Photos de Josiane

mardi 21 octobre

VISITE DE L'HERMIONE - 1

 

 

Le lendemain de son arrivée, je suis venue le visiter

 

 

 

Le beau navire

Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l'enfance s'allie à la maturité.

Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large,
Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ;
D'un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l'enfance s'allie à la maturité.

Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire,
Ta gorge triomphante est une belle armoire
Dont les panneaux bombés et clairs
Comme les boucliers accrochent des éclairs,

Boucliers provoquants, armés de pointes roses !
Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses,
De vins, de parfums, de liqueurs
Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs !

Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large,
Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent,
Tourmentent les désirs obscurs et les agacent,
Comme deux sorcières qui font
Tourner un philtre noir dans un vase profond.

Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules,
Sont des boas luisants les solides émules,
Faits pour serrer obstinément,
Comme pour l'imprimer dans ton coeur, ton amant.

Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ;
D'un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

Charles BAUDELAIRE (1821-1867

 

 

IMG_6508

 

IMG_6509

 

IMG_6510

 

IMG_6513

 

IMG_6516

 

IMG_6518

 

IMG_6520

Posté par Josiane64 à 16:41 - Commentaires [9] - Permalien [#]


lundi 20 octobre

ARRIVEE DE L'HERMIONE

 

L’appel du large


 

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

 

 

IMG_6477

 

IMG_6478

 

IMG_6479

 

IMG_6480

 

IMG_6481

 

 

IMG_6482

 

IMG_6483

 

IMG_6487

Posté par Josiane64 à 11:11 - Commentaires [15] - Permalien [#]

samedi 18 octobre

ARRIVEE DE L'HERMIONE

Avant l'arrivée de l'Hermionne les préparations : lever le pont Chaban Delmas et les bâteaux d'accueil arrivent

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage


Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

Joachim Du Bellay

1

 

2

 

3

 

4

 

5

 

6

 

7

 

9

 

10

Posté par Josiane64 à 15:40 - Commentaires [18] - Permalien [#]

vendredi 03 octobre

EN PAUSE

Mes amis  

Peu de choses me sont plus chers que mes amis.
Avec qui je vivrai jusqu'à ma mort. 
Que serai-je sans mes amis ? 
Sans mes amis quel sera mon sort ? 
Sans mes amis, je serais perdu. 
Sans mes amis, je perdrais une partie du bonheur. 
Sans mes amis, je perdrais le quart de tout ce qui m'est dû.
Sans mes amis, je vivrais une partie du malheur. 
L'amitié est une chose comme très peu de choses.
L'amitié est une chose comme beaucoup de choses.
Une qualité qu'on cultive autant que la solidarité.
Qui forme la société. 

Avec mes amis, je vivrai une étape du bonheur. 

Sans mes amis, je vivrai une partie du malheur. 
Perdre ses amis est inacceptable.
Vraiment inacceptable.

Poêsie trouvée

090607022516401123820187

 

090607022517401123820188

 

090607022517401123820190

 

090607022517401123820191

 

090607022517401123820192

 

 

Je mets mon blog en pause car demain j'ai un repas de quartier et dimanche je prends le train pour passer deux semaines à

Bordeaux chez ma soeur. A bientôt. Je vous embrasse

Posté par Josiane64 à 18:29 - Commentaires [27] - Permalien [#]

jeudi 02 octobre

LE PAON

En faisant la roue, cet oiseau,
Dont le pennage traîne à terre,
Apparaît encore plus beau,
Mais se découvre le derrière.

 

Guillaume Apollinaire
Le Bestiaire ou cortège d'Orphée

 

 

 

27494620_p

 

27495031_p

 

 

27495066_p

 

27495206_p

 

27495371_p

Posté par Josiane64 à 18:44 - Commentaires [18] - Permalien [#]



lundi 29 septembre

RECOLTE DE MAÏS

Les récoltes

Sitôt que le soleil dans le matin luisait, 
Comme un éclat vermeil sur un saphir immense, 
Que dans l'air les oiseaux détaillaient leur romance, 
Lu ferme tout entière au travail surgissait.


