Photos de Josiane

samedi 22 novembre

L'AUTOMNE

L’automne


Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire,
J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d’attraits,
C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d’un regard d’envie
Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui !

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu ? …

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu’elle expire,
S’exhale comme un son triste et mélodieux.

Alphonse de LamartineMéditations poétiques

 

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Ma promenade sur le chemin de halage au bord de la Nive

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vendredi 21 novembre

LE CIEL

Soleils couchants

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées; 
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ; 
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ; 
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule 
Sur la face des mers, sur la face des monts, 
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule 
Comme un hymne confus des morts que nous aimons. 

Et la face des eaux, et le front des montagnes, 
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts 
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes 
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers. 

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête, 
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux, 
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête, 
Sans que rien manque au monde immense et radieux ! 

Victor Hugo, Les Feuilles d'Automne

 

 

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jeudi 20 novembre

AYDIUS 3

PETIT VILLAGE  

Petit village au bord des bois,

Petit village au bord des plaines,

Parmi les pommiers, non loin des grands chênes,

Lorsque j'aperçois

Le coq et la croix

De ton clocher d'ardoises grises,

De ton clocher fin,

A travers ormes et sapins,

D'étranges musiques me grisent ;

Je vois des yeux dans le soir étoilé :

Là je suis né...

 

Petit village au bord des champs,

Petit village entre les haies,

Tour à tour paré de fleurs et de baies,

Lorsque les doux chants

De ton frais printemps,

Quand l'odeur de tes violettes,

De tes blancs muguets

Pénètrent mon cœur inquiet,

J'oublie et tumulte et tempêtes ;

J'entends des voix dans le soir parfumé :

Là j'ai aimé...

 

Petit village aux courtils verts,

Petit village de silence,

Où la cloche sonne un vieil air de France,

J'aime les éclairs

De tes cieux couverts,

Ton soleil fin entre les arbres,

Les feux de tes nuits,

L'oeil fixe et profond de tes puits,

Ton doux cimetière sans marbres,

Plein d'oiseaux fous et luisant comme pré :

Là je viendrai...

 

Philéas Lebesgue

 

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mardi 18 novembre

AYDIUS 2

 

Paysage

Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers, écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde ;
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d'éternité.

Il est doux, à travers les brumes, de voir naître
L'étoile dans l'azur, la lampe à la fenêtre,
Les fleuves de charbon monter au firmament
Et la lune verser son pâle enchantement.
Je verrai les printemps, les étés, les automnes ;
Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Alors je rêverai des horizons bleuâtres,
Des jardins, des jets d'eau pleurant dans les albâtres,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,
Et tout ce que l'Idylle a de plus enfantin.
L'Émeute, tempêtant vainement à ma vitre,
Ne fera pas lever mon front de mon pupitre ;
Car je serai plongé dans cette volupté
D'évoquer le Printemps avec ma volonté,
De tirer un soleil de mon coeur, et de faire
De mes pensers brûlants une tiède atmosphère. 

 

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867)

 

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lundi 17 novembre

AYDIUS

 

Un village


Des murs crépis, de pauvres toits,
Un pont, un chemin de halage,
Et le moulin qui fait sa croix
De haut en bas, sur le village.

Les appentis et les maisons
S’échouent, ainsi que choses mortes.
Le filet dort : et les poissons
Sèchent, pendus au seuil des portes.

Un chien sursaute en longs abois ;
Des cris passent, lourds et funèbres ;
Le menuisier coupe son bois,
Presque à tâtons, dans les ténèbres.

Tous les métiers à bruit discord
Se sont lassés l’un après l’autre
Derrière un mur, marmonne encor
Un dernier bruit de patenôtres.

Une pauvresse aux longues mains,
Du bout de son bâton tâtonne
De seuil en seuil, par les chemins ;
Le soir se fait et c’est l’automne.

Et puis viendra l’hiver osseux,
Le maigre hiver expiatoire,
Où les gens sont plus malchanceux
Que les âmes en purgatoire.

Emile VerhaerenToute la Flandre

 

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Aydius est un petit village du sud ouest de la France. Le village est situé dans le département des Pyrénées-Atlantiques en région Aquitaine. Le village d'Aydius appartient à l'arrondissement d'Oloron-Sainte-Marie et au canton d'Accous. Le code postal du village d'Aydius est le 64490 et son code Insee est le 64085. 


