Photos de Josiane

dimanche 28 mai

BONNE ¨FETE A TOUTES LES MAMANS

Pour ma mère.

Recueil : Ma mère (1935)

Il y a plus de fleurs 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Que dans tous les vergers ;

Plus de merles rieurs 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Que dans le monde entier ;

Et bien plus de baisers 
Pour ma mère, en mon cœur, 
Qu'on en pourrait donner.


Maurice Carême.
(1899 - 1978)

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samedi 27 mai

L'EGLISE D'AINHOA

L'église

Simone, je veux bien. Les bruits du soir
Sont doux comme un cantique chanté par des enfants.
L'église obscure ressemble à un vieux manoir ;
Les roses ont une odeur grave d'amour et d'encens.

Je veux bien, nous irons lentement et bien sages, 
Salués par les gens qui reviennent des foins ;
J'ouvrirai la barrière d'avance à ton passage, 
Et le chien nous suivra longtemps d'un œil chagrin.

Pendant que tu prieras, je songerai aux hommes
Qui ont bâti ces murailles, le clocher, la tour, 
La lourde nef pareille à une bête de somme
Chargée du poids de nos péchés de tous les jours ;

Aux hommes qui ont taillé les pierres du portail
Et qui ont mis sous le porche un grand bénitier ;
Aux hommes qui ont peint des rois sur le vitrail
Et un petit enfant qui dort chez un fermier.

Je songerai aux hommes qui ont forgé la croix, 
Le coq, les gonds et les ferrures de la porte ;
À ceux qui ont sculpté la belle sainte en bois
Qui est représentée les mains jointes et morte.

Je songerai à ceux qui ont fondu le bronze
Des cloches où l'on jetait un petit agneau d'or, 
A ceux qui ont creusé, en l'an mil deux cent onze, 
Le caveau où repose saint Roch, comme un trésor ;

À ceux qui ont tissé la tunique de lin
Pendue sous un rideau à gauche de l'autel ;
À ceux qui ont chanté au livre du lutrin ;
À ceux qui ont doré les fermoirs du missel.

Je songerai aux mains qui ont touché l'hostie, 
Aux mains qui ont béni et qui ont baptisé ;
Je songerai aux bagues, aux cierges, aux agonies ;
Je songerai aux yeux des femmes qui ont pleuré.

Je songerai aussi aux morts du cimetière, 
A ceux qui ne sont plus que de l'herbe et des fleurs, 
À ceux dont les noms se lisent encore sur les pierres, 
À la croix qui les garde jusqu'à la dernière heure.

Quand nous reviendrons, Simone, il sera nuit close ;
Nous aurons l'air de fantômes sous les sapins, 
Nous penserons à Dieu, à nous, à bien des choses, 
Au chien qui nous attend, aux roses du jardin.

Remy de Gourmont (poème dédié à Francis Jammes), Simone, 1897.

 

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jeudi 25 mai

AINHOA

Mon village

    

Quelques vieux toits moussus composent mon village

Vers lequel conduit seul un dur chemin pierreux

S'il faut vivre caché pour vivre un jour heureux

Il a tout ce qu'il faut pour satisfaire un sage --

 

Il repose à l'abri de ses grands peupliers

Où la brise d'été lentement passe et chante --

Un frais ruisseau murmure à l'entour de leurs pieds

Et sous les aulnes verts tout doucement serpente.

 

Ne cherchez pas son nom sur les cartes routières

Si vous passez un jour sur la grand'route proche

Dédaignez son chemin et ses rudes ornières

Il n'est beau que pour moi mon village de Roche.

 

C'est là que j'ai vécu les jours de mon enfance --

C'est là que j'ai rêvé quand j'étais jeune encor --

C'est là que j'ai caché ma première souffrance

Mes souvenirs d'enfant sont tous dans son décor !

 

Septembre  1932  

 

 

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mercredi 24 mai

L'ANCIEN QUARTIER A SAINT PALAIS

Le vieux quartier

Nombre de citadins se sont émus d’apprendre
Qu’allait être détruit et réhabilité
Le pôle industriel que l’on peut voir s’étendre
Par derrière la gare et ses commodités.

C’est un secteur désert formant un paysage
De voies ferrées rouillées, de poutres en jonchets,
De silos décrépits, d’entrepôts d’un autre age,
Mais qui possède aux yeux de certains du cachet.

