Photos de Josiane

lundi 18 mai

LE BELEM A BAYONNE

A l’horizon


J’ai encore souvenance de ces navires,
Voilures chahutées par de fiers aquilons,
Éthers qui enjôlaient l’ivresse de ces sbires ;
Ces marins râblés, l’épiderme macaron.
– J’ai encore souvenance de ces navires…

Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent
Tant de véhémence – Tephillim tympanon
Qu’en finalité létale elles se fendirent
Et délivrèrent aux océans leurs cargaisons.
– Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent…

Les terribles aventures des longs gréements,
Aujourd’hui résonnent fort et comme un airain ;
Fabuleux voyages aux propos captivants
En mon esprit agité – un sang de mutin.
– Les terribles aventures des longs gréements…

Vois ! A l’horizon se profilent les chalands,
Vierges sacrifiées à de pénibles destins.
Aussi on devine dans les nuages blancs
Quelques équipages le mouchoir à la main.
– Lors, à l’horizon se profilent les chalands…

J’ai encore souvenance de ces navires :
Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent
Les terribles aventures des longs gréements ;
Vois ! A l’horizon se profilent les chalands.

Didier Sicchia, La rhétorique de l’ineffable, 2010

 

 

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dimanche 17 mai

SAINT JEAN PIED DE PORT

Mon village

 

 

Quelques vieux toits moussus composent mon village

Vers lequel conduit seul un dur chemin pierreux

S'il faut vivre caché pour vivre un jour heureux

Il a tout ce qu'il faut pour satisfaire un sage --

 

Il repose à l'abri de ses grands peupliers

Où la brise d'été lentement passe et chante --

Un frais ruisseau murmure à l'entour de leurs pieds

Et sous les aulnes verts tout doucement serpente.

 

Ne cherchez pas son nom sur les cartes routières

Si vous passez un jour sur la grand'route proche

Dédaignez son chemin et ses rudes ornières

Il n'est beau que pour moi mon village de Roche.

 

C'est là que j'ai vécu les jours de mon enfance --

C'est là que j'ai rêvé quand j'étais jeune encor --

C'est là que j'ai caché ma première souffrance

Mes souvenirs d'enfant sont tous dans son décor !

 

N. SELLER     Septembre  1932

( à  suivre dans les recueils imprimés ) 

 

Septembre  1932   

  

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vendredi 15 mai

Saint Jean Pied de Port

SALUT A MON VILLAGE!

        Jean Baptiste Elizanburu , 1862

 

 

Je vois au loin, je vois la montagne

Derrière laquelle se trouve mon village...

J'entends déjà, quel immense bonheur,

Le doux soupir de la cloche bien aimée !

 

Cloche, que dis-tu donc aujourd'hui ?

Quelle nouvelle envoies-tu au loin?

Les montagnes sous les nuages te répondent,

Et renvoient ton message jusqu'au ciel.

 

Le travailleur des champs, le berger de la montagne,

La fillette qui va sur le chemin de la fontaine,

Ayant entendu, cloche, ta voix sereine

Se sont mis à prier la Mère des Cieux

 

Moi aussi, je prie la Vierge Marie,

Guide des enfants perdus dans la campagne,

Qu'elle obtienne, de grâce, pour moi, la faveur

De trouver aujourd'hui mon village en liesse

 

J'ai laissé les montagnes loin derrière ;

Je vois déjà mon village tout près ;

Qu'as-tu, mon cour, à bondir ainsi en moi ?

Me lâcheras-tu à notre arrivé au pays ?

 

Salut ! Salut, mon village ! Salut pays qui m'a vu naître !

Salut ! Lieu bien aimé de ma jeunesse !

Dieu ayant entendu la voix d'un enfant,

Cet enfant aujourd'hui est venu près de toi.

 

En t'écartant de la route, par le flanc de la montagne

Tel un ruban qui glisse le long de la côte,

Tu descends, sentier, tout droit vers la vallée

Mène-moi, sans détour, auprès des miens.

