Photos de Josiane

mardi 27 septembre

PERLES DE ROSEE

 La goutte de rosée.

 

— « Petite perle cristalline, 
Tremblante fille du matin, 
Au bout de la feuille de thym 
Que fais-tu là sur la colline ?

« Avant la fleur, avant l'oiseau, 
Avant le réveil de l'aurore, 
Quand le vallon sommeille encore, 
Que fais-tu là sur le coteau ?

— « Ce que je fais sur la colline ? 
Je m'y prépare, avec amour, 
A m'offrir, quand viendra le jour, 
Pure, à sa pureté divine.

« Tu le sais, son rayon n'est beau 
Que pour la goutte transparente 
Voilà pourquoi, persévérante, 
Je l'attends là sur le coteau. »

Du coteau la cime se dore, 
L'oiseau se réveille en son nid, 
Et la fleur s'empresse d'éclore... 
Mais voyez la goutte qui luit !

Du prisme toute la richesse, 
Du soleil toute la splendeur, 
Captives dans sa petitesse, 
Y font éclater leur grandeur.

— « Pour que tant de magnificence 
En ton sein vierge ait éclaté, 
Dis-moi, d'où te vient ta puissance ? » 
— « Ami, c'est de ma pureté. »

Henri-Frédéric Amiel.



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mardi 20 septembre

DES PAYSAGES

A l’intérieur de mon jardin

Parmi le vert
et la floraison
de toutes les plantes les plus belles
je flâne.
Je délibère ici
Je rêve par là.
L’heure s’arrête
ou plutôt s’étend pleinement,
se déplier et s’amplifier.

Ces tournoiements et ondulations soudaines
de brises d’été,
envoient tous les parfums
dans l’air chaud.
Contempler une feuille
ou le motif sur le mur
créés par des branches les plus près.

Ces têtes-là de fleurs dansantes
exposent délicatement
toute leur gloire.

Quelle simplicité à se perdre.
Et quelle aisance à respirer
doucement.
Et quelle aisance
à avoir des pensées profondes.

Chloe Douglas, 1995

 

 

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Je mets mon blog en pause pour quelques jours

 

 

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dimanche 18 septembre

LES VAGUES (2)

 Les vagues

 

Vous êtes la beauté. Vers, la pure Ionie
C'est de vous que naquit Vénus au temps des dieux,
Et vous avez formé son corps victorieux
De votre onde mobile à la lumière unie.

C'est vous, près des vaisseaux, qui faisiez l'harmonie
Des sirènes charmant les Grecs mélodieux,
Et reflétiez l'effroi des grands temples pieux
De Sunium aux bois sacrés de l'Ausonie.

Bien que l'âge ait passé des vieux mythes charmants
Et qu'au sein de vos flots soulevés ou dormants
La raison ait tué la chimère sacrée,

Au fond de votre abîme impénétrable et bleu,
L'âme malgré soi cherche et regarde attirée
Si dans cet autre ciel on ne verrait pas Dieu.

Albert Mérat.

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samedi 17 septembre

LES VAGUES

Rythme des vagues

J’étais assis devant la mer sur le galet.
Sous un ciel clair, les flots d’un azur violet,
Après s’être gonflés en accourant du large,
Comme un homme accablé d’un fardeau s’en décharge,
Se brisaient devant moi, rythmés et successifs.
J’observais ces paquets de mer lourds et massifs
Qui marquaient d’un hourra leurs chutes régulières
Et puis se retiraient en râlant sur les pierres.
Et ce bruit m’enivrait; et, pour écouter mieux,
Je me voilai la face et je fermai les yeux.
Alors, en entendant les lames sur la grève
Bouillonner et courir, et toujours, et sans trêve
S’écrouler en faisant ce fracas cadencé,
Moi, l’humble observateur du rythme, j’ai pensé
Qu’il doit être en effet une chose sacrée,
Puisque Celui qui sait, qui commande et qui crée,

N’a tiré du néant ces moyens musicaux,
Ces falaises aux rocs creusés pour les échos,
Ces sonores cailloux, ces stridents coquillages
Incessamment heurtés et roulés sur les plages
Par la vague, pendant tant de milliers d’hivers,
Que pour que l’Océan nous récitât des vers.