Un va-et-vient, mêlé d'appels hâtifs bruissait, 
Et les bêtes de cour, en farfouille, en démence, 
Courant, sautant, volant, mêlaient d'accoutumance, 
Leurs cris et leur folie à ce bruit qui haussait.

Et dès l'aube, on partait ensemble au long des haies, 
Sarcler des champs de lin, entourés de saulaies, 
Couper, tasser, rentrer le foin par chariots.

Là-haut, chantaient pinsons, tarins et loriots, 
Les plaines embaumaient au loin ; et gars et gouges 
Tachaient les carrés verts de camisoles rouges.

 

Emile VERHAEREN (1855 - 1916)

 

IMG_6397

 

IMG_6398

 

IMG_6400

 

IMG_6401

 

IMG_6404

 

IMG_6405

 

 

Posté par Josiane64 à 15:14 - Commentaires [33] - Permalien [#]

dimanche 28 septembre

BIARRITZ

Au bord de la mer

La lune de ses mains distraites 
A laissé choir, du haut de l'air, 
Son grand éventail à paillettes 
Sur le bleu tapis de la mer.

Pour le ravoir elle se penche 
Et tend son beau bras argenté ; 
Mais l'éventail fuit sa main blanche, 
Par le flot qui passe emporté.

Au gouffre amer pour te le rendre, 
Lune, j'irais bien me jeter, 
Si tu voulais du ciel descendre, 
Au ciel si je pouvais monter !

 

Théophile GAUTIER  (1811 - 1872)

 

IMG_6241

 

IMG_6243

 

IMG_6252

 

IMG_6258

 

IMG_6259

 

 

Posté par Josiane64 à 18:36 - Commentaires [19] - Permalien [#]

vendredi 26 septembre

NOTRE AMI JACQUES

UN AMI SINCÈRE

Un ami sincère
Peut faire naître un sourire
Quand nous sommes abattus
Et que rien ne va plus.

Un ami sincère
Peut comprendre nos épreuves
Et, d'une simple poignée de main,
Nous remettre en chemin.

Un ami sincère
Est fait pour partager
Nos rêves les plus secrets
Tout en demeurant discret.

Un ami sincère
Vaut plus que de l'or,
Car, au fond de son coeur,
Il ne veut que notre bonheur.

(Auteur inconnu)

 

 

86583219_o

 

88865123_o

 

88865171_o

 

IMG_6020

 

jai-essaye-de-faire-une-macro-avec-une-fleur-8eb58bd9-fdd6-438c-ad2b-7f8c07a2fbf0

 

petites-fleurs-printanieres-2c3f953b-9090-46c1-897b-d0d81a248c96

 

un-nenuphare-dans-le-bassin-chez-ma-soeur-24d8f4de-411b-4425-886a-90abcf9e82dc

 

A notre Ami Jacques qui est toujours dans nos pensées et dans nos coeurs. Je pense beaucouo à sa femme nicole. Je ne la connais pas mais je comprends beaucoup le poids de la solitude

 

Posté par Josiane64 à 05:00 - Commentaires [22] - Permalien [#]

mardi 23 septembre

LA MER

   

 

L'homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur 
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867)

 

 

 

 

 

DSC00853

 

 

 

DSC00855

 

DSC00857

 

 

 

DSC00849

 

DSC00850

 

DSC00852

 

Ce sont des photos de mon fils

Posté par Josiane64 à 20:28 - Commentaires [25] - Permalien [#]

lundi 22 septembre

AU BORD DE LA NIVE-3

Dame nature

Dessine des formes pures
Dame nature
L’espace, notre futur en plein ciel
Esquisse sans supplice
Haute en couleur d’harmonie
Elle a l’âme d’une artiste
Dame nature

Et elle court – court sur sa route
Et elle court – court oublie tous ses doutes
Princesse de l’univers
Voyage autour de la terre
La puissance de l’azur
Dame nature

Ecris notre future
Dame nature
Nos horizons se fondent en plein ciel
Dessines nos projets
L'écran de nos idées
Ce pourquoi je suis né
Dame nature