 

Chêne du bord du chemin, que de fois dans mon enfance,

Le dimanche en revenant de la messe à la maison,

Oui ! Que de fois me suis-je assis, auprès de ma mère,

À l'ombre de tes longues branches !

 

Et toi, aubépine du fond du jardin,

Tu gardes toujours le lieu de mon enfance,

Pourquoi, comme toi, branche pure,

Ne puis-je passer ma vie là où je suis né ?

 

Mais une larme coule de mes yeux

Mon cour déborde de joie...

J'entends déjà la voix de ceux de ma maison...

Dieu, je vous rends grâce !

 

Cloche, la peine envahit à nouveau mon cour,

La peine que chacun ressent en s'éloignant du pays ;

Comme c'est toi qui as sonné, pour moi, la première heure,

J'espère que tu en sonneras aussi la dernière.

 

 

Traduction: Peio Heguy

Version originale: AGUR HERRIARI

 

 

 

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mercredi 13 mai

SAINT JEAN PIED DE PORT- LES RAMPARTS

 

Le ciel est par-dessus le toit

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

 

Paul VERLAINE

 

 

 

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lundi 11 mai

SAINT JEAN PIED DE PORT

 

Un village


Des murs crépis, de pauvres toits,
Un pont, un chemin de halage,
Et le moulin qui fait sa croix
De haut en bas, sur le village.

Les appentis et les maisons
S’échouent, ainsi que choses mortes.
Le filet dort : et les poissons
Sèchent, pendus au seuil des portes.

Un chien sursaute en longs abois ;
Des cris passent, lourds et funèbres ;
Le menuisier coupe son bois,
Presque à tâtons, dans les ténèbres.

Tous les métiers à bruit discord
Se sont lassés l’un après l’autre
Derrière un mur, marmonne encor
Un dernier bruit de patenôtres.

Une pauvresse aux longues mains,
Du bout de son bâton tâtonne
De seuil en seuil, par les chemins ;
Le soir se fait et c’est l’automne.

Et puis viendra l’hiver osseux,
Le maigre hiver expiatoire,
Où les gens sont plus malchanceux
Que les âmes en purgatoire.

Emile Verhaeren, Toute la Flandre

 

 

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lundi 04 mai

NATURE SAUVAGE

A une fleur


Que me veux-tu, chère fleurette,
Aimable et charmant souvenir ?
Demi-morte et demi-coquette,
Jusqu’à moi qui te fait venir ?

Sous ce cachet enveloppée,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu’as-tu vu ? que t’a dit la main
Qui sur le buisson t’a coupée ?

N’es-tu qu’une herbe desséchée
Qui vient achever de mourir ?
Ou ton sein, prêt à refleurir,
Renferme-t-il une pensée ?

Ta fleur, hélas ! a la blancheur
De la désolante innocence ;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.

As-tu pour moi quelque message ?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret ?
Ton parfum est-il un langage ?

S’il en est ainsi, parle bas,
Mystérieuse messagère ;
S’il n’en est rien, ne réponds pas ;
Dors sur mon coeur, fraîche et légère.

Je connais trop bien cette main,
Pleine de grâce et de caprice,
Qui d’un brin de fil souple et fin
A noué ton pâle calice.

Cette main-là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N’en auraient pu trouver la soeur
Qu’en prenant Vénus pour modèle.

Elle est blanche, elle est douce et belle,
Franche, dit-on, et plus encor ;
A qui saurait s’emparer d’elle
Elle peut ouvrir un trésor.

Mais elle est sage, elle est sévère ;
Quelque mal pourrait m’arriver.
Fleurette, craignons sa colère.
Ne dis rien, laisse-moi rêver.

