Photos de Josiane

mardi 30 juin

LEVER DE SOLEIL

 

 

Lentement, le soleil s’éveille

Et s’étire dans le ciel, 

Il répand ses écailles d’or 

Qui se mèlent à la brume.

 

L’ ombre se dissout

De plus en plus floue

Pour fuir cet assaut

De filaments de lumière

De l’astre solaire.

 

Les reflets des rayons fusent

Enflammant tout l’horizon

Sublimant le miroir des cieux.

 

Tapissant une fresque colorée

de rose, de violet surnaturels

Telle une peinture enchantée

De la vie qui nait, bien réelle.

 

Je ne connais pas l'auteur

 

 

 

30062015-EO5A1000

 

30062015-EO5A1001

 

30062015-EO5A1002

 

30062015-EO5A1003

 

 

 

30062015-EO5A1004

 

 

C'était le spectacle que j'avais ce matin au lever du jour

 

 

 

 

Posté par Josiane64 à 15:35 - Commentaires [19] - Permalien [#]


samedi 27 juin

LE CANARD

C'EST TOUT UN ART D'ETRE UN CANARD  

C'est tout un art d'être canard 

C'est tout un art 

D'être un canard 

Canard marchant 

Canard nageant 

Canards au vol vont dandinant 

Canards sur l'eau vont naviguant 

Etre canard 

C'est absorbant 

Terre ou étang 

C'est différent 

Canards au sol s'en vont en rang 

Canards sur l'eau s'en vont ramant 

Etre canard 

Ca prend du temps 

C'est tout un art 

C'est amusant 

Canards au sol cancanants 

Canards sur l'eau sont étonnants 

Il faut savoir 

Marcher, nager 

Courir, plonger 

Dans l'abreuvoir. 

Canards le jour sont claironnants 

Canards le soir vont clopinant 

Canards aux champs 

Ou sur l'étang 

C'est tout un art 

D'être canard. 

 

Claude Roy 

 

 

 

 

27052015-EO5A0482

 

27052015-EO5A0484

 

27052015-EO5A0513

 

27052015-EO5A0523

 

27052015-EO5A0525

 

27052015-EO5A0541

 

Au lac Marion à Biarritz

 

Posté par Josiane64 à 15:35 - Commentaires [16] - Permalien [#]

vendredi 26 juin

LE TROUPEAU DANS LA MONTAGNE

Pasteurs et troupeaux

Le vallon où je vais tous les jours est charmant,
Serein, abandonné, seul sous le firmament,
Plein de ronces en fleurs ; c'est un sourire triste.
Il vous fait oublier que quelque chose existe,
Et, sans le bruit des champs remplis de travailleurs,
On ne saurait plus là si quelqu'un vit ailleurs.
Là, l'ombre fait l'amour ; l'idylle naturelle
Rit ; le bouvreuil avec le verdier s'y querelle,
Et la fauvette y met de travers son bonnet ;
C'est tantôt l'aubépine et tantôt le genêt ;
De noirs granits bourrus, puis des mousses riantes ;
Car Dieu fait un poëme avec des variantes ;
Comme le vieil Homère, il rabâche parfois,
Mais c'est avec les fleurs, les monts, l'onde et les bois !
Une petite mare est là, ridant sa face,
Prenant des airs de flot pour la fourmi qui passe,
Ironie étalée au milieu du gazon,
Qu'ignore l'océan grondant à l'horizon.
J'y rencontre parfois sur la roche hideuse
Un doux être ; quinze ans, yeux bleus, pieds nus, gardeuse
De chèvres, habitant, au fond d'un ravin noir,
Un vieux chaume croulant qui s'étoile le soir ;
Ses soeurs sont au logis et filent leur quenouille ;
Elle essuie aux roseaux ses pieds que l'étang mouille ;
Chèvres, brebis, béliers, paissent ; quand, sombre esprit,
J'apparais, le pauvre ange a peur, et me sourit ;
Et moi, je la salue, elle étant l'innocence.
Ses agneaux, dans le pré plein de fleurs qui l'encense,
Bondissent, et chacun, au soleil s'empourprant, 
Laisse aux buissons, à qui la bise le reprend, 
Un peu de sa toison, comme un flocon d'écume. 
Je passe ; enfant, troupeau, s'effacent dans la brume ; 
Le crépuscule étend sur les longs sillons gris 
Ses ailes de fantôme et de chauve-souris ;
J'entends encore au loin dans la plaine ouvrière 
Chanter derrière moi la douce chevrière, 
Et, là-bas, devant moi, le vieux gardien pensif
De l'écume, du flot, de l'algue, du récif, 
Et des vagues sans trêve et sans fin remuées,
Le pâtre promontoire au chapeau de nuées, 
S'accoude et rêve au bruit de tous les infinis 
Et, dans l'ascension des nuages bénis, 
Regarde se lever la lune triomphale, 
Pendant que l'ombre tremble, et que l'âpre rafale 
Disperse à tous les vents avec son souffle amer 
La laine des moutons sinistres de la mer.