Et elle court – court – Plus de doutes
Et elle court – court – décides de ma route
Tu chasses le naturel et elle revient au galop
Pour mieux te connaître
C'est ta nature

Tu berces les océans
Dame nature
Depuis la nuit des temps
Vogue éternelle
Faut-il que l’homme s’ennuie
Pour passer ainsi sa vie
A vouloir te détruire
Dame nature

Et elle court – court
Décide de ma route
Et elle court – court
Oublie tous mes doutes
Princesse de l’univers
Un voyage à mettre au vert
Programme notre existence
Dame nature

 

Alain GUERIN

 

IMG_6203

 

IMG_6205

 

IMG_6207

 

IMG_6209

 

 

Posté par Josiane64 à 16:22 - Commentaires [16] - Permalien [#]

dimanche 21 septembre

AU BORD DE LA NIVE

 

 

La rivière du Cousin

Jouant d'ombre et de lumière
Aux reflets de sa gaieté,
Ainsi passe la rivière.

 

De sa course est-elle fière
Pour embaumer tout l'été,
Jouant d'ombre et de lumière.

 

Aux frimas, sage ouvrière,
En festonnant sa beauté,
Ainsi passe la rivière.

 

Dans son lit, primesautière,
Ma douce enfance a chanté,
Jouant d'ombre et de lumière.

 

Comme une foi coutumière
Elle offrait sa pureté,
Ainsi passe la rivière.

 

L'heure toujours familière
Filait vers l'éternité,
Jouant d'ombre et de lumière.

 

Mais pris d'un songe de pierre
Le flot a tout emporté,
Jouant d'ombre et de lumière
Ainsi passe la rivière.

 

Poème Jean-Marc EULBRY

 

 

IMG_6197

 

IMG_6198

 

IMG_6200

 

IMG_6201

 

 

IMG_6202

 

Posté par Josiane64 à 16:51 - Commentaires [10] - Permalien [#]

samedi 20 septembre

AU BORD DE LA NIVE

Les Arbres


Dans l’azur de l’avril, dans le gris de l’automne,
Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.
Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,
Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.

Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne,
Son feuillage murmure et frémit en rêvant,
Et s’incline, amoureux des roses du Levant.
Le tremble porte au front une pâle couronne.

Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,
S’effile le bouleau dont l’ivoire changeant
Projette des pâleurs aux ombres incertaines.

Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,
Et des acacias aux verdures lointaines
Tombe divinement la neige des parfums.

Renée Vivien, Cendres et Poussières, 1902

 

 

 

IMG_6192

 

IMG_6193

 

IMG_6195

 

IMG_6196

 

 

Posté par Josiane64 à 15:46 - Commentaires [10] - Permalien [#]

vendredi 19 septembre

LA NATURE

A  AURORE

 

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand

 

 

IMG_6182

 

IMG_6184

 

IMG_6190

 

IMG_6191

 

Photos prisent cet après midi au bord de al Nive

 

Posté par Josiane64 à 17:00 - Commentaires [21] - Permalien [#]

mercredi 17 septembre

LE CIEL HIER SOIR

 

Le ciel est par-dessus le toit

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

Paul VERLAINE  (1844-1896)

 

 

IMG_6143

 

IMG_6148

 

IMG_6151

 

IMG_6152

 

IMG_6156

 

 

Posté par Josiane64 à 16:25 - Commentaires [26] - Permalien [#]

lundi 15 septembre

LE CIEL HIER SOIR

 

Ciel brouillé

On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
Alternativement tendre, rêveur, cruel,
Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.

Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,
Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,
Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.

Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...
Comme tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !

Ô femme dangereuse, ô séduisants climats !
Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,
Et saurai-je tirer de l'implacable hiver
Des plaisirs plus aigus que la glace et le fer ?

