sur les pierres.
Et ce bruit m’enivrait; et, pour écouter mieux,
Je me voilai la face et je fermai les yeux.
Alors, en entendant les lames sur la grève
Bouillonner et courir, et toujours, et sans trêve
S’écrouler en faisant ce fracas cadencé,
Moi, l’humble observateur du rythme, j’ai pensé
Qu’il doit être en effet une chose sacrée,
Puisque Celui qui sait, qui commande et qui crée,

N’a tiré du néant ces moyens musicaux,
Ces falaises aux rocs creusés pour les échos,
Ces sonores cailloux, ces stridents coquillages
Incessamment heurtés et roulés sur les plages
Par la vague, pendant tant de milliers d’hivers,
Que pour que l’Océan nous récitât des vers.

François Coppée, Le Cahier Rouge

 

23

 

28 (2)

 

29 (2)

 

30 (2)

 

IMG_3899

 

IMG_3900

Posté par Josiane64 à 17:41 - Commentaires [11] - Permalien [#]

jeudi 10 avril

A ANGLET : LA BARRE

La mer


Loin des grands rochers noirs que baise la marée,
La mer calme, la mer au murmure endormeur,
Au large, tout là-bas, lente s’est retirée,
Et son sanglot d’amour dans l’air du soir se meurt.

La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage,
Au profond de son lit de nacre inviolé
Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage,
Sous le seul regard pur du doux ciel étoilé.

La mer aime le ciel : c’est pour mieux lui redire,
À l’écart, en secret, son immense tourment,
Que la fauve amoureuse, au large se retire,
Dans son lit de corail, d’ambre et de diamant.

Et la brise n’apporte à la terre jalouse,

Qu’un souffle chuchoteur, vague, délicieux :
L’âme des océans frémit comme une épouse
Sous le chaste baiser des impassibles cieux.

Nérée Beauchemin

IMG_3893

 

IMG_3896

 

IMG_3898

 

IMG_3903

 

IMG_3904

 

IMG_3907

 

Photos prisent cet après midi

Posté par Josiane64 à 17:13 - Commentaires [18] - Permalien [#]

mardi 08 avril

LE LAC DE SAINT PEE (suite)

Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur, 
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Alphonse de LAMARTINE   (1790-1869)

 

IMG_3873

 

IMG_3876

 

IMG_3880

 

IMG_3881

 

IMG_3883

 

1

Posté par Josiane64 à 17:57 - Commentaires [17] - Permalien [#]

lundi 07 avril

LE LAC DE SAINT PEE, (suite)

 

La source

Théophile GAUTIER
Recueil : "Émaux et Camées"

Tout près du lac filtre une source,
Entre deux pierres, dans un coin ;
Allègrement l’eau prend sa course
Comme pour s’en aller bien loin.

Elle murmure : Oh ! quelle joie !
Sous la terre il faisait si noir !
Maintenant ma rive verdoie,
Le ciel se mire à mon miroir.

Les myosotis aux fleurs bleues
Me disent : Ne m’oubliez pas !
Les libellules de leurs queues
M’égratignent dans leurs ébats ;

A ma coupe l’oiseau s’abreuve ;
Qui sait ? – Après quelques détours
Peut-être deviendrai-je un fleuve
Baignant vallons, rochers et tours.

Je broderai de mon écume
Ponts de pierre, quais de granit,
Emportant le steamer qui fume
A l’Océan où tout finit.

Ainsi la jeune source jase,
Formant cent projets d’avenir ;
Comme l’eau qui bout dans un vase,
Son flot ne peut se contenir ;

Mais le berceau touche à la tombe ;
Le géant futur meurt petit ;
Née à peine, la source tombe
Dans le grand lac qui l’engloutit !

 

 

IMG_3873

 

IMG_3874

 

IMG_3875

 

IMG_3877

 

IMG_3878

 

IMG_3879

Posté par Josiane64 à 17:42 - Commentaires [11] - Permalien [#]

dimanche 06 avril

LE LAC DE SAINT PEE SUR NIVELLE

Le lac

J’aime venir m’asseoir, souvent, au bord de l’onde,
Loin du tumulte aigu, des peurs de la cité,
Pour oublier un peu les tracas de ce monde
Et retrouver la paix, calme et sérénité.