Des hectares nombreux de terres maraîchères
Ont été sacrifiées lors de sa création,
De vertes étendues qui devaient être chères
Aux nostalgiques de cette génération.

Est-ce que dans cent ans, quand on voudra détruire
Le complexe futur en verre et en acier,
Des voix s’élèveront, faisant clamer leur ire
Afin de protéger le site disgracié ?

Sans aucun doute tant nous sommes opiniâtres
A nous lier aux lieux qui nous ont vus grandir
Et puisque ce décor servira de théâtre
Aux jeux et à la vie d’amants en devenir.

 

Renaud BOSC

 

 

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lundi 22 mai

VILLAGE DE SAINT PALAIS

PETIT VILLAGE  

Petit village au bord des bois,

Petit village au bord des plaines,

Parmi les pommiers, non loin des grands chênes,

Lorsque j'aperçois

Le coq et la croix

De ton clocher d'ardoises grises,

De ton clocher fin,

A travers ormes et sapins,

D'étranges musiques me grisent ;

Je vois des yeux dans le soir étoilé :

Là je suis né...

 

Petit village au bord des champs,

Petit village entre les haies,

Tour à tour paré de fleurs et de baies,

Lorsque les doux chants

De ton frais printemps,

Quand l'odeur de tes violettes,

De tes blancs muguets

Pénètrent mon cœur inquiet,

J'oublie et tumulte et tempêtes ;

J'entends des voix dans le soir parfumé :

Là j'ai aimé...

 

Petit village aux courtils verts,

Petit village de silence,

Où la cloche sonne un vieil air de France,

J'aime les éclairs

De tes cieux couverts,

Ton soleil fin entre les arbres,

Les feux de tes nuits,

L'oeil fixe et profond de tes puits,

Ton doux cimetière sans marbres,

Plein d'oiseaux fous et luisant comme pré :

Là je viendrai...

 

Philéas Lebesgue

 

 

 

 

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samedi 20 mai

ARC EN CIEL

Recette pour faire un arc-en-ciel 

 

Pour faire un très bel arc-en-ciel
il faut un arc à songerie
et plusieurs flèches au pluriel.

Prends un grand ciel assez mouillé
pour que les couleurs y sourient
dans la lumière un peu brouillée.

Violet

Avec une plume de merlette
ou des moustaches de souris
dilue dans l'eau quatre violettes.

Indigo

Le plus joli des indigos
s'obtient à partir d'un chat persan
qui sourit et fait le gros dos.

Bleu

Le  bleu c'est les yeux d'une blonde
dont la pupille bleue varie
quand le soleil dans sa ronde.

Vert

L'herbe et le trèfle à quatre feuilles
donnent un vert du plus beau vert
qu'on mélange à du chèvrefeuille.

Jaune

Pour le jaune un petit garçon
couleur de taches de rousseur
de maïs ou de hérisson.

Orange

Pour faire un orangé orange
attrappe un grand éclat de rire
avec une plume de mésange.

Rouge

Le rouge-gorge couleur de forge
te prêtera son gentil feu
pour le rouge qui brûle et bouge.

Quand tes couleurs 
sont enfin prêtes
tu peux attaquer
l'arc-en-ciel
déjà dessiné
dans ta tête

Tu vises la ligne d'horizon
La flèche trace un arc-en-cercle
corolle aux couleurs de blason

Quand l'arc-en-ciel est terminé
tu te déchausses et les pieds nus
tu commences la traversée

Monte droit dans le ciel ouvert
Quelqu'un s'avancera vers toi
comme dans un miroir à l'envers
un autre marche qui est toi.

Claude Roy , Enfantasques

 

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jeudi 18 mai

LE TORRENT A SAINT PALAIS

    

Je vis un fier torrent, dont les flots écumeux

Je vis un fier torrent, dont les flots écumeux
Rongeaient les fondements d'une vieille ruine :
Je le vis tout couvert d'une obscure bruine,
Qui s'élevait par l'air en tourbillons fumeux :

Dont se formait un corps à sept chefs merveilleux,
Qui villes et châteaux couvait sous sa poitrine,
Et semblait dévorer d'une égale rapine
Les plus doux animaux et les plus orgueilleux.

J'étais émerveillé de voir ce monstre énorme
Changer en cent façons son effroyable forme,
Lorsque je vis sortir d'un antre scythien

Ce vent impétueux, qui souffle la froidure,
Dissiper ces nuaux, et en si peu que rien
S'évanouir par l'air cette horrible figure.