 

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867)

 

 

 

IMG_6115

 

 

IMG_6116

 

IMG_6117

 

IMG_6118

 

IMG_6119

Posté par Josiane64 à 08:36 - Commentaires [27] - Permalien [#]

samedi 13 septembre

Clair de Lune


On tangue on tangue sur le bateau
La lune la lune fait des cercles dans l’eau
Dans le ciel c’est le mât qui fait des cercles
Et désigne toutes les étoiles du doigt
Une jeune Argentine accoudée au bastingage
Rêve à Paris en contemplant les phares qui dessinent
la côte de France
Rêve à Paris qu’elle ne connaît qu’à peine et qu’elle
regrette déjà
Ces feux tournants fixes doubles colorés à éclipses lui
rappellent ceux qu’elle voyait de sa fenêtre d’hôtel sur
les Boulevards et lui promettent un prompt retour
Elle rêve de revenir bientôt en France et d’habiter Paris
Le bruit de ma machine à écrire l’empêche de mener son
rêve jusqu’au bout.
Ma belle machine à écrire qui sonne au bout de chaque
ligne et qui est aussi rapide qu’un jazz
Ma belle machine à écrire qui m’empêche de rêver à
bâbord comme à tribord
Et qui me fait suivre jusqu’au bout une idée
Mon idée

Blaise Cendrars

 

 

 

95811808_o

 

 

86011742_o

 

86011887_o

 

86012072_o

 

95811683_o

 

 C'est photos sont de 2007

Posté par Josiane64 à 16:01 - Commentaires [22] - Permalien [#]

mercredi 10 septembre

LES EGLISES

 

L'église

Simone, je veux bien. Les bruits du soir
Sont doux comme un cantique chanté par des enfants.
L'église obscure ressemble à un vieux manoir ;
Les roses ont une odeur grave d'amour et d'encens.

Je veux bien, nous irons lentement et bien sages, 
Salués par les gens qui reviennent des foins ;
J'ouvrirai la barrière d'avance à ton passage, 
Et le chien nous suivra longtemps d'un œil chagrin.

Pendant que tu prieras, je songerai aux hommes
Qui ont bâti ces murailles, le clocher, la tour, 
La lourde nef pareille à une bête de somme
Chargée du poids de nos péchés de tous les jours ;

Aux hommes qui ont taillé les pierres du portail
Et qui ont mis sous le porche un grand bénitier ;
Aux hommes qui ont peint des rois sur le vitrail
Et un petit enfant qui dort chez un fermier.

Je songerai aux hommes qui ont forgé la croix, 
Le coq, les gonds et les ferrures de la porte ;
À ceux qui ont sculpté la belle sainte en bois
Qui est représentée les mains jointes et morte.

Je songerai à ceux qui ont fondu le bronze
Des cloches où l'on jetait un petit agneau d'or, 
A ceux qui ont creusé, en l'an mil deux cent onze, 
Le caveau où repose saint Roch, comme un trésor ;

À ceux qui ont tissé la tunique de lin
Pendue sous un rideau à gauche de l'autel ;
À ceux qui ont chanté au livre du lutrin ;
À ceux qui ont doré les fermoirs du missel.

Je songerai aux mains qui ont touché l'hostie, 
Aux mains qui ont béni et qui ont baptisé ;
Je songerai aux bagues, aux cierges, aux agonies ;
Je songerai aux yeux des femmes qui ont pleuré.

Je songerai aussi aux morts du cimetière, 
A ceux qui ne sont plus que de l'herbe et des fleurs, 
À ceux dont les noms se lisent encore sur les pierres, 
À la croix qui les garde jusqu'à la dernière heure.

Quand nous reviendrons, Simone, il sera nuit close ;
Nous aurons l'air de fantômes sous les sapins, 
Nous penserons à Dieu, à nous, à bien des choses, 
Au chien qui nous attend, aux roses du jardin.

Remy de Gourmont (poème dédié à Francis Jammes), Simone, 1897.

 

86068647_o

Eglise de Bidaray

 

86726870_o

L'intérieur d'un église basque avec ses galeries

 

87332582_o

Eglise d'Espelette

 

Cambo

Eglise de Cambo

 

Cambo 3

L'intérieur de l'église de Cambo

 

Jatxou

Eglise de Jatxou

 

45275775

 

Eglise de Banca village natal de mon mari et où je me suis mariée en 1978

 

leglise-de-banca-linterieur-typique-du-pays-basque-e7a98a1c-19de-4613-ba2d-163ded846d6b

L'intérieur de cette église

 

 

Posté par Josiane64 à 17:32 - Commentaires [30] - Permalien [#]

mardi 09 septembre

LE MONT URSUYA

Promenade nocturne.