Alfred de Musset, Poésies nouvelles

 

 

 

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Je ne suis pas très présente sur les blogs car j'ai ma soeur en vacances à la maison

 

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mercredi 29 avril

AU BORD DE LA NIVE

 

Dame nature

Dessine des formes pures
Dame nature
L’espace, notre futur en plein ciel
Esquisse sans supplice
Haute en couleur d’harmonie
Elle a l’âme d’une artiste
Dame nature

Et elle court – court sur sa route
Et elle court – court oublie tous ses doutes
Princesse de l’univers
Voyage autour de la terre
La puissance de l’azur
Dame nature

Ecris notre future
Dame nature
Nos horizons se fondent en plein ciel
Dessines nos projets
L'écran de nos idées
Ce pourquoi je suis né
Dame nature

Et elle court – court – Plus de doutes
Et elle court – court – décides de ma route
Tu chasses le naturel et elle revient au galop
Pour mieux te connaître
C'est ta nature

Tu berces les océans
Dame nature
Depuis la nuit des temps
Vogue éternelle
Faut-il que l’homme s’ennuie
Pour passer ainsi sa vie
A vouloir te détruire
Dame nature

Et elle court – court
Décide de ma route
Et elle court – court
Oublie tous mes doutes
Princesse de l’univers
Un voyage à mettre au vert
Programme notre existence
Dame nature

 

Alain GUERIN

 

 

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lundi 27 avril

C'EST LE PRINTEMPS

Le printemps


Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses des lilas fleurissent.
Les amantes qui te chérissent
Délivrent leurs cheveux flottants.

Sous les rayons d’or éclatants
Les anciens lierres se flétrissent.
Te voilà, rire du Printemps !
Les thyrses de lilas fleurissent.

Couchons-nous au bord des étangs,
Que nos maux amers se guérissent !
Mille espoirs fabuleux nourrissent
Nos coeurs gonflés et palpitants.
Te voilà, rire du Printemps !

Théodore de Banville

 

 

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samedi 25 avril

LE PARC DE MAJOLAN

 

 

À Aurore


La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand

 

 

 

 

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jeudi 23 avril

AU BORD DE L'EAU

Promenade à l'étang

Le calme des jardins profonds s'idéalise. 
L'âme du soir s'annonce à la tour de l'église ; 
Ecoute, l'heure est bleue et le ciel s'angélise.

A voir ce lac mystique où l'azur s'est fondu, 
Dirait-on pas, ma soeur, qu'un grand coeur éperdu 
En longs ruisseaux d'amour, là-haut, s'est répandu ?

L'ombre lente a noyé la vallée indistincte.
La cloche, au loin, note par note, s'est éteinte, 
Emportant comme l'âme frêle d'une sainte.

L'heure est à nous ; voici que, d'instant en instant, 
Sur les bois violets au mystère invitant 
Le grand manteau de la Solitude s'étend.

L'étang moiré d'argent, sous la ramure brune,
Comme un coeur affligé que le jour importune,
Rêve à l'ascension suave de la lune...

Je veux, enveloppé de tes yeux caressants, 
Je veux cueillir, parmi les roseaux frémissants, 
La grise fleur des crépuscules pâlissants.

Je veux au bord de l'eau pensive, ô bien-aimée, 

A ta lèvre d'amour et d'ombre parfumée 
Boire un peu de ton âme, à tout soleil fermée.

Les ténèbres sont comme un lourd tapis soyeux, 
Et nos deux coeurs, l'un près de l'autre, parlent mieux 
Dans un enchantement d'amour silencieux.

Comme pour saluer les étoiles premières, 
Nos voix de confidence, au calme des clairières, 
Montent, pures dans l'ombre, ainsi que des prières.

Et je baise ta chair angélique aux paupières.

 

Albert SEMAN (1858-1900)

 

 

 

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mercredi 22 avril

LA GRENOUILLE

 

La grenouille

Rosemonde GÉRARD ROSTAND
Recueil : "Les Pipeaux"

La grenouille chante au bord de l’étang,
Qui, sous un rayon de lune tremblote ;
Dans le crépuscule où du rêve flotte,
C’est un chant très doux et très attristant.