François Coppée, Le Cahier Rouge

 

 

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vendredi 16 septembre

LA MER AGITEE

A mon ami Alfred T.

Alfred de Musset

Dans mes jours de malheur, Alfred, seul entre mille,
Tu m’es resté fidèle où tant d’autres m’ont fui.
Le bonheur m’a prêté plus d’un lien fragile ;
Mais c’est l’adversité qui m’a fait un ami.

C’est ainsi que les fleurs sur les coteaux fertiles
Etalent au soleil leur vulgaire trésor ;
Mais c’est au sein des nuits, sous des rochers stériles,
Que fouille le mineur qui cherche un rayon d’or.

C’est ainsi que les mers calmes et sans orages
Peuvent d’un flot d’azur bercer le voyageur ;
Mais c’est le vent du nord, c’est le vent des naufrages
Qui jette sur la rive une perle au pêcheur.

Maintenant Dieu me garde ! Où vais-je ? Eh ! que m’importe ?
Quels que soient mes destins, je dis comme Byron :
« L’Océan peut gronder, il faudra qu’il me porte. »
Si mon coursier s’abat, j’y mettrai l’éperon.

Mais du moins j’aurai pu, frère, quoi qu’il m’arrive,
De mon cachet de deuil sceller notre amitié,
Et, que demain je meure ou que demain je vive,
Pendant que mon coeur bat, t’en donner la moitié.

 

 

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mercredi 14 septembre

LE PORT D'ANGLET

Matin sur le port

Le soleil, par degrés, de la brume émergeant,
Dore la vieille tour et le haut des mâtures ;
Et, jetant son filet sur les vagues obscures,
Fait scintiller la mer dans ses mailles d’argent.

Voici surgir, touchés par un rayon lointain,
Des portiques de marbre et des architectures ;
Et le vent épicé fait rêver d’aventures
Dans la clarté limpide et fine du matin.

L’étendard déployé sur l’arsenal palpite ;
Et de petits enfants, qu’un jeu frivole excite,
Font sonner en courant les anneaux du vieux mur.

Pendant qu’un beau vaisseau, peint de pourpre et d’azur
Bondissant et léger sur l’écume sonore,
S’en va, tout frissonnant de voiles, dans l’aurore.

Albert SamainLe chariot d’or

 

 

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lundi 12 septembre

Une Rose

La rose

À Madame M….

Quand la rose s’entr’ouvre, heureuse d’être belle,
De son premier regard elle enchante autour d’elle
Et le bosquet natal et les airs et le jour.
Dès l’aube elle sourit. La brise avec amour
Sur le buisson la berce, et sa jeune aile errante
Se charge en là touchant d’une odeur enivrante ;
Confiante, la fleur livre à tous son trésor.
Pour la mieux respirer en passant on s’incline ;
Nous sommes déjà loin, mais la senteur divine
Se répand sur nos pas et nous parfume encor.

Louise Ackermann, Contes et poésies (1863)

 

 

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dimanche 11 septembre

AU BORD DE LA NIVE

 La petite rivière

 

La petite rivière, bleue
Si peu que le ciel ait d'azur,
D'ici fait encore une lieue,
Puis verse au fleuve son flot pur.

Plus grande, elle serait moins douce,
Elle n'aurait pas la lenteur
Qui dans les herbes mène et pousse
Son cours délicat et chanteur.

Elle n'aurait pas de prairies
Plus vertes si près de la main,
Non plus que ces berges fleuries
Où marque à peine le chemin.

Ni le silence si paisible,
Ni parmi les plantes des eaux
L'étroit chenal presque invisible
Entre les joncs et les roseaux.