C’est un endroit magique où tout devient possible ;
Oui, c’est là que je songe en étant éveillé.
Pas d’angoisse en ce lieu, la vie est si paisible
Que vous pouvez mêler rêve et réalité.

Parfois sans aucun bruit passe une libellule,
Demoiselle gracile au lumineux reflet ;
Elle avance, s’arrête un instant, puis recule,
Elle semble hésiter, repart et disparaît.

Fixant de son œil glauque on ne sait quelle proie
Une grenouille verte, immobile, aux aguets,
Au sifflement d’un merle ou quand un chien aboie,
Plonge dans l’eau profonde aux moindres sons suspects.

J’ai vu, je vous le jure, un troupeau de nuages,
Dans ce miroir si pur, se mirer, s’étonner
De voir une eau si calme, et des canards sauvages
N’osant pas s’y poser de peur de la troubler.

J’aime venir m’asseoir, souvent, au bord de l’onde
Pour oublier un peu les tracas de ce monde…

 

Pierre CARRE

 

 

IMG_3863

 

IMG_3864

 

IMG_3865

 

IMG_3870

 

IMG_3871

 

IMG_3872

 

Photos prisent cet après midi. Il faisait tellement beau que juis allée au lac de Saint Pée sur Nivelle.
Mais je n'ai pas pu prendre toutes les photos que je voulais car il y avait beaucoup de monde. Vous aurez la suite

Posté par Josiane64 à 17:15 - Commentaires [8] - Permalien [#]

samedi 05 avril

PROMENADE SENTIMENTALE


Par Paul Verlaine
 


Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes;
Les grands nénuphars entre les roseaux
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l'étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant
Et pleurant avec la voix des sarcelles
Qui se rappelaient en battant des ailes
Parmi la saulaie où j'errais tout seul
Promenant ma plaie; et l'épais linceul
Des ténèbres vint noyer les suprêmes
Rayons du couchant dans ses ondes blêmes
Et des nénuphars, parmi les roseaux,
Des grands nénuphars sur les calmes eaux

 

 

IMG_3839

 

IMG_3840

 

IMG_3842

 

IMG_3846

 

IMG_3848

 

IMG_3851

 

IMG_3852

 

IMG_3853

IMG_3853

 

C'est la suite de la promenade d'hier.

Posté par Josiane64 à 17:05 - Commentaires [8] - Permalien [#]

vendredi 04 avril

IL FAIT BEAU ALLONS NOUS PROMENER

A la promenade

Le ciel si pâle et les arbres si grêles
Semblent sourire à nos costumes clairs
Qui vont flottant légers avec des airs
De nonchalance et des mouvements d'ailes.

Et le vent doux ride l'humble bassin,
Et la lueur du soleil qu'atténue
L'ombre des bas tilleuls de l'avenue
Nous parvient bleue et mourante à dessein.

Trompeurs exquis et coquettes charmantes,
Coeurs tendres mais affranchis du serment,
Nous devisons délicieusement,
Et les amants lutinent les amantes
De qui la main imperceptible sait
Parfois donner un souffle qu'on échange
Contre un baiser sur l'extrême phalange
Du petit doigt, et comme la chose est
Immensément excessive et farouche,
On est puni par un regard très sec,
Lequel contraste, au demeurant, avec
La moue assez clémente de la bouche.

 

Paul VERLAINE   (1844-1896)

 

 

IMG_3834

 

IMG_3835

 

IMG_3841

 

IMG_3845

 

IMG_3849

 

IMG_3856

 

Photos prisent cette aprs midi. Ils faisair tellement beau Que j'ai pris mon APN et je suis allée marcher

sur le chemin de halage

Posté par Josiane64 à 17:11 - Commentaires [11] - Permalien [#]

jeudi 03 avril

LA NATURE

LES FLEURS DU MAL

 

La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

 

 

Charles  BAUDELAIRE

 

Charles  BAUDELAIR

 

IMG_3806

 

IMG_3807

 

IMG_3811

 

 

IMG_3801

 

IMG_3816

 