C’est un chant très doux et très attristant
Qui monte, – toujours une même note ;
Sur l’eau qui se moire et qui papillote,
Le roseau fluet penche en chuchotant.

Le roseau fluet penche en chuchotant,
Et la mare aux grands nénuphars clapote ;
La lune, ce soir, est un peu pâlotte…
C’est un chant très doux et très attristant.

C’est un chant très doux et très attristant
Qui monte, – toujours une même note ;
Dans le crépuscule où du rêve flotte,
La grenouille chante au bord de l’étang.

 

 

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mardi 21 avril

PROMENADE

 

 

Me voilà de retour parmi vous après deux semaines merveilleuses, passées en compagnie de ma soeur et sa famille

 

Les oiseaux


Montez, montez, oiseaux, à la fange rebelles,
Du poids fatal les seuls vainqueurs !
A vous le jour sans ombre et l’air, à vous les ailes
Qui font planer les yeux aussi haut que les coeurs !

Des plus parfaits vivants qu’ait formés la nature,
Lequel plus aisément plane sur les forêts,
Voit mieux se dérouler leurs vagues de verdure,
Suit mieux des quatre vents la céleste aventure,
Et regarde sans peur le soleil d’aussi près ?

Lequel sur la falaise a risqué sa demeure
Si haut qu’il vît sous lui les bâtiments bercés ?
Lequel peut fuir la nuit en accompagnant l’heure,
Si prompt qu’à l’occident les roseaux qu’il effleure,
Qnand il touche au levant, ne sont pas redressés ?

Fuyez, fuyez, oiseaux, à la fange rebelles,
Du poids fatal les seuls vainqueurs !
A vous le jour, à vous l’espace ! à vous les ailes
Qui promènent les yeux aussi loin que les coeurs !

Vous donnez en jouant des frissons aux charmilles ;
Vos chantres sont des bois le délice et l’honneur ;
Vous êtes, au printemps, bénis dans les familles :
Vous y prenez le pain sur les lèvres des filles ;
Car vous venez du ciel et vous portez bonheur.

Les pâles exilés, quand vos bandes lointaines
Se perdent dans l’azur comme les jours heureux,
Sentent moins l’aiguillon de leurs superbes haines ;
Et les durs criminels chargés de justes chaînes
Peuvent encore aimer, quand vous chantez pour eux.

Chantez, chantez, oiseaux, à la fange rebelles,
Du poids fatal les seuls vainqueurs !
A vous la liberté, le ciel ! à vous les ailes
Qui font vibrer les voix aussi haut que les coeurs !

René-François Sully PrudhommeStances et poèmes

 

 

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Photos prisent au jardin public de Bordeaux

 

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lundi 06 avril

A BIENTÔT

 

Je vous dis à bientôt car je pars, à peu orès deux semaines, chez ma soeur à Bordeaux

 

 

Conseil à l'ami.

Recueil : Poésies (1851)

L'amitié ! quel nom ravissant ! 
Tout poète, depuis Homère, 
Chante l'amitié, la chimère 
La plus chère à l'esprit qui sent !

Que ton avis soit caressant, 
Ami ; jamais de voix amère : 
Sois semblable à la bonne mère, 
Grondant son fils et l'embrassant.

Garde qu'un mot aigre, âme aimante, 
Ne tombe en l'amitié charmante, 
Breuvage dont la douceur plaît.

Souviens-toi que la moindre goutte 
D'acide, quand elle y dégoutte, 
Fait vite aigrir le plus doux lait !


Évariste Boulay-Paty  (1804-1864) 

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samedi 04 avril

BONNE FËTE DE PÂQUES

 

PÂQUES : UN REGARD NEUF

Chaque être porte en lui-même une part de résurrection.
Chaque être peut nous enrichir, à condition de plonger en lui
dans ce qu'il y a de beau, de meilleur, de lumineux, de divin.