Et le moulin qui sort des branches
N'aurait pas à bruire ailleurs
Plus d'eau dans ses palettes blanches,
Ni plus de mousses et de fleurs.

La petite rivière est gaie
Ou mélancolique, suivant
Qu'un oiseau chante dans la haie
Ou qu'il pleut et qu'il fait du vent.

Selon l'heure, joyeuse ou triste,
Couleur du soir ou du matin,
Comme une charmeuse elle insiste,
Lorsque l'œil la perd au lointain,

Derrière le saule incolore
Ou le vert des grands peupliers,
A montrer une fois encore
Ses caprices inoubliés.

Albert Mérat.

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samedi 10 septembre

LES JUMEAUX A HANDAYE

Au bord de la mer

Près de la mer, sur un de ces rivages
Où chaque année, avec les doux zéphyrs,
On voit passer les abeilles volages
Qui, bien souvent, n’apportent que soupirs,
Nul ne pouvait résister à leurs charmes,
Nul ne pouvait braver ces yeux vainqueurs
Qui font couler partout beaucoup de larmes
Et qui partout prennent beaucoup de coeurs.
Quelqu’un pourtant se riait de leurs chaînes,
Son seul amour, c’était la liberté,
Il méprisait l’Amour et la Beauté.
Tantôt, debout sur un roc solitaire,
Il se penchait sur les flots écumeux
Et sa pensée, abandonnant la terre
Semblait percer les mystères des cieux.
Tantôt, courant sur l’arène marine,
Il poursuivait les grands oiseaux de mer,
Imaginant sentir dans sa poitrine
La Liberté pénétrer avec l’air.
Et puis le soir, au moment où la lune
Traînait sur l’eau l’ombre des grands rochers,
Il voyait à travers la nuit brune
Deux yeux amis sur sa face attachés.
Quand il passait près des salles de danse,
Qu’il entendait l’orchestre résonner,
Et, sous les pieds qui frappaient en cadence
Quand il sentait la terre frissonner
Il se disait: Que le monde est frivole! »
Qu’avez-vous fait de votre liberté!
Ce n’est pour vous qu’une vaine parole,
Hommes sans coeur, vous êtes sans fierté!
Pourtant un jour, il y porta ses pas
Ce qu’il y vit, je ne le saurais dire
Mais sur les monts il ne retourna pas.

Étretat, 1867

Guy de MaupassantPoésie Diverses

 

 

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jeudi 08 septembre

LE PORT DE SAINT JEAN DE LUZ

Matin sur le port

Le soleil, par degrés, de la brume émergeant,
Dore la vieille tour et le haut des mâtures ;
Et, jetant son filet sur les vagues obscures,
Fait scintiller la mer dans ses mailles d’argent.

Voici surgir, touchés par un rayon lointain,
Des portiques de marbre et des architectures ;
Et le vent épicé fait rêver d’aventures
Dans la clarté limpide et fine du matin.

L’étendard déployé sur l’arsenal palpite ;
Et de petits enfants, qu’un jeu frivole excite,
Font sonner en courant les anneaux du vieux mur.

Pendant qu’un beau vaisseau, peint de pourpre et d’azur
Bondissant et léger sur l’écume sonore,
S’en va, tout frissonnant de voiles, dans l’aurore.

Albert SamainLe chariot d’or

 

 

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Les photos ont été prises avec un grand angle

 

 

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mercredi 07 septembre

 

Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit, 
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume ; 
Au loin, brillante encor par sa barre d'écume, 
La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds c'est la nuit, le silence. Le nid 
Se tait, l'homme est rentré sous le chaume qui fume. 
Seul, l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume, 
A la vaste rumeur de l'Océan s'unit.

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes, 
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines 
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre, 
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre, 
Ferme les branches d'or de son rouge éventail.