En savoir plus: http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/64085_Aydius.html#ixzz3JLO7vur8
 

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dimanche 16 novembre

PROMNADE AUTOUR DU GÎTE

 

 

 

 

Les Arbres


Dans l’azur de l’avril, dans le gris de l’automne,
Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.
Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,
Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.

Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne,
Son feuillage murmure et frémit en rêvant,
Et s’incline, amoureux des roses du Levant.
Le tremble porte au front une pâle couronne.

Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,
S’effile le bouleau dont l’ivoire changeant
Projette des pâleurs aux ombres incertaines.

Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,
Et des acacias aux verdures lointaines
Tombe divinement la neige des parfums.

Renée Vivien, Cendres et Poussières, 1902

 

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samedi 15 novembre

PROMENADE AUTOUR DU GÏTE A LOURDIOS

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Balade en montagne

Je goûte au silence du matin,
Dans la courbe tendre du chemin,
La rosée perle de son écrin, 
Dans un chaud soleil de juin.

Mon regard pénètre émerveillé,
Au coeur de ce vallon,
Où se dresse en toute beauté,
La cime fière du Bric Berchet.

Je goûte à l'arôme délicat,
Des fleurs qui guide mes pas,
Tandis que se perche du haut des mélèzes,
Une odeur parfumée de sève,
Le chemins enlace la pente,
Se blottit au creux du ravin,
Le torrent dans le lointain chante
Sous une pluie d'éclats cristallins

Auteur inconnu

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vendredi 14 novembre

EN AUTOMNE

L’Automne


Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil,
Embrase le coteau vermeil
Que la vigne pare et festonne.

Père, tu rempliras la tonne
Qui nous verse le doux sommeil ;
Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil.

Déjà la Nymphe qui s’étonne,
Blanche de la nuque à l’orteil,
Rit aux chants ivres de soleil
Que le gai vendangeur entonne.
Sois le bienvenu, rouge Automne.

Théodore de Banville

 

 

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jeudi 13 novembre

L'AUTOMNE

L’automne


Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire,
J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d’attraits,
C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d’un regard d’envie
Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui !

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu ? …

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu’elle expire,
S’exhale comme un son triste et mélodieux.

Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques

 

 

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mercredi 12 novembre

SUR LES BORDS DE LA NIVE

Chanson d’automne


À Charles Henry

Sur le gazon déverdi, passent - comme un troupeau d’oiseaux chimériques - les feuilles pourprées, les feuilles d’or.
Emportés par le vent qui les fait tourbillonner éperdûment. -
Sur le gazon déverdi, passent les feuilles pourprées, les feuilles d’or. -

Elles se sont parées - les tristes mortes - avec une suprême et navrante coquetterie,
Elles se sont parées avec des tons de corail, avec des tons de roses, avec des tons de lèvres ;
Elles se sont parées avec des tons d’ambre et de topaze.

Emportées par le vent qui les fait tourbillonner éperdûment,
Elles passent avec un bruit chuchoteur et plein de souvenirs.
Les platanes tendent leurs longs bras vers le soleil disparu.

Le ciel morose pleure et regrette les chansons des rossignols ;
Le ciel morose pleure et regrette les féeries des rosiers et les fiançailles des papillons ;
Le ciel morose pleure et regrette toutes les splendeurs saccagées.

Tandis que le vent, comme un épileptique, mène dans la cheminée l’hivernal orchestre,
Sonnant le glas pour les violettes mortes et pour les fougères,
Célébrant les funérailles des gardénias et des chèvrefeuilles ;

Tandis que derrière la vitre embuée les écriteaux et les contrevents dansent une fantastique sarabande,
Narguant les chères extases défuntes,
Et les serments d’amour - oubliés.