Malheureusement, nous épluchons d'abord les ténèbres de l'autre. Et nous en restons là.
Le Christ est là, dans chaque être, enfoui, prêt à se faire reconnaître, et nous passons sans le voir.
Nous manquons la rencontre souvent, pris par notre égoïsme, nos refus,
nos barrières, nos intolérances, nos rejets.
Nous avons besoin de demander dans notre prière le regard du Christ.
Il plongeait dans les êtres avec une telle intensité, une telle fraîcheur, une telle nouveauté,
que personne n'oubliait jamais plus ce regard. Et en vivait.

Le Christ ressuscité a besoin de notre regard de tendresse et de miséricorde pour aborder chaque être.
Plonger dans ce que chaque personne a de meilleur, c'est recevoir une parcelle de la lumière du Ressuscité

Guy Gilbert

 

 

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vendredi 03 avril

LEVER DE SOLEIL

 

Le Lever du soleil

À Henri Schneider. 



Le grand soleil, plongé dans un royal ennui, 
Brûle au désert des cieux. Sous les traits qu’en silence 
Il disperse et rappelle incessamment à lui, 
Le choeur grave et lointain des sphères se balance. 

Suspendu dans l’abîme il n’est ni haut ni bas ; 
Il ne prend d’aucun feu le feu qu’il communique ; 
Son regard ne s’élève et ne s’abaisse pas ; 
Mais l’univers se dore à sa jeunesse antique. 

Flamboyant, invisible à force de splendeur, 
Il est père des blés, qui sont pères des races ; 
Mais il ne peuple point son immense rondeur 
D’un troupeau de mortels turbulents et voraces. 

Parmi les globes noirs qu’il empourpre et conduit 
Aux blêmes profondeurs que l’air léger fait bleues, 
La terre lui soumet la courbe qu’elle suit, 
Et cherche sa caresse à d’innombrables lieues. 

Sur son axe qui vibre et tourne, elle offre au jour 
Son épaisseur énorme et sa face vivante, 
Et les champs et les mers y viennent tour à tour 
Se teindre d’une aurore éternelle et mouvante. 

Mais les hommes épars n’ont que des pas bornés, 
Avec le sol natal ils émergent ou plongent : 
Quand les uns du sommeil sortent illuminés, 
Les autres dans la nuit s’enfoncent et s’allongent. 

Ah ! les fils de l’Hellade, avec des yeux nouveaux 
Admirant cette gloire à l’Orient éclose, 
Criaient : Salut au dieu dont les quatre chevaux 
Frappent d’un pied d’argent le ciel solide et rose ! 

Nous autres nous crions : Salut à l’Infini ! 
Au grand Tout, à la fois idole, temple et prêtre, 
Qui tient fatalement l’homme à la terre uni, 
Et la terre au soleil, et chaque être à chaque être ! 

Il est tombé pour nous, le rideau merveilleux 
Où du vrai monde erraient les fausses apparences ; 
La science a vaincu l’imposture des yeux, 
L’homme a répudié les vaines espérances ; 

Le ciel a fait l’aveu de son mensonge ancien, 
Et, depuis qu’on a mis ses piliers à l’épreuve, 
Il apparaît plus stable, affranchi de soutien, 
Et l’univers entier vêt une beauté neuve. 

 

Sully Prudhomme 
Stances Et Poèmes 

 

 

 

 

 

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jeudi 02 avril

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L'offrande à la nature

 