 

José-Maria de HEREDIA (1842-1905

 

 

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Photos prisent hier soir à Anglet La Barre

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mardi 06 septembre

LA NATURE

J’aime

J’aime ce grand moment, fluide comme un mirage,
Quand la vive clarté tend à s’évanouir,
Quand le vent mollissant caresse le rivage
Et quand déjà le jour n’est plus qu’un souvenir…

J’aime cette heure ambrée, sublime et solennelle
Où la montagne exhale un arôme de miel,
Où seul le vol léger de quelques hirondelles
Trouble encor le silence et déchire le ciel…

J’aime ce riche instant, cet unique intervalle
De grâce d’espérance et de félicité,
Cette douce harmonie lorsque la mer étale
Reflète du couchant les beaux rayons dorés.

Isabelle Callis-Sabot

 

 

 

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lundi 05 septembre

DES PAYSAGES

Montagne


Il y avait dans la montagne
Un bleu très tendre qui dormait
Il sortit du lit, s'étira
Et pris la forme d'une cloche.

A fleur de roche il s'est ouvert,
Ouvert à fleur de campanule.
Parfois l'abeille s'aventure
Dans cet azure près du battant.

Des sœurs plus jeunes se balancent,
Le bleu du ciel en fait le tour.
-Oh vieux sapins, votre abat-jour
Ne rabattra leur cadence.

Pas plus que le vent ne pourrait
Couper le vol des perdrix blanches,
Flocons nuageux qui se penche
Vers la neige et le sourcelet

Pierre Menanteau.

 

 

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Ces photos aussi ont été prises il y  a deux ans. Mais bientôt je vais recommencer à en faire. Tout doucement je vais pouvoir reprendre les sories. Je vais mieux. Ce n'ast pas encore le top à 100 pour 100 mais je vais beaucoup mieux

 

 

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dimanche 04 septembre

LE PONT

 Le vieux pont

Poète : Auguste Angellier (1848-1911)

Recueil : Le chemin des saisons (1903).

Sur le vieux pont verdi de mousse, 
Et tout rongé de lichens roux, 
Deux amants parlaient à voix douce : 
Et c'était nous !

Lui, penché tendrement vers elle, 
Lui disait l'amour et la foi 
Qu'il portait en son cœur fidèle ; 
Et c'était moi !

Elle semblait, pâle, incertaine, 
Tremblante et pourtant sans effroi, 
Écouter une voix lointaine ; 
Et c'était toi !

Sur le vieux pont toujours le même, 
Deux amants ont pris rendez-vous : 
Il lui dit, elle croit, qu'il l'aime ; 
Ce n'est plus nous !



 

 

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mercredi 31 août

LA MONTAGNE

Balade en montagne

Je goûte au silence du matin,

Dans la courbe tendre du chemin,

La rosée perle de son écrin,
Dans un chaud soleil de juin.

Mon regard pénètre émerveillé,

Au cœur de ce vallon,
Où se dresse en toute beauté,

La cime fière du Bric Berchet.

Je goûte à l'arôme délicat,
Des fleurs qui guident mes pas,
Tandis que se perche du haut des mélèzes,

Une odeur parfumée de sève,
Le chemin enlace la pente,
Se blottit au creux du ravin,
Le torrent dans le lointain chante
Sous une pluie d'éclats cristallins.

Auteur inconnu

 

 

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Photos prisent il y a deux ans

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mardi 30 août

LES PRAIRIES

La prairie

Dans l’immense Prairie, océan sans rivages,

Houles d’herbes qui vont et n’ont pas d’horizons,

Cent rouges cavaliers, sur les mustangs sauvages,

Pourchassent le torrent farouche des bisons.

La plume d’aigle au crâne, et de la face au torse

Striés de vermillon, arc au poing et carquois

Pendu le long des reins par un lien d'écorce,

Ils percent en hurlant les bêtes aux abois.

Sous les traits barbelés qui leur mordent les côtes,

Les taureaux chevelus courent en mugissant,

Et l’aveugle trouée, entre les herbes hautes,

Se mouille de leur bave et des jets de leur sang.