14 décembre 1882

Marie Krysinska, Rythmes pittoresques, 1890

 

 

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dimanche 09 novembre

PROMENADE AUTOUR DU GÎTE

Montagne et présence éternelle

Sur les sentiers frappés par des pas répétés, 
Une ombre se glisse, légère et triste. 
Seule dans l'obscurité par la lune éclairée, 
Je compte les années qui nous ont séparées. 
Ici nous étions heureux ; les bois riaient à nos jeux ; 
Sous les pins embrumés, ton parfum s'attardait. 
Nous leur racontions notre amour à chacun de nos séjours ; 
"J'irai où tu iras"! Disais-je d'une voix 
Remplie d'éternité, à ta cause vouée.

Il y a ici encore tant de ces choses que le temps 
N'est capable d'effacer, ni de faire oublier. 
La montagne en échos crie ton nom, chante tes mots; 
Elle n'a point oublié ces deux voix du passé 
Qui se lièrent à jamais dans ce temple déserté ; 
A la pointe de l'aurore elles résonnent encore 
De la vallée livide jusqu'aux crêtes arides. 
Au lever du soleil, une tristesse vermeille 
Attend en silence les aveux d'une présence.

Si aujourd'hui tu n'es plu, c'est que la vie s'est plut 
A briser ses enfants ; et moi, égarée chez les vivants, 
Suspendue à la mort sereine, je te survis à grand peine ; 
Et armée de tout mon courage, j'attends la fin de ton voyage, 
Lorsque étendus sur notre lit de foi, la vie véritable te réveillera.

Nayahcruize

 

 

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samedi 08 novembre

LOURDIOS

Bonne vieille, que fais-tu là?
Il fait assez chaud sans cela,
Tu peux laisser tomber la flamme,
Ménage ton bois, pauvre femme,
Je suis sèché, je n'ai plus froid,
Mais elle, qui ne veut m'entendre,
Jette un fagot, range la cendre:
"Chauffe-toi, soldat, chauffe-toi."

Bonne vieille, je n'ai pas faim,
Garde ton jambon et ton vin;
J'ai mangé la soupe à l'étape,
Veux-tu bien m'ôter cette nappe !
C'est trop bon et trop beau pour moi.
Mais elle qui n'en veut rien faire,
Taille mon pain, remplit mon verre:
"Refais-toi, soldat, refais-toi."

Bonne vieille, pour qui ces draps ?
Par ma foi, tu n'y penses-pas !
Et ton étable ? Et cettepaille
Où l'on fait son lit à sa taille ?
Mais elle, qui n'en veut démordre,
Place les draps, met tout en ordre:
"Couche-toi, soldat, couche-toi !"

-Le jour vient, le départ aussi,-
Allons ! Adieu... Mais qu'est-ceci ?
Mon sac est plus lourd que la veille.
Ah ! bonne hôtesse ! ah ! chère vieille,
Pourquoi tant me gâter, pourquoi ?
Et la bonne vieille de dire,
Moitié larme, moitié sourire:
"J'ai mon gars soldat comme toi !"

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Voilà le gîte où ma soeur et mon beau frère m'ont invité pour passer huit jours de vacances avec eux à Lourdios

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jeudi 06 novembre

LE DEPART DE L'HERMIONE

En bateau


L’étoile du berger tremblote
Dans l’eau plus noire et le pilote
Cherche un briquet dans sa culotte.

C’est l’instant, Messieurs, ou jamais,
D’être audacieux, et je mets
Mes deux mains partout désormais !

Le chevalier Atys, qui gratte
Sa guitare, à Chloris l’ingrate
Lance une oeillade scélérate.

L’abbé confesse bas Eglé,
Et ce vicomte déréglé
Des champs donne à son coeur la clé.

Cependant la lune se lève
Et l’esquif en sa course brève
File gaîment sur l’eau qui rêve.

Paul Verlaine

 

 

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mercredi 05 novembre

L'HERMIONE DANS LA NUIT

Nuit

Le ciel d'étain au ciel de cuivre 
Succède. La nuit fait un pas. 
Les choses de l'ombre vont vivre. 
Les arbres se parlent tout bas.

Le vent, soufflant des empyrées, 
Fait frissonner dans l'onde, où luit 
Le drap d'or des claires soirées, 
Les sombres moires de la nuit.

Puis la nuit fait un pas encore. 
Tout à l'heure, tout écoutait. 
Maintenant nul bruit n'ose éclore ; 
Tout s'enfuit, se cache et se tait.