La rosée arrondie en perles 
Scintille aux pointes du gazon ; 
Les chardonnerets et les merles 
Chantent à l'envi leur chanson ;

Les fleurs de leurs paillettes blanches 
Brodent le bord vert du chemin ; 
Un vent léger courbe les branches 
Du chèvrefeuille et du jasmin ;

Et la lune, vaisseau d'agate, 
Sur les vagues des rochers bleus 
S'avance comme la frégate 
Au dos de l'Océan houleux.

Jamais la nuit de plus d'étoiles 
N'a semé son manteau d'azur, 
Ni, du doigt entr'ouvrant ses voiles, 
Mieux fait voir Dieu dans le ciel pur.

Prends mon bras, ô ma bien-aimée, 
Et nous irons, à deux, jouir 
De la solitude embaumée, 
Et, couchés sur la mousse, ouïr

Ce que tout bas, dans la ravine 
Où brillent ses moites réseaux, 
En babillant, l'eau qui chemine 
Conte à l'oreille des roseaux.



Théophile Gautier.

87691690_o

 

87691789_o

 

87691830_o

 

87691923_o

 

87691989_o

 

94205768_o

 

94205918_o

 

Posté par Josiane64 à 19:15 - Commentaires [18] - Permalien [#]

lundi 08 septembre

PETITES FLEURS

Le parterre de fleurs
 
Viens lentement t’asseoir
Près du parterre dont le soir
Ferme les fleurs de tranquille lumière
Laisse filtrer la grande nuit en toi :
Nous sommes trop heureux pour que sa mer d’effroi
Trouble notre prière.
Là-haut, le pur cristal des étoiles s’éclaire :
Voici le firmament plus net et translucide
Qu’un étang bleu ou qu’un vitrail d’abside ;
Et puis voici le ciel qui regarde à travers.
Les mille voix de l’énorme mystère
Parlent autour de toi,
Les mille lois de la nature entière
Bougent autour de toi
Les arcs d’argent de l’invisible
Prennent ton âme et sa ferveur pour cible.
Mais tu n’as peur, oh ! simple coeur,
Mais tu n’as peur, puisque ta foi
Est que toute la terre collabore
A cet amour que fit éclore
La vie et son mystère en toi.
Joins donc les mains tranquillement
Et doucement adore ;
Un grand conseil de pureté
Flotte, comme une étrange aurore,
Sous les minuits du firmament.
 
Emile Verhaeren

 

 

85760719_o

 

85761053_o

 

85978693_o

 

89871449_o

 

 

 

Posté par Josiane64 à 20:58 - Commentaires [19] - Permalien [#]

vendredi 05 septembre

LE COL GAMIA

 

 

 

Montagne

Il y avait dans la montagne
Un bleu très tendre qui dormait
Il sortit du lit, s'étira
Et pris la forme d'une cloche.

A fleur de roche il s'est ouvert,
Ouvert à fleur de campanule.
Parfois l'abeille s'aventure
Dans cet azure près du battant.

Des sœurs plus jeunes se balancent,
Le bleu du ciel en fait le tour.
-Oh vieux sapins, votre abat-jour
Ne rabattra leur cadence.

Pas plus que le vent ne pourrait
Couper le vol des perdrix blanches,
Flocons nuageux qui se penche
Vers la neige et le sourcelet

Pierre Menanteau.

 

 

IMG_0001

 

IMG_0004

 

IMG_0007

 

IMG_0009

 

IMG_0012

 

Je voulais vous mettre des précisions, mais ils ne parlent que de l'hotel restaurant qui se trouve sur ce site

 

 

Posté par Josiane64 à 17:33 - Commentaires [27] - Permalien [#]



Fin »