La masse épaisse, aux poils épars, toujours accrue,

Écrasant blessés, morts, chaparals rabougris,

Franchissant les rochers et les cours d’eau, se rue

Parmi les râlements d’agonie et les cris.

Au loin, et derrière eux, mais rivés à leurs traces,

Les loups blancs du désert suivent silencieux,

Avec la langue hors de leurs gueules voraces

Et dardant de désirs la braise de leurs yeux.

Puis tout cela, que rien n’entrave ni n’arrête,

Beuglements, clameurs, loups, cavaliers vagabonds,

Dans l’espace, comme un tourbillon de tempête,

Roule, fuit et s’enfonce et disparaît par bonds.

 

 

 

 

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lundi 29 août

Les cascades

Cascades

Ruisseau,ruisseau, chante gaiement,
Car, dans quelques instants,
Ta douce mélodie,
Se répétera à l'infini,
Comme un murmure dans les mares,
Un écho dans la nuit.

Les rivières ont des cheveux d'argent,
Qui tombent épars sur leur dos de pierre.

Torrent, torrent, dégringole vivement,
Des montagnes aux sommets d'argent,
Pour tomber avec fracas,
Dans un éclair d'incarnat,
Au soleil couchant;
Au fond des vallées qui s'endorment paisiblement.

Les rivières ont des cheveux d'argent,
Qui tombent épars sur leur dos de pierre.

L'hivers a passé là,
Le chant des cascades n'est plus,
Qu'un faible murmure au fond des bois.
A la place de cheveux d'argent,
Scintillent des cheveux de cristal;
Sous lequels, un faible filet d'eau,
Coule, en chantant tristement
La venue du printemps.

Les rivières ont des cheveux d'argent,
Qui tombent épars sur leur dos de pierre.

Rivière,rivière,qui court lentement,
Dans la plaine battue par les vents.
Entends-tu le plainif chant des mouettes?
C'est la mer qui approche.
La mer aux eaux turquoises,
Dans laquelle tu te jettes
En aval, avec un bruit de cymbales.
Comme un feu d'artifice,
Dans un morceau de ciel.

Les rivières ont des cheveux d'argent,
Qui scintillent au soleil couchant.

 

 

IL N'Y AVAIT PAS DE NOM D'AUTEUR

 

Photos prises en 2014

 

 

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dimanche 28 août

LEVER DU SOLEIL

Un lever de soleil   (Alphonse Lamartine)

 

L'Orient jaillit comme un fleuve, 
La lumière coule à long flot, 
La terre lui sourit et le ciel s'en abreuve 
Et de ces cieux vieillis, l'aube sort aussi neuve 
Que l'aurore du jour, qui sortit du Très Haut. 

 
Et des pleurs de la nuit, le sillon boit la pluie, 
Et les lèvres de fleurs distillent leur encens, 
Et d'un sein plus léger l'homme aspire à la vie 
Quand un esprit divin vient englober ses sens.
 

 
Notre terre éblouie du rayon qui la dore, 
Nage plus mollement dans l'élastique éther, 
Comme un léger nuage enlevé par l'aurore 
Plane avec majesté sur les vagues de l'air. 

 
Les pointes des forêts que les brises agitent, 
Bercent l'ombre et la fraîcheur pour le choeur des oiseaux ; 
Et le souffle léger des ondes pures qui palpitent 
Parfume en s'exhalant le lit voilé des eaux. 

 
Celui qui sait d'où vient l'aurore qui se lève, 
Ouvre ses yeux noyés d'allégresse et d'amour, 
Il reprend son fardeau que la vertu soulève 
S'élance, et dit " Marchons à la clarté du jour ! "

(Harmonies poétique)

 

 

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Ces photos ont été prises il y a quelques jours de ma fenêtre.