Tout ce qui vit, existe ou pense, 
Regarde avec anxiété 
S'avancer ce sombre silence 
Dans cette sombre immensité.

C'est l'heure où toute créature 
Sent distinctement dans les cieux, 
Dans la grande étendue obscure, 
Le grand Être mystérieux !

 

Victore HUGO (1802-1855)

 

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lundi 03 novembre

VISITE DE L'HERMIONE - 4

 

 

 

La chanson du petit voilier

- 1 -
Quand j'étais un tout petit garçon
Je me sauvais de la maison
Je partais sans le dire à maman
Pour aller jouer dans l'étang
J'avais fait un bien joli voilier
Avec des bouts de merisier
Que mon père un ancien marinier
Avait laissés dans l'atelier.

Refrain
Vogue, vogue tout le long de la rivière
Vogue, vogue mon joli petit bateau.

- 2 - (Non chanté ici). 
Je grandis, j'avais déjà quinze ans
Oh! Je n'étais plus un enfant
Le voilier que je poussais sur l'eau
Était dev'nu un beau canot
Tout l'été avec mon aviron
J'allais, j'allais au fil de l'eau
Je nageais alors comme un poisson
Et je campais sous les bouleaux.

- 3 -
À vingt ans, j'entrais dans la marine
Sur un joli, joli bateau
À vrai dire j'avais changé de mine
J'étais alors un vrai matelot
Chaque fois que j'entrais dans un port
J'allais rêver le long des quais
Sur la mer quand je frôlais la mort
Je me rappelais mon p'tit voilier.

- 4 -
Maintenant me voilà capitaine
Sur un joli, joli vaisseau
Je dépasse déjà la soixantaine
Et puis je suis toujours sur l'eau
Chaque nuit les yeux sur les étoiles
Je sens mon coeur bien balloté
Je revois mon p'tit bateau à voiles
Bâti jadis dans l'atelier.


Paul-Marcel Gauthier (1958) 
Interprète: Paolo Noël

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vendredi 24 octobre

Oh mon bateau

by Éric Morena

 

Sur la route qui nous mène
Loin du monde et des problèmes
Je fuis (il fuit)
Comme la gazelle aimable
Aux grands cils de velours
Je bondis de vague en vague
Les mouettes me crient leur bonjour

Oh mon bateau
Te es le plus beau des bateaux
Et tu me guides sur les flots
Vers ce qu´il y a de plus beau
Tu es le plus beau des bateaux

Bravant toutes les tempêtes
Sifflant comme une alouette
Je vole (il vole)
Vers de fabuleux rivages
Où je serai bientôt roi
J´entends les rythmes sauvages
Les algues dansent autour de moi
(Hop la)

Oh mon bateau
Tu es le plus beau des bateaux
Et tu me guides sur les flots
Vers ce qu´il y a de plus beau
Tu es le plus beau des bateaux

Nu sous le ciel étoilé
Les voiles gonflées de bonheur
Les poissons chantent en cœur
Les crevettes (les crevettes)
Me crient olé, olé olé

Oh mon bateau
Tu es le plus beau des bateaux
Et tu me guides sur les flots
Vers ce qu´il y a de plus beau
Tu es le plus beau des bateaux

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Je mets mon blog en Pause pour une huitaine de jours car je m'absente

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jeudi 23 octobre

VISITE DE L'HERMIONE - 3

Le navire


La troisième, elle, est d’un navire
Avec tous ses drapeaux au ciel,
La troisième, elle, est d’un navire
Ainsi qu’ils vont sous le soleil,

Avec leurs mâts avec leurs ancres,
Et leur proue peinte en rouge ou vert,
Avec leurs mâts, avec leurs ancres,
Et tout en haut leur guidon clair.

Or, la troisième, elle, est dans l’air,
Et puis aussi, elle, est dans l’eau,
Or, la troisième sur la mer
Est comme y sont les blancs bateaux,

Et les rochers, et les accores,
Et terre dure ou sable mol,
Et les rochers, et les accores,
Et les îles et les atolls ;

Et la troisième est seule au monde
En large, en long, en vert, en bleu,
Et la troisième est seule au monde
Avec le soleil au milieu.

Max ElskampHuit chansons reverdies

 

 

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mercredi 22 octobre

VISITE DE L'HERