Photos de Josiane

mardi 28 juillet

UHART MIXE 4

LIBERTE


Sur les monts orageux, j'ai bâti ma chaumière
Et près des noirs sapins, j'ai toujours habité
J'y vis comme l'aiglon, tranquille dans son aire
Ici le ciel est bleu : c'est la liberté !

Liberté, liberté chérie
A toi mon cœur, à toi ma vie,
Liberté, liberté chérie
A toi l'aurore et le soir de mes jours.
Ô montagnard, ô montagnard, soit fidèle toujours.

Si partout sous mes pieds, dans la vallée profonde,
Les grands flots menaçants coulent dans la cité ;
Si j'entends sous mes pieds la tempête qui gronde
Ici le ciel est bleu : c'est la liberté !

Liberté, liberté chérie
A toi mon cœur, à toi ma vie,
Liberté, liberté chérie
A toi l'aurore et le soir de mes jours.
Ô montagnard, ô montagnard, soit fidèle toujours.

L'âme plus près de Dieu se trouve ainsi plus forte 
Elle emprunte aux sommets leur sauvage fierté
Et la voix du torrent qu'un dernier souffle emporte
Redit : " Ô montagnard, garde ta liberté ! "



Eths Bandolets

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dimanche 26 juillet

UHART MIXE 3

LE VENT DE LA MONTAGNE


Le vent qui souffle à travers la montagne
Me rendra fou. 
Je veux partir, je veux prendre la porte,
Je veux aller
Là où ce vent n'a plus de feuilles mortes 
À râteler 
Plus haut que l'ombre aux vieilles salles basses
Où le feu roux 
Pour la veillée éclaire des mains lasses 
Sur les genoux ; 
Aller plus haut que le col et l'auberge
Que ces cantons
Où la pastoure à la cape de serge 
Paît ses moutons ; 
Que les sentiers où chargés de deux bannes, 
Sous les fayards, 
Le mulet grimpe au gris des feux de fanes 
Faisant brouillard. 
Ce vent me prend, me pousse par l'épaule,
Me met dehors, 
La tête en l'air, le cœur à la venvole,
Le diable au corps. 
Il faut partir et prendre la campagne 
En loup-garou :
Le vent qui souffle à travers la montagne
M'a rendu fou. 


- Henri Pourrat -

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samedi 25 juillet

HUART MIXTE 2

J'AIME D'UN FOL AMOUR ...

J'aime d'un fol amour les monts fiers et sublimes !
Les plantes n'osent pas poser leurs pieds frileux
Sur le linceul d'argent qui recouvre leurs cimes;
Le soc s'émousserait à leurs pics anguleux.

Ni vigne aux bras lascifs, ni blés dorés, ni seigles;
Rien qui rappelle l'homme et le travail maudit.
Dans leur air libre et pur nagent des essaims d'aigles,
Et l'écho du rocher siffle l'air du bandit.

Ils ne rapportent rien et ne sont pas utiles;
Ils n'ont que leur beauté, je le sais, c'est bien peu;
Mais moi, je les préfère aux champs gras et fertiles,
Qui sont si loin du ciel qu'on n'y voit jamais Dieu !

Théophile Gautier (1811-1872)

 

 

 

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jeudi 23 juillet

HUART MIXE 1

ALTITUDE

Oublier ces longs jours monotones, 
Ces mille soucis futiles où l'on se perd, 
Regagner sa liberté, 
Et partir... 

Se rendre dans la montagne immense, 
Suivre le sentier qui nous attend,
Enfin lever la tête,
Revivre... 

Le murmure des ruisseaux,
L'odeur des pins,
Le silence des champs de pierres,
Gravir ...

Marcher encore, plus haut,
Retrouver son âme,
Dans l'effort et la solitude,
Se taire ...