 

Victor GUGO

 

 

 

IMG_5888

 

IMG_5889

 

IMG_5890

 

IMG_5893

 

IMG_5894

 

 

Posté par Josiane64 à 16:25 - Commentaires [12] - Permalien [#]

mercredi 24 juin

GUETHARY

 

 L'homme et la mer

Poète : Charles Baudelaire (1821-1867)

Homme libre, toujours tu chériras la mer ! 
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme 
Dans le déroulement infini de sa lame, 
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ; 
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur 
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur 
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets : 
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ; 
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes, 
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables 
Que vous vous combattez sans pitié ni remord, 
Tellement vous aimez le carnage et la mort, 
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables 



 

 

03062015-EO5A0712

 

 

 

03062015-EO5A0711

 

03062015-EO5A0709

 

03062015-EO5A0707

 

03062015-EO5A0706

 

 

 

 

Posté par Josiane64 à 17:04 - Commentaires [20] - Permalien [#]

lundi 22 juin

A CAUTERETS

 

Dans la Sierra

J'aime d'un fol amour les monts fiers et sublimes !
Les plantes n'osent pas poser leurs pieds frileux
Sur le linceul d'argent qui recouvre leurs cimes ;
Le soc s'émousserait à leurs pics anguleux.

Ni vigne aux bras lascifs, ni blés dorés, ni seigles ;
Rien qui rappelle l'homme et le travail maudit.
Dans leur air libre et pur nagent des essaims d'aigles,
Et l'écho du rocher siffle l'air du bandit.

Ils ne rapportent rien et ne sont pas utiles ;
Ils n'ont que leur beauté, je le sais, c'est bien peu ;
Mais, moi, je les préfère aux champs gras et fertiles,
Qui sont si loin du ciel qu'on n'y voit jamais Dieu !

 

Théophile Gautier

 

 

IMG_5871

 

IMG_5874

 

IMG_5881

 

IMG_5882

 

IMG_5883

 

IMG_5884

 

Ces photos ont été prises en 2013

 

 

Posté par Josiane64 à 17:33 - Commentaires [13] - Permalien [#]



dimanche 21 juin

BONNE FÊTE PAPa

POUR MON PÈRE

Mon père aimé, mon père à moi,
Toi qui me fais bondir
Sur tes genoux
Comme un chamois,

Que pourrais-je te dire
Que tu ne sais déjà ?

Il fait si doux
Quand ton sourire
Éclaire tout
sous notre toit.

Je me sens fort, je me sens roi,
Quand je marche à côté de toi.

Maurice CARÊME

 

 

65617301

 

ob_820660_c0c93c9a

 

3098480253_1_17_BlqnNyfG

 

Cybercarte-Bonne-Fête-Papa

 

 

 

Posté par Josiane64 à 07:24 - Commentaires [19] - Permalien [#]

jeudi 18 juin

SOCOA-SAINT JEAN DE LUZ

Aux bains de mer


Sur la plage élégante au sable de velours
Que frappent, réguliers et calmes, les flots lourds,
Tels que des vers pompeux aux nobles hémistiches,
Les enfants des baigneurs oisifs, les enfants riches,
Qui viennent des hôtels voisins et des chalets,
La jaquette troussée au-dessus des mollets,
Courent, les pieds dans l’eau, jouant avec la lame.
Le rire dans les yeux et le bonheur dans l’âme,
Sains et superbes sous leurs habits étoffés
Et d’un mignon chapeau de matelot coiffés,
Ces beaux enfants gâtés, ainsi qu’on les appelle,
Creusent gaîment, avec une petite pelle,
Dans le fin sable d’or des canaux et des trous;
Et ce même Océan, qui peut dans son courroux
Broyer sur les récifs les grands steamers de cuivre,
Laisse, indulgent aïeul, son flot docile suivre
Le chemin que lui trace un caprice d’enfant.
Ils sont là, l’oeil ravi, les cheveux blonds au vent,