Joachim DU BELLAY   (1522-1560)

 

 

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mardi 16 mai

LE PARC ECOLOGIQUE IZADIA - 3 -

Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur, 
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

 

Alphonse de LAMARTINE

 

 

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dimanche 14 mai

LE PARC ECOLOGIQUE IZADIA - 2

Dans le parc ...

Dans le parc aux lointains voilés de brume, sous
Les grands arbres d’où tombe avec un bruit très doux
L’adieu des feuilles d’or parmi la solitude,
Sous le ciel pâlissant comme de lassitude,
Nous irons, si tu veux, jusqu’au soir, à pas lents,
Bercer l’été qui meurt dans nos coeurs indolents.
Nous marcherons parmi les muettes allées ;
Et cet amer parfum qu’ont les herbes foulées,
Et ce silence, et ce grand charme langoureux
Que verse en nous l’automne exquis et douloureux
Et qui sort des jardins, des bois, des eaux, des arbres
Et des parterres nus où grelottent les marbres,
Baignera doucement notre âme tout un jour,
Comme un mouchoir ancien qui sent encor l’amour.

 

Albert SAMAIN

 

 

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jeudi 11 mai

LE PARC ECOLOGIQUE IZADIA

 Magie de la nature

 

Sonnet.



Béant, je regardais du seuil d'une chaumière 
De grands sites muets, mobiles et changeants, 
Qui, sous de frais glacis d'ambre, d'or et d'argent, 
Vivaient un infini d'espace et de lumière.

C'étaient des fleuves blancs, des montagnes mystiques, 
Des rocs pâmés de gloire et de solennité, 
Des chaos engendrant de leur obscurité 
Des éblouissements de forêts élastiques.

Je contemplais, noyé d'extase, oubliant tout, 
Lorsqu'ainsi qu'une rose énorme, tout à coup, 
La Lune, y surgissant, fleurit ces paysages.

Un tel charme à ce point m'avait donc captivé 
Que j'avais bu des yeux, comme un aspect rêvé, 
La simple vision du ciel et des nuages !

Maurice Rollinat.

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samedi 15 avril

BONNE FËTE DE PÂQUES

RENOUVEAU

Mon coeur est en fête aujourd’hui,
Finis la neige, le froid et la pluie,
Grâce au Printemps, nous sommes prêts à y croire,
Quand la nature apporte son message d’espoir,
Et la joie fleurit dans mon coeur,
Souhaitant à tous des moments de bonheur ,
Profitons de cette période de paix,
Pour s’envoyer de jolies pensées,
Joyeuses Pâques !

 

 

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jeudi 13 avril

LA RIVIERE

 La petite rivière

 

La petite rivière, bleue
Si peu que le ciel ait d'azur,
D'ici fait encore une lieue,
Puis verse au fleuve son flot pur.

Plus grande, elle serait moins douce,
Elle n'aurait pas la lenteur
Qui dans les herbes mène et pousse
Son cours délicat et chanteur.

Elle n'aurait pas de prairies
Plus vertes si près de la main,
Non plus que ces berges fleuries
Où marque à peine le chemin.

Ni le silence si paisible,
Ni parmi les plantes des eaux
L'étroit chenal presque invisible
Entre les joncs et les roseaux.

Et le moulin qui sort des branches
N'aurait pas à bruire ailleurs
Plus d'eau dans ses palettes blanches,
Ni plus de mousses et de fleurs.

La petite rivière est gaie
Ou mélancolique, suivant
Qu'un oiseau chante dans la haie
Ou qu'il pleut et qu'il fait du vent.

Selon l'heure, joyeuse ou triste,
Couleur du soir ou du matin,
Comme une charmeuse elle insiste,
Lorsque l'œil la perd au lointain,

Derrière le saule incolore
Ou le vert des grands peupliers,
A montrer une fois encore
Ses caprices inoubliés.

Albert Mérat.

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mardi 11 avril

FLEURS DE POMMIER

 Les fleurs de pommiers

Recueil : Le Parnasse contemporain, III (1876).

Les champs sont comme des damiers
Teintés partout du blé qui lève.
Avril a mis sur les pommiers
Sa broderie exquise et brève.

Avant que les soleils brutaux
Aient fait jaunir l'herbe et la branche,
C'est la gloire de nos coteaux
D'avoir cette couronne blanche.