Jano (sur une inspiration de Daniel Deillac)

 

 

 

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Photos prises pendant les dernières vacances

 

 

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mardi 21 juillet

Fleurs de l'Albizia

 

Joachim du Bellay
(1522-1560)


SONNET

Qui a vu quelque fois un grand chêne asséché,
Qui pour son ornement quelque trophée porte,
Lever encore au ciel sa vieille tête morte,
Dont le pied fermement n'est en terre fiché,

Mais qui dessus le champ plus qu'à demi penché
Montre ses bras tout nus, et sa racine torte,
Et sans feuille ombrageux, de son poids se supporte
Sur un tronc nouailleux en cent lieux ébranché:

Et bien qu'au premier vent il doive sa ruine,
Et maint jeune à l'entour ait ferme la racine,
Du dévot populaire être seul révéré:

Qui tel chêne a pu voir, qu'il imagine encore
Comme entre les cités, qui plus florissent ore,
Ce vieil honneur poudreux est le plus honoré

 

 

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lundi 20 juillet

L'ALBIZIA

 

 

J'étais un arbre en fleur où chantait ma Jeunesse

J'étais un arbre en fleur où chantait ma Jeunesse, 
Jeunesse, oiseau charmant, mais trop vite envolé, 
Et même, avant de fuir du bel arbre effeuillé, 
Il avait tant chanté qu'il se plaignait sans cesse.

Mais sa plainte était douce, et telle en sa tristesse 
Qu'à défaut de témoins et de groupe assemblé, 
Le buisson attentif avec l'écho troublé 
Et le coeur du vieux chêne en pleuraient de tendresse.

Tout se tait, tout est mort ! L'arbre, veuf de chansons, 
Étend ses rameaux nus sous les mornes saisons ; 
Quelque craquement sourd s'entend par intervalle ;

Debout il se dévore, il se ride, il attend,
Jusqu'à l'heure où viendra la Corneille fatale 
Pour le suprême hiver chanter le dernier chant.

 

Charles SAINTE-BEUVE   (1804-1869)

 

 

 

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jeudi 09 juillet

LE POTTOK

Les Chevaux

 

J'avais un cheval fou, j'avais un cheval sage.
De l'un j'aimais la fougue et la vitalité,
De l'autre, la douceur et la sérénité,
Comme d'autres moi-même une fidèle image.

Le cheval fou courait tout le long de la plage,
La vigne et l'olivier fuyant à ses côtés;
L'écume à son poitrail moussait, il rejetait
Ses longs crins dans le vent, comme un rire de page.

Moi je tremblais pour lui, toujours il revenait.
Le cheval sage allait le long des chemins rouges,
Un doux rêve vivait dans son oeil étonné...

Un jour, il a suivi ce songe reconnu
De son long pas si sûr, vers les lointains qui bougent.
Je l'attendis longtemps, il n'est pas revenu.

 

Geneviève De Ternant.

 

 

 

 

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Je mets mon blog en pause car je m'absente une dizaine de jours

 

 

 

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mercredi 08 juillet

LA NIVE

 

La Rivière

Robert DESNOS
Recueil : "Contrée"

D’un bord à l’autre bord j’ai passé la rivière,
Suivant à pied le pont qui la franchit d’un jet

Et mêle dans les eaux son ombre et son reflet
Au fil bleui par le savon des lavandières.

J’ai marché dans le gué qui chante à sa manière.
Étoiles et cailloux sous mes pas le jonchaient.
J’allais vers le gazon, j’allais vers la forêt
Où le vent frissonnait dans sa robe légère.

J’ai nagé. J’ai passé, mieux vêtu par cette eau
Que par ma propre chair et par ma propre peau.
C’était hier. Déjà l’aube et le ciel s’épousent.

Et voici que mes yeux et mon corps sont pesants,
Il fait clair et j’ai soif et je cherche à présent
La fontaine qui chante au cœur d’une pelouse.

 

 

 

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mardi 07 juillet

SOCOA-SAINT JEAN DE LUZ

   

NOIR ET BLANC

 

Il pleure dans la cour de l’école,

Il semble vraiment malheureux.

Une petite quitte la farandole

Et s’en approche peu à peu.

 

Le garçon est assis par terre

Ses jambes sont repliées

Et dans ses mains il serre

Son visage qu’il veut cacher.