Non loin d’une maman brodant sous son ombrelle,
Et trouvent, à coup sûr, chose bien naturelle,
Que la mer soit si bonne et les amuse ainsi.
- Soudain, d’autres enfants, pieds nus comme ceux-ci,
Et laissant monter l’eau sur leurs jambes bien faites,
Des moussaillons du port, des pêcheurs de crevettes,
Passent, le cou tendu sous le poids des paniers.
Ce sont les fils des gens du peuple, les derniers
Des pauvres, et le sort leur fit rude la vie.
Mais ils vont, sérieux, sans un regard d’envie
Pour ces jolis babys et les plaisirs qu’ils ont.
Comme de courageux petits marins qu’ils sont,
Ils aiment leur métier pénible et salutaire
Et ne jalousent point les heureux de la terre;
Car ils savent combien maternelle est la mer
Et que pour eux aussi souffle le vent amer
Qui rend robuste et belle, en lui baisant la joue,
L’enfance qui travaille et l’enfance qui joue.

François Coppée, Le Cahier Rouge

 

 

14062015_EO5A0863

 

 

14062015_EO5A0864

 

14062015_EO5A0865

 

14062015_EO5A0875

 

14062015_EO5A0876

 

14062015_EO5A0877

 

 

 

Posté par Josiane64 à 15:45 - Commentaires [16] - Permalien [#]

mercredi 17 juin

SOCOA-SAINT JEAN DE LUZ

A l’horizon


J’ai encore souvenance de ces navires,
Voilures chahutées par de fiers aquilons,
Éthers qui enjôlaient l’ivresse de ces sbires ;
Ces marins râblés, l’épiderme macaron.
– J’ai encore souvenance de ces navires…

Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent
Tant de véhémence – Tephillim tympanon
Qu’en finalité létale elles se fendirent
Et délivrèrent aux océans leurs cargaisons.
– Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent…

Les terribles aventures des longs gréements,
Aujourd’hui résonnent fort et comme un airain ;
Fabuleux voyages aux propos captivants
En mon esprit agité – un sang de mutin.
– Les terribles aventures des longs gréements…

Vois ! A l’horizon se profilent les chalands,
Vierges sacrifiées à de pénibles destins.
Aussi on devine dans les nuages blancs
Quelques équipages le mouchoir à la main.
– Lors, à l’horizon se profilent les chalands…

J’ai encore souvenance de ces navires :
Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent
Les terribles aventures des longs gréements ;
Vois ! A l’horizon se profilent les chalands.

Didier Sicchia, La rhétorique de l’ineffable, 2010

 

14062015-EO5A0862-Panorama-2

 

14062015-EO5A0862

 

14062015-EO5A0863

 

14062015-EO5A0864

 

14062015-EO5A0865

 

14062015-EO5A0893

 

 

Posté par Josiane64 à 18:27 - Commentaires [17] - Permalien [#]

mardi 16 juin

SOCOA-SAINT JEAN DE LUZ

 

Au bord de la mer


Près de la mer, sur un de ces rivages
Où chaque année, avec les doux zéphyrs,
On voit passer les abeilles volages
Qui, bien souvent, n’apportent que soupirs,
Nul ne pouvait résister à leurs charmes,
Nul ne pouvait braver ces yeux vainqueurs
Qui font couler partout beaucoup de larmes
Et qui partout prennent beaucoup de coeurs.
Quelqu’un pourtant se riait de leurs chaînes,
Son seul amour, c’était la liberté,
Il méprisait l’Amour et la Beauté.
Tantôt, debout sur un roc solitaire,
Il se penchait sur les flots écumeux
Et sa pensée, abandonnant la terre
Semblait percer les mystères des cieux.
Tantôt, courant sur l’arène marine,
Il poursuivait les grands oiseaux de mer,
Imaginant sentir dans sa poitrine
La Liberté pénétrer avec l’air.
Et puis le soir, au moment où la lune
Traînait sur l’eau l’ombre des grands rochers,
Il voyait à travers la nuit brune
Deux yeux amis sur sa face attachés.
Quand il passait près des salles de danse,
Qu’il entendait l’orchestre résonner,
Et, sous les pieds qui frappaient en cadence
Quand il sentait la terre frissonner
Il se disait: Que le monde est frivole!”
Qu’avez-vous fait de votre liberté!
Ce n’est pour vous qu’une vaine parole,
Hommes sans coeur, vous êtes sans fierté!
Pourtant un jour, il y porta ses pas
Ce qu’il y vit, je ne le saurais dire
Mais sur les monts il ne retourna pas.