Malgré les feuillages légers,
Les jardins sont tout nus encore,
Mais les fleurs couvrent les vergers
Qui rayonnent comme une aurore.

La campagne gaie est vraiment
Belle et divinement coiffée ;
Les pommiers ont un air charmant
Avec leur tête ébouriffée.

Une étoile blanche est leur fleur
Qu'Avril peut brûler d'une haleine.
Le Chinois en peint la pâleur
Sur les tasses de porcelaine.

Elle n'a pas d'odeur ; elle est
Délicate, charnue et grasse ;
Blanche et mate comme le lait,
Aussi légère que la grâce.

Elle semble s'enorgueillir
Du fragile trésor du germe.
Il faut la voir sans la cueillir
A cause du fruit qu'elle enferme.

Cependant sur le front aimé
Qui s'éclaire de l'embellie,
Pas une seule fleur de mai
N'est, à vrai dire, aussi jolie.

J'ai là, tout au fond de mon cœur
Un souvenir de matinée :
Des fleurs prises d'un doigt moqueur...
Mais je ne sais plus quelle année !

Albert Mérat.



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dimanche 09 avril

PETITES FLEURS

Titre : Des fleurs fines

 

Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume 
Poussaient au bord de nos chemins 
Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains 
Et tes cheveux avec des plumes.

L'ombre était bienveillante à nos pas réunis 
En leur marche, sous le feuillage ; 
Une chanson d'enfant nous venait d'un village 
Et remplissait tout l'infini.

Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne 
Sous la garde des longs roseaux 
Et le beau front des bois reflétait dans les eaux 
Sa haute et flexible couronne.

Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient 
Ensemble une même pensée, 
Nous songions que c'était notre vie apaisée 
Que ce beau soir nous dévoilait.

Une suprême fois, tu vis le ciel en fête 
Se parer et nous dire adieu ; 
Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux 
Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.

Émile Verhaeren.



 

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lundi 03 avril

LES PETITES FLEURS

 Des fleurs fines

Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume 
Poussaient au bord de nos chemins 
Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains 
Et tes cheveux avec des plumes.

L'ombre était bienveillante à nos pas réunis 
En leur marche, sous le feuillage ; 
Une chanson d'enfant nous venait d'un village 
Et remplissait tout l'infini.

Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne 
Sous la garde des longs roseaux 
Et le beau front des bois reflétait dans les eaux 
Sa haute et flexible couronne.

Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient 
Ensemble une même pensée, 
Nous songions que c'était notre vie apaisée 
Que ce beau soir nous dévoilait.

Une suprême fois, tu vis le ciel en fête 
Se parer et nous dire adieu ; 
Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux 
Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.

Émile Verhaeren.



 

 

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dimanche 02 avril

LA MER

Sur la côte

Un vent rude soufflait par les azurs cendrés,
Quand du côté de l’aube, ouverte à l’avalanche,
L’horizon s’ébranla dans une charge blanche
Et dans un galop fou de nuages cabrés.

Le jour entier, jour clair, jour sans pluie et sans brume,
Les crins sautants, les flancs dorés, la croupe en feu,
Ils ruèrent leur course à travers l’éther bleu,
Dans un envolement d’argent pâle et d’écume.

Et leur élan grandit encor lorsque le soir,
Coupant l’espace entier de son grand geste noir,
Les poussa vers la mer, où criaient les rafales,

Et que l’ample soleil de juin, tombé de haut,
Se débattit, sanglant, sous leur farouche assaut,
Comme un rouge étalon dans un rut de cavales.

Emile VerhaerenLes bords de la route

 

 

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samedi 01 avril

LA MER

Rythme des vagues

J’étais assis devant la mer sur le galet.
Sous un ciel clair, les flots d’un azur violet,
Après s’être gonflés en accourant du large,
Comme un homme accablé d’un fardeau s’en décharge,
Se brisaient devant moi, rythmés et successifs.
J’observais ces paquets de mer lourds et massifs
Qui marquaient d’un hourra leurs chutes régulières
Et puis se retiraient en râlant sur les pierres.LA MER
Et ce bruit m’enivrait; et, pour écouter mieux,
Je me voilai la face et je fermai les yeux.
Alors, en entendant les lames sur la grève
Bouillonner et courir, et toujours, et sans trêve
S’écrouler en faisant ce fracas cadencé,
Moi, l’humble observateur du rythme, j’ai pensé
Qu’il doit être en effet une chose sacrée,
Puisque Celui qui sait, qui commande et qui crée,

N’a tiré du néant ces moyens musicaux,
Ces falaises aux rocs creusés pour les échos,
Ces sonores cailloux, ces stridents coquillages
Incessamment heurtés et roulés sur les plages
Par la vague, pendant tant de milliers d’hivers,
Que pour que l’Océan nous récitât des vers.