 

 

Quand il voit  la fillette,

Il veut  se lever pour partir

Mais ne baisse pas plus la tête

Car elle lui offre son sourire.

 

Pourquoi tu es seul et tu  pleures ?

Le petit murmure entre ses sanglots

Mais, tu ne vois pas ma couleur ?

On m’a dit plein de méchants mots.

 

Je suis blanche, tu es noir !

Ou est la bonne couleur ?

Est-ce le blanc ou bien le noir ?

Il n’y a pas de bonne couleur !

 

Je ne veux plus que tu pleures

Je ne veux plus te voir malheureux

Mes yeux voient avec mon cœur

                                       

Je leur apprendrai si tu veux.

 

Auteur inconnu        

 

 

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dimanche 05 juillet

LAC MARION : BIARRITZ

Au bord du lac

Au bord du lac
J'ai vu le doux le reflet
De la nuit de mes pupilles
Sur la lune et ses étoiles


Un soleil vert se lever
Dans la brume infinie
De la prunelle du monde

Et des cœurs brisés
Bercés par la pluie
Sur le lac consolé

J'ai vu le blanc lacté
D'un brouillard
Me cacher l'avenir

Je me sentais comme un enfant
Refusant de grandir

J'ai vu l'ombre bleue
De la tombée du jour
Recouvrir mes flambeaux

Elle portait en son sein
L'orage et la nuit
Le froid et la tristesse

J'ai cru l'eau sombre et
Hésitant
Je ne me sentais pas prêt
Pour y plonger

J'attendais un jour plus gai

 

Victor DALI

 

 

 

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vendredi 03 juillet

LE MAGNOLIA

 

Magnolia

      
       
      Regarde-le sans rougir
      Il est là pour te séduire,
              Un cadeau pour toi. 

      Quand, bien avant de verdir,
      Monte en lui comme un désir,
              Il gonfle son bois.

     Tous ses rameaux nus se percent,
     Un flot de bourgeons se dressent,
              En boutons de soie.

     Puis s'ouvrent sous la poussée
     Gorgées de sève rosée
              Mille fleurs de joie.

 

 

      Louise Duty

 

 

 

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mercredi 01 juillet

LES COUVREURS

 

 

 

Le ciel est par-dessus le toit

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

 

Paul VERLAINE

 

 

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mardi 30 juin

LEVER DE SOLEIL

 

 

Lentement, le soleil s’éveille

Et s’étire dans le ciel, 

Il répand ses écailles d’or 

Qui se mèlent à la brume.

 

L’ ombre se dissout

De plus en plus floue

Pour fuir cet assaut

De filaments de lumière

De l’astre solaire.

 

Les reflets des rayons fusent

Enflammant tout l’horizon

Sublimant le miroir des cieux.

 

Tapissant une fresque colorée

de rose, de violet surnaturels

Telle une peinture enchantée

De la vie qui nait, bien réelle.

 

Je ne connais pas l'auteur

 

 

 

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C'était le spectacle que j'avais ce matin au lever du jour

 

 

 

 

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samedi 27 juin

LE CANARD

C'EST TOUT UN ART D'ETRE UN CANARD  

C'est tout un art d'être canard 

C'est tout un art 

D'être un canard 

Canard marchant 

Canard nageant 

Canards au vol vont dandinant 

Canards sur l'eau vont naviguant 

Etre canard 

C'est absorbant 

Terre ou étang 

C'est différent 

Canards au sol s'en vont en rang 

Canards sur l'eau s'en vont ramant 

Etre canard 

Ca prend du temps 

C'est tout un art 

C'est amusant 

Canards au sol cancanants 

Canards sur l'eau sont étonnants 

Il faut savoir 

Marcher, nager 

Courir, plonger 

Dans l'abreuvoir. 

Canards le jour sont claironnants 

Canards le soir vont clopinant 

Canards aux champs 

Ou sur l'étang 

C'est tout un art 

D'être canard. 