Étretat, 1867

Guy de MaupassantPoésie Diverses

 

 

 

14062015-EO5A0857

 

14062015-EO5A0858

 

14062015-EO5A0859

 

 

14062015-EO5A0860

 

14062015-EO5A0861

 

14062015-EO5A0862

 

 

 

Posté par Josiane64 à 16:33 - Commentaires [14] - Permalien [#]

lundi 15 juin

PETITES FLEURS

 La fleur des poètes

Antoine de Latour (1808-1881)

 

Chacun, comme un trésor, garde au fond de son ame 
Le parfum préféré de quelque chère fleur, 
Et dans tous nos pensers, sur le plus sombre drame 
Ce souvenir lointain épanche sa fraîcheur.

Au lilas, confident de sa longue douleur, 
Valmore de son chant suspend l'aile de flamme, 
Et sur la véronique, image de son cœur, 
Tastu laisse tomber le soupir de la femme.

Le chaste amant d'Elvire au pied de l'amandier 
S'arrête pour cueillir une branche, et Nodier 
D'une grâce rêveuse a doué l'anémone ;

Ah ! si parmi ces fleurs tu t'élevais un jour,
Blanc jasmin qui jadis, par un beau soir d'au tomne, 
Reçus les larmes d'or de mon premier amour !



14062015-EO5A0901

 

14062015-EO5A0902

 

14062015-EO5A0903

 

14062015-EO5A0904

 

 

Posté par Josiane64 à 13:07 - Commentaires [21] - Permalien [#]

samedi 13 juin

AU BORD DE LA NIVE (suite)

Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil de la montagne fière,
Luit : C'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme 
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. 

Arthur Rimbaud

08062015-EO5A0795

 

08062015-EO5A0796

 

08062015-EO5A0797

 

08062015-EO5A0798

 

08062015-EO5A0801

 

08062015-EO5A0804

 

 

Posté par Josiane64 à 15:49 - Commentaires [22] - Permalien [#]

mercredi 10 juin

Au bord de l'eau

S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe,
Le voir passer ;

Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace,
Le voir glisser ;

A l'horizon, s'il fume un toit de chaume,
Le voir fumer ;

Aux alentours, si quelque fleur embaume,
S'en embaumer ;

Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
Tente, y goûter ;

Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent,
Chante, écouter...

Entendre au pied du saule où l'eau murmure
L'eau murmurer ;

Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
Le temps durer ;

Mais n'apportant de passion profonde
Qu'à s'adorer ;

Sans nul souci des querelles du monde,
Les ignorer ;

Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,
Sans se lasser,

Sentir l'amour, devant tout ce qui passe,
Ne point passer !

 

René-François SULLY PRUDHOMME

 

 

 

08062015-EO5A0789

 

08062015-EO5A0790

 

08062015-EO5A0791

 

08062015-EO5A0792

 

 

08062015-EO5A0793

 

08062015-EO5A0794

 

 

Posté par Josiane64 à 15:53 - Commentaires [22] - Permalien [#]

mardi 09 juin

LE PÊCHEUR

Le petit Poisson et le Pêcheur

Petit poisson deviendra grand,
Pourvu que Dieu lui prête vie.
Mais le lâcher en attendant,
Je tiens pour moi que c'est folie ;
Car de le rattraper il n'est pas trop certain.
Un Carpeau qui n'était encore que fretin
Fut pris par un Pêcheur au bord d'une rivière.
Tout fait nombre, dit l'homme en voyant son butin ;
Voilà commencement de chère et de festin :
Mettons-le en notre gibecière.
Le pauvre Carpillon lui dit en sa manière :
Que ferez-vous de moi ? je ne saurais fournir
Au plus qu'une demi-bouchée ;
Laissez-moi Carpe devenir :
Je serai par vous repêchée.
Quelque gros Partisan m'achètera bien cher,
Au lieu qu'il vous en faut chercher
Peut-être encor cent de ma taille
Pour faire un plat. Quel plat ? croyez-moi ; rien qui vaille.
- Rien qui vaille ? Eh bien soit, repartit le Pêcheur ;
Poisson, mon bel ami, qui faites le Prêcheur,
Vous irez dans la poêle ; et vous avez beau dire,
Dès ce soir on vous fera frire.