IMG_3820

Posté par Josiane64 à 15:50 - Commentaires [13] - Permalien [#]

mardi 01 avril

LE SOUFFLEUR DE VERRE

Souffleur de verre

Magie de matière folle incandescente, vibrante
Couleurs emmêlées, liquides, frissonnantes
Chaleur d’atelier, lueur de feu étincelle
Insuffle la vie au cœur d’une pièce très belle
Petit flacon pour effluve enivrante
Posée nonchalamment au chevet de mon amante
Vase coloré pour roses pourpres parfumées
Dans la chambre sous les voiles tirés
Morceaux de verre par amour façonnés
Merci pour tant d’émotion donnée

 

Simon ILLOUZ

 

 

2

 

3

 

10

 

11

 

15

 

19

 

27

 

28

Posté par Josiane64 à 16:53 - Commentaires [25] - Permalien [#]

lundi 31 mars

MONSIEUR LE MERLE

Le merle.

Un oiseau siffle dans les branches 
Et sautille gai, plein d'espoir, 
Sur les herbes, de givre blanches, 
En bottes jaunes, en frac noir.

C'est un merle, chanteur crédule, 
Ignorant du calendrier, 
Qui rêve soleil, et module 
L'hymne d'avril en février.

Pourtant il vente, il pleut à verse ; 
L'Arve jaunit le Rhône bleu, 
Et le salon, tendu de perse, 
Tient tous ses hôtes près du feu.

Les monts sur l'épaule ont l'hermine, 
Comme des magistrats siégeant. 
Leur blanc tribunal examine 
Un cas d'hiver se prolongeant.

Lustrant son aile qu'il essuie, 
L'oiseau persiste en sa chanson, 
Malgré neige, brouillard et pluie, 
Il croit à la jeune saison.

Il gronde l'aube paresseuse 
De rester au lit si longtemps 
Et, gourmandant la fleur frileuse, 
Met en demeure le printemps.

Il voit le jour derrière l'ombre, 
Tel un croyant, dans le saint lieu, 
L'autel désert, sous la nef sombre, 
Avec sa foi voit toujours Dieu.

A la nature il se confie, 
Car son instinct pressent la loi. 
Qui rit de ta philosophie, 
Beau merle, est moins sage que toi !



Théophile Gautier.

IMG_3729

 

IMG_3730

 

IMG_3731

 

IMG_3734

 

IMG_3735

 

IMG_3737

 

IMG_3738

 

 

Photos prisent ce matin

Posté par Josiane64 à 17:10 - Commentaires [18] - Permalien [#]

dimanche 30 mars

Printemps

C’est la jeunesse et le matin.
Vois donc, ô ma belle farouche,
Partout des perles : dans le thym,
Dans les roses, et dans ta bouche.
L’infini n’a rien d’effrayant ;
L’azur sourit à la chaumière ;
Et la terre est heureuse, ayant
Confiance dans la lumière.
Quand le soir vient, le soir profond,
Les fleurs se ferment sous les branches ;
Ces petites âmes s’en vont
Au fond de leurs alcôves blanches.
Elles s’endorment, et la nuit
A beau tomber noire et glacée,
Tout ce monde des fleurs qui luit
Et qui ne vit que de rosée,
L’œillet, le jasmin, le genêt,
Le trèfle incarnat qu’avril dore,
Est tranquille, car il connaît
L’exactitude de l’aurore.

Victor HUGO

 


41

 

69

 

70

 

99

 

100

 

103

 

Posté par Josiane64 à 16:58 - Commentaires [14] - Permalien [#]

samedi 29 mars

LA VACHE

 

Vache

Paul ÉLUARD
Recueil : "Les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux"

Les Animaux et leurs hommes

On ne mène pas la vache
À la verdure rase et sèche,
À la verdure sans caresses.

L’herbe qui la reçoit
Doit être douce comme un fil de soie,
Un fil de soie doux comme un fil de lait.

Mère ignorée,
Pour les enfants, ce n’est pas le déjeuner,
Mais le lait sur l’herbe

L’herbe devant la vache,
L’enfant devant le lait.

 

 

3

 

6

 

9

 

19

 

22

 

20

Posté par Josiane64 à 17:54 - Commentaires [9] - Permalien [#]



Fin »