Nature au coeur profond sur qui les cieux reposent, 
Nul n'aura comme moi si chaudement aimé 
La lumière des jours et la douceur des choses, 
L'eau luisante et la terre où la vie a germé.
La forêt, les étangs et les plaines fécondes 
Ont plus touché mes yeux que les regards humains, 
Je me suis appuyée à la beauté du monde 
Et j'ai tenu l'odeur des saisons dans mes mains.
J'ai porté vos soleils ainsi qu'une couronne 
Sur mon front plein d'orgueil et de simplicité. 
Mes jeux ont égalé les travaux de l'automne 
Et j'ai pleuré d'amour aux bras de vos étés.
Je suis venue à vous sans peur et sans prudence, 
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal, 
Ayant pour toute joie et toute connaissance 
Votre âme impétueuse aux ruses d'animal.
Comme une fleur ouverte où logent des abeilles 
Ma vie a répandu des parfums et des chants, 
Et mon coeur matineux est comme une corbeille 
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.
Soumise ainsi que l'onde où l'arbre se reflète 
J'ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs 
Et qui font naître au coeur des hommes et des bêtes 
La belle impatience et le divin vouloir.
Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature, 
Ah ! faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour 
Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure 
Que ne visitent pas la lumière et l'amour.

 

Anna de Noailles.

 

 

 

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mardi 31 mars

CAUTERETS-2

À Aurore


La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand

 

 

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lundi 30 mars

CAUTERETS

 

Les yeux bleus de la montagne

On trouve dans les monts des lacs de quelques toises,
Purs comme des cristaux, bleus comme des turquoises, 
Joyaux tombés du doigt de l'ange Ithuriel, 
Où le chamois craintif, lorsqu'il vient pour y boire, 
S'imagine, trompé par l'optique illusoire, 
Laper l'azur du ciel.

Ces limpides bassins, quand le jour s'y reflète, 
Ont comme la prunelle une humide paillette ; 
Et ce sont les yeux bleus, au regard calme et doux, 
Par lesquels la montagne en extase contemple, 
Forgeant quelque soleil dans le fond de son temple,  
Dieu, l'ouvrier jaloux !

 

Théophile GAUTIER

 

 

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dimanche 29 mars

LE ROCHER DE LA VIERGE-BIARRITZ

 

Promenades dans les rochers (II)

DEUXIEME PROMENADE

La mer donne l'écume et la terre le sable. 
L'or se mêle à l'argent dans les plis du flot vert.
J'entends le bruit que fait l'éther infranchissable, 
Bruit immense et lointain, de silence couvert.

Un enfant chante auprès de la mer qui murmure. 
Rien n'est grand, ni petit. Vous avez mis, mon Dieu,
Sur la création et sur la créature
Les mêmes astres d'or et le même ciel bleu.

Notre sort est chétif ; nos visions sont belles. 
L'esprit saisit le corps et l'enlève au grand jour.
L'homme est un point qui vole avec deux grandes ailes,
Dont l'une est la pensée et dont l'autre est l'amour.

Sérénité de tout ! majesté ! force et grâce ! 
La voile rentre au port et les oiseaux aux nids. 
Tout va se reposer, et j'entends dans l'espace 
Palpiter vaguement des baisers infinis.

Le vent courbe les joncs sur le rocher superbe, 
Et de l'enfant qui chante il emporte la voix.
O vent ! que vous courbez à la fois de brins d'herbe !
Et que vous emportez de chansons à la fois !

Qu'importe ! Ici tout berce, et rassure, et caresse.
Plus d'ombre dans le coeur ! plus de soucis amers !
Une ineffable paix monte et descend sans cesse
Du bleu profond de l'âme au bleu profond des mers.

 

VICTOR HUGO

 

 

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mardi 24 mars

LE PONT CHABAN DELMAS

 

 

Photos prisent il y a deuxans Il se lève pour laisser passer un 4 mats

 

Sur le Pont Neuf

 

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Mon autre au loin ma mascarade
Et dans le jour décoloré
Il m’a dit tout bas Camarade

 

 

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Mon double ignorant et crédule
Et je suis longtemps demeuré
Dans ma propre ombre qui recule

 

 

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Assis à l’usure des pierres
Le refrain que j’ai murmuré
Le rêve qui fut ma lumière

 

 

Aveugle aveugle rencontré
Passant avec tes regards veufs
Ô mon passé désemparé
Sur le Pont Neuf

 

 

Louis ARAGON

[Le Roman inachevé, 1956]

 

 

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