Un tien vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras :
L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.

 

Jean de La Fontaine

 

 

 

04062015-EO5A0715

 

04062015-EO5A0717

 

04062015-EO5A0718

 

04062015-EO5A0723

 

04062015-EO5A0724

 

Après la photo, ce jeune pêcheur a relâcé cette belle carpe

 

 

Posté par Josiane64 à 16:45 - Commentaires [19] - Permalien [#]

lundi 08 juin

ARNAGA A CAMBO LES BAINS

 

NOTRE TOUR (extrait)

J’ai vu un projet de maison
Beau rêve élancé à l’échelle d’un centième
Tout autour les fenêtres tournoyaient
Enveloppant la tour de tant de lumière
Que du blanc de la page soufflait
L’air pur des hauteurs agité par les ailes

Fenêtres fenêtres cadres qui nous attendent
Points fertiles de l’espace
Où le visage de nos désirs
Vient et nous fait lever la tête

Là-haut j’aurais voulu vivre longtemps sans redescendre

Beau rêve précis on avait tout prévu l’avenir
Était là déjà à chaque étage et j’ai tout vu
Les murs de verre les jardins inattendus
Les terrasses reflétant une carte du ciel
Alcôves où le sommeil était image de survie
Les baignoires donnant des moulages parfaits
Et des chambres avaient pour trésor le silence
Dans l’ambre des cloisons et des jets d’eau
Attendaient le signal de la grâce.

Ernest DELÈVELa Belle journée, Georges Houyoux-Bruxelles.
(poète belge de langue française, 1907-1969)


 

 

04062015-EO5A0726

 

 

04062015-EO5A0727

 

04062015-EO5A0729

 

 

04062015-EO5A0730

 

04062015-EO5A0731

 

04062015-EO5A0732

 

04062015-EO5A0738

 

04062015-EO5A0739

 

 

 

04062015-EO5A0740

 

 

Posté par Josiane64 à 15:43 - Commentaires [21] - Permalien [#]

dimanche 07 juin

GOUTTES DE PLUIE

 

Une goutte de pluie …

Francis JAMMES
Recueil : "Clairières dans le ciel"

Une goutte de pluie frappe une feuille sèche,
lentement, longuement, et c’est toujours la même
goutte, et au même endroit, qui frappe et s’y entête…

Une larme de toi frappe mon pauvre cœur,
lentement, longuement, et la même douleur
résonne, au même endroit, obstinée comme l’heure.

La feuille aura raison de la goutte de pluie.
Le cœur aura raison de ta larme qui vrille :
car sous la feuille et sous le cœur, il y a le vide.

 

 

 

06062015-EO5A0760

 

06062015-EO5A0761

 

06062015-EO5A0762

 

06062015-EO5A0763

 

06062015-EO5A0764

 

06062015-EO5A0765

 

06062015-EO5A0766

 

 

Posté par Josiane64 à 16:06 - Commentaires [17] - Permalien [#]

samedi 06 juin

LE LEVER DU SOLEIL

Le coucher du soleil romantique

Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve !

Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !

Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L'irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons ;

Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

 

Charles BAUDELAURE

 

 

 

05062015-EO5A0749

 

05062015-EO5A0750

 

05062015-EO5A0751

 

05062015-EO5A0752

 

05062015-EO5A0753

 

05062015-EO5A0754

 

 