 

Claude Roy 

 

 

 

 

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Au lac Marion à Biarritz

 

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vendredi 26 juin

LE TROUPEAU DANS LA MONTAGNE

Pasteurs et troupeaux

Le vallon où je vais tous les jours est charmant,
Serein, abandonné, seul sous le firmament,
Plein de ronces en fleurs ; c'est un sourire triste.
Il vous fait oublier que quelque chose existe,
Et, sans le bruit des champs remplis de travailleurs,
On ne saurait plus là si quelqu'un vit ailleurs.
Là, l'ombre fait l'amour ; l'idylle naturelle
Rit ; le bouvreuil avec le verdier s'y querelle,
Et la fauvette y met de travers son bonnet ;
C'est tantôt l'aubépine et tantôt le genêt ;
De noirs granits bourrus, puis des mousses riantes ;
Car Dieu fait un poëme avec des variantes ;
Comme le vieil Homère, il rabâche parfois,
Mais c'est avec les fleurs, les monts, l'onde et les bois !
Une petite mare est là, ridant sa face,
Prenant des airs de flot pour la fourmi qui passe,
Ironie étalée au milieu du gazon,
Qu'ignore l'océan grondant à l'horizon.
J'y rencontre parfois sur la roche hideuse
Un doux être ; quinze ans, yeux bleus, pieds nus, gardeuse
De chèvres, habitant, au fond d'un ravin noir,
Un vieux chaume croulant qui s'étoile le soir ;
Ses soeurs sont au logis et filent leur quenouille ;
Elle essuie aux roseaux ses pieds que l'étang mouille ;
Chèvres, brebis, béliers, paissent ; quand, sombre esprit,
J'apparais, le pauvre ange a peur, et me sourit ;
Et moi, je la salue, elle étant l'innocence.
Ses agneaux, dans le pré plein de fleurs qui l'encense,
Bondissent, et chacun, au soleil s'empourprant, 
Laisse aux buissons, à qui la bise le reprend, 
Un peu de sa toison, comme un flocon d'écume. 
Je passe ; enfant, troupeau, s'effacent dans la brume ; 
Le crépuscule étend sur les longs sillons gris 
Ses ailes de fantôme et de chauve-souris ;
J'entends encore au loin dans la plaine ouvrière 
Chanter derrière moi la douce chevrière, 
Et, là-bas, devant moi, le vieux gardien pensif
De l'écume, du flot, de l'algue, du récif, 
Et des vagues sans trêve et sans fin remuées,
Le pâtre promontoire au chapeau de nuées, 
S'accoude et rêve au bruit de tous les infinis 
Et, dans l'ascension des nuages bénis, 
Regarde se lever la lune triomphale, 
Pendant que l'ombre tremble, et que l'âpre rafale 
Disperse à tous les vents avec son souffle amer 
La laine des moutons sinistres de la mer.

 

Victor GUGO

 

 

 

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mercredi 24 juin

GUETHARY

 

 L'homme et la mer

Poète : Charles Baudelaire (1821-1867)

Homme libre, toujours tu chériras la mer ! 
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme 
Dans le déroulement infini de sa lame, 
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ; 
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur 
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur 
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets : 
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ; 
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes, 
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables 
Que vous vous combattez sans pitié ni remord, 
Tellement vous aimez le carnage et la mort, 
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables 



 

 

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lundi 22 juin

A CAUTERETS

 

Dans la Sierra

J'aime d'un fol amour les monts fiers et sublimes !
Les plantes n'osent pas poser leurs pieds frileux
Sur le linceul d'argent qui recouvre leurs cimes ;
Le soc s'émousserait à leurs pics anguleux.

Ni vigne aux bras lascifs, ni blés dorés, ni seigles ;
Rien qui rappelle l'homme et le travail maudit.
Dans leur air libre et pur nagent des essaims d'aigles,
Et l'écho du rocher siffle l'air du bandit.

Ils ne rapportent rien et ne sont pas utiles ;
Ils n'ont que leur beauté, je le sais, c'est bien peu ;
Mais, moi, je les préfère aux champs gras et fertiles,
Qui sont si loin du ciel qu'on n'y voit jamais Dieu !