François CoppéeLe Cahier Rouge

 

 

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vendredi 31 mars

LA MER

Aux bains de mer

Sur la plage élégante au sable de velours
Que frappent, réguliers et calmes, les flots lourds,
Tels que des vers pompeux aux nobles hémistiches,
Les enfants des baigneurs oisifs, les enfants riches,
Qui viennent des hôtels voisins et des chalets,
La jaquette troussée au-dessus des mollets,
Courent, les pieds dans l’eau, jouant avec la lame.
Le rire dans les yeux et le bonheur dans l’âme,
Sains et superbes sous leurs habits étoffés
Et d’un mignon chapeau de matelot coiffés,
Ces beaux enfants gâtés, ainsi qu’on les appelle,
Creusent gaîment, avec une petite pelle,
Dans le fin sable d’or des canaux et des trous;
Et ce même Océan, qui peut dans son courroux
Broyer sur les récifs les grands steamers de cuivre,
Laisse, indulgent aïeul, son flot docile suivre
Le chemin que lui trace un caprice d’enfant.
Ils sont là, l’oeil ravi, les cheveux blonds au vent,

Non loin d’une maman brodant sous son ombrelle,
Et trouvent, à coup sûr, chose bien naturelle,
Que la mer soit si bonne et les amuse ainsi.
– Soudain, d’autres enfants, pieds nus comme ceux-ci,
Et laissant monter l’eau sur leurs jambes bien faites,
Des moussaillons du port, des pêcheurs de crevettes,
Passent, le cou tendu sous le poids des paniers.
Ce sont les fils des gens du peuple, les derniers
Des pauvres, et le sort leur fit rude la vie.
Mais ils vont, sérieux, sans un regard d’envie
Pour ces jolis babys et les plaisirs qu’ils ont.
Comme de courageux petits marins qu’ils sont,
Ils aiment leur métier pénible et salutaire
Et ne jalousent point les heureux de la terre;
Car ils savent combien maternelle est la mer
Et que pour eux aussi souffle le vent amer
Qui rend robuste et belle, en lui baisant la joue,
L’enfance qui travaille et l’enfance qui joue.

François CoppéeLe Cahier Rouge

 

 

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Photos prisent hier après midi Le 30 mars

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mercredi 29 mars

MON POMMIER

Le pommier en fleurs

 

Joli pommier aux fleurs pastel
Reprend vigueur et force
Des racines jusqu’à l’écorce
Sous l’ombre furtive des premières hirondelles

Et laisse se poser sur tes petits bouquets
Roses pâles et ceux violacés
Les papillons courageux des soleils frisquets
Et réchauffe-les pour moi dans tes branches enlacées.

 

Guillaume PREVEL

 

 

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samedi 25 mars

L'ORCHIDEE

ORCHIDEES POEME DE THOMAS ANDRE©

Comme une reine sans couronne,
Elle trône au milieu des autres fleurs et rayonne,
Jouant de sa hauteur,
Et de sa splendeur,

Elle qui n’a point d’odeur,
S’en remet à ses pétales de douceur.
S’obligeant souvent à pavoiser,
Pour se tenir toujours développée et désigner,

Parmi le lot de ces cousines odorantes,
Elle agite son arrogance,
Et faisant miroiter sa constance,
Parmi ces fleurs évaporantes,

Elle, assume une durée de vie,
Qui la favorise, et lui laisse dérouler sa vie,
Engendrant des boutons,
De les éclore, sans être quand même, aussi résistants que les fleurs de cotons.

La démocratisation de l’orchidée,
Nous permette d’y avoir accès,
De même de nombreux salons sont organisés
Mettant en valeur la beauté de l’orchidée.

A la splendeur de sa parure,
Elle illumine nos dorures,
Et donne un aspect royal,
Par son port primordial.

Orchidées fleurs de rêve,
Au fond de moi je te cherche sans trêve,
Sachant que ta destinée est moins d’être sauvage,
Que de vivre en symbiose dans notre cadre loin de tes rivages.

 

 

 

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