Posté par Josiane64 à 15:46 - Commentaires [16] - Permalien [#]

vendredi 05 juin

GUETHARY

Au bord de la mer


Près de la mer, sur un de ces rivages
Où chaque année, avec les doux zéphyrs,
On voit passer les abeilles volages
Qui, bien souvent, n’apportent que soupirs,
Nul ne pouvait résister à leurs charmes,
Nul ne pouvait braver ces yeux vainqueurs
Qui font couler partout beaucoup de larmes
Et qui partout prennent beaucoup de coeurs.
Quelqu’un pourtant se riait de leurs chaînes,
Son seul amour, c’était la liberté,
Il méprisait l’Amour et la Beauté.
Tantôt, debout sur un roc solitaire,
Il se penchait sur les flots écumeux
Et sa pensée, abandonnant la terre
Semblait percer les mystères des cieux.
Tantôt, courant sur l’arène marine,
Il poursuivait les grands oiseaux de mer,
Imaginant sentir dans sa poitrine
La Liberté pénétrer avec l’air.
Et puis le soir, au moment où la lune
Traînait sur l’eau l’ombre des grands rochers,
Il voyait à travers la nuit brune
Deux yeux amis sur sa face attachés.
Quand il passait près des salles de danse,
Qu’il entendait l’orchestre résonner,
Et, sous les pieds qui frappaient en cadence
Quand il sentait la terre frissonner
Il se disait: Que le monde est frivole!”
Qu’avez-vous fait de votre liberté!
Ce n’est pour vous qu’une vaine parole,
Hommes sans coeur, vous êtes sans fierté!
Pourtant un jour, il y porta ses pas
Ce qu’il y vit, je ne le saurais dire
Mais sur les monts il ne retourna pas.

Étretat, 1867

Guy de Maupassant, Poésie Diverses

 

 

 

03062015-EO5A0707

 

03062015-EO5A0708

 

03062015-EO5A0709

 

03062015-EO5A0710

 

03062015-EO5A0711

 

03062015-EO5A0712

 

Posté par Josiane64 à 12:44 - Commentaires [15] - Permalien [#]

mardi 02 juin

LE LAC MARION-BIARRITZ

 

Le Lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur, 
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Alphonse de LamartineLes Méditations poétiques

27052015-EO5A0476

 

27052015-EO5A0485

 

27052015-EO5A0489

 

27052015-EO5A0491

 

27052015-EO5A0497

 

 

Posté par Josiane64 à 16:06 - Commentaires [19] - Permalien [#]

lundi 01 juin

LES FLEURS

 Des fleurs fines

Poète : Émile Verhaeren (1855-1916)

Recueil : Les heures du soir (1911).

Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume 
Poussaient au bord de nos chemins 
Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains 
Et tes cheveux avec des plumes.

L'ombre était bienveillante à nos pas réunis 
En leur marche, sous le feuillage ; 
Une chanson d'enfant nous venait d'un village 
Et remplissait tout l'infini.

Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne 
Sous la garde des longs roseaux 
Et le beau front des bois reflétait dans les eaux 
Sa haute et flexible couronne.

Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient 
Ensemble une même pensée, 
Nous songions que c'était notre vie apaisée 
Que ce beau soir nous dévoilait.

Une suprême fois, tu vis le ciel en fête 
Se parer et nous dire adieu ; 
Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux 
Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.




31052015-EO5A0628

 

31052015-EO5A0637

 

31052015-EO5A0638

 

31052015-EO5A0639

 

31052015-EO5A0648

 

31052015-EO5A0653

 

31052015-EO5A0656

 

 

Posté par Josiane64 à 16:57 - Commentaires [16] - Permalien [#]

dimanche 31 mai

PAYSAGE

 

Ciel, air et vents, plains et monts découverts


Ciel, air et vents, plains et monts découverts,
Tertres vineux et forêts verdoyantes,
Rivages torts et sources ondoyantes,
Taillis rasés et vous bocages verts,

Antres moussus à demi-front ouverts,
Prés, boutons, fleurs et herbes roussoyantes,
Vallons bossus et plages blondoyantes,
Et vous rochers, les hôtes de mes vers,

Puis qu’au partir, rongé de soin et d’ire,
A ce bel oeil Adieu je n’ai su dire,
Qui près et loin me détient en émoi,

Je vous supplie, Ciel, air, vents, monts et plaines,
Taillis, forêts, rivages et fontaines,
Antres, prés, fleurs, dites-le-lui pour moi.

Pierre de Ronsard, Premier livre des Amours

 

 

 

28052015-EO5A0557

 

28052015-EO5A0564

 

28052015-EO5A0565

 

 

28052015-EO5A0566

 

28052015-EO5A0567

 

28052015-EO5A0569

 

 

 

Posté par Josiane64 à 14:46 - Commentaires [18] - Permalien [#]