 

Théophile Gautier

 

 

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Ces photos ont été prises en 2013

 

 

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dimanche 21 juin

BONNE FÊTE PAPa

POUR MON PÈRE

Mon père aimé, mon père à moi,
Toi qui me fais bondir
Sur tes genoux
Comme un chamois,

Que pourrais-je te dire
Que tu ne sais déjà ?

Il fait si doux
Quand ton sourire
Éclaire tout
sous notre toit.

Je me sens fort, je me sens roi,
Quand je marche à côté de toi.

Maurice CARÊME

 

 

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jeudi 18 juin

SOCOA-SAINT JEAN DE LUZ

Aux bains de mer


Sur la plage élégante au sable de velours
Que frappent, réguliers et calmes, les flots lourds,
Tels que des vers pompeux aux nobles hémistiches,
Les enfants des baigneurs oisifs, les enfants riches,
Qui viennent des hôtels voisins et des chalets,
La jaquette troussée au-dessus des mollets,
Courent, les pieds dans l’eau, jouant avec la lame.
Le rire dans les yeux et le bonheur dans l’âme,
Sains et superbes sous leurs habits étoffés
Et d’un mignon chapeau de matelot coiffés,
Ces beaux enfants gâtés, ainsi qu’on les appelle,
Creusent gaîment, avec une petite pelle,
Dans le fin sable d’or des canaux et des trous;
Et ce même Océan, qui peut dans son courroux
Broyer sur les récifs les grands steamers de cuivre,
Laisse, indulgent aïeul, son flot docile suivre
Le chemin que lui trace un caprice d’enfant.
Ils sont là, l’oeil ravi, les cheveux blonds au vent,

Non loin d’une maman brodant sous son ombrelle,
Et trouvent, à coup sûr, chose bien naturelle,
Que la mer soit si bonne et les amuse ainsi.
- Soudain, d’autres enfants, pieds nus comme ceux-ci,
Et laissant monter l’eau sur leurs jambes bien faites,
Des moussaillons du port, des pêcheurs de crevettes,
Passent, le cou tendu sous le poids des paniers.
Ce sont les fils des gens du peuple, les derniers
Des pauvres, et le sort leur fit rude la vie.
Mais ils vont, sérieux, sans un regard d’envie
Pour ces jolis babys et les plaisirs qu’ils ont.
Comme de courageux petits marins qu’ils sont,
Ils aiment leur métier pénible et salutaire
Et ne jalousent point les heureux de la terre;
Car ils savent combien maternelle est la mer
Et que pour eux aussi souffle le vent amer
Qui rend robuste et belle, en lui baisant la joue,
L’enfance qui travaille et l’enfance qui joue.

François Coppée, Le Cahier Rouge

 

 

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mercredi 17 juin

SOCOA-SAINT JEAN DE LUZ

A l’horizon


J’ai encore souvenance de ces navires,
Voilures chahutées par de fiers aquilons,
Éthers qui enjôlaient l’ivresse de ces sbires ;
Ces marins râblés, l’épiderme macaron.
– J’ai encore souvenance de ces navires…

Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent
Tant de véhémence – Tephillim tympanon
Qu’en finalité létale elles se fendirent
Et délivrèrent aux océans leurs cargaisons.
– Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent…

Les terribles aventures des longs gréements,
Aujourd’hui résonnent fort et comme un airain ;
Fabuleux voyages aux propos captivants
En mon esprit agité – un sang de mutin.
– Les terribles aventures des longs gréements…

Vois ! A l’horizon se profilent les chalands,
Vierges sacrifiées à de pénibles destins.
Aussi on devine dans les nuages blancs
Quelques équipages le mouchoir à la main.
– Lors, à l’horizon se profilent les chalands…

J’ai encore souvenance de ces navires :
Aux tempêtes injurieuses, les nefs subirent
Les terribles aventures des longs gréements ;
Vois ! A l’horizon se profilent les chalands.

Didier Sicchia, La rhétorique de l’ineffable, 2010

 

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