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samedi 27 août

LA NATURE

A Jacques

Durant les longs étés, quand la terre altérée
Semble se soulever, blanchie et déchirée,
Pour chercher vainement un souffle de fraîcheur
Qui soulage en passant son inquiète ardeur;
Quand la moisson jaunie, éparse, échevelée,
Se penche tristement sur sa tige brûlée,
Qu’il est doux, sur ces champs tout à coup suspendu,
De voir poindre et grandir le nuage attendu !
Qu’il est doux, sous les flots de sa tiède rosée
De voir se ranimer la nature embrasée,
Et de sentir la vie, arrêtée un moment,
Rentrer dans chaque feuille avec frémissement !
Dans ces vallons étroits, profonds, et solitaires,
Où plonge un jour douteux pesant, plein de mystères ;
Où l’ombre des sapins couvre les champs pâlis,
Loin de l’air et du ciel terrains ensevelis;
Qu’il est doux, au milieu de la sombre journée,
De voir éclore enfin une heure fortunée,
De voir l’astre de feu, que le mont veut cacher,
S’élevant glorieux, dominer le rocher !
Ouvrant sa gerbe d’or sur ce côté du monde,
De ses jets lumineux il l’échauffé et l’inonde,
Et l’aride vallon, semé de mille fleurs,
Resplendira bientôt de divines couleurs!

Ondine Valmore, 1851, Cahiers (Gallica)

 

 

 

Capture

 

Fleurs en mai

 

Fleurs en mai

 

Merci ma chère Rose

 

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mercredi 24 août

LE TORRENT

La rivière et le torrent

Une rivière aux fertiles rivages
Roulait ses flots d’azur à travers des vallons
Qu’embellissaient d’abondantes moissons,
Et des prés verdoyants, et de riants bocages.

Un torrent, qui comptait au rang de ses vassaux,
Enfant impétueux des montagnes voisines,
Se plaignait que l’été vint tarir ses canaux,
Dessécher ses tristes collines ;
Et, languissant sur son lit de cailloux,
Du fond de ses mares fétides
Jetait sur la rivière et sur ses ondes limpides
Un œil d’envie et de courroux ;

Quand soudain sur les monts éclate une tempête.
Etincelant d’éclairs, ballotté par les vents,
Un immense nuage a crevé sur leur crête,
Et la pluie à grands flots s’épanche de ses flancs.
Mille et mille ruisseaux qu’elle alimente et creuse,
Dans le lit du torrent à pleins bords inondé,
Roulent leur onde limoneuse.
Dans les champs ravagés lui-même a débordé ;
Et dans sa course déréglée
Emportant moissons et troupeaux,
Souillant de son limon la rivière troublée,
Dans la campagne désolée,
La pousse, la refoule, et disperse ses eaux,
« Arrière ! criait-il d’une voix menaçante ;
« Je suis plus fort et plus puissant que toi.
« Tu me dédaignais, imprudente ;
« Te voilà soumise à ma loi. »

Mais la tourmente cesse, et, dissipant la nue,
Le soleil rend aux cieux leur calme et leur beauté.
La rivière, en son lit par degrés revenue,
Avec son cours reprend sa pureté.
« Qu’as-tu gagné dans cet orage ? »
Dit-elle au torrent apaisé.
« Sur tes bords, sur les miens, tu portas le ravage ;
« Te voilà, comme avant, triste, pauvre, épuisé.
« J’ai sans doute mes jours d’erreur et de colère ;
« Mais aux champs désolés par mes débordements,
« Je prête de mes eaux la fraîcheur salutaire,
« Et leur rends leur richesse et leurs enchantements,
« Tandis que tes débordements
« Ne laissent après eux que terreur et misère. »

De deux états divers ma fable est le tableau.
Le fracas des torrents et leur fougue sauvage
Offrent de loin un spectacle assez beau
A qui n’est pas sur leur passage.
Un cours plus régulier convient mieux à mes goûts ;
Mais en quelque pays que nous dressions nos tentes,
Dieu les préserve, comme nous,
Des gens qui, pour grandir, ont besoin de tourmentes !

Fables, Livre I, Fable XII, Paris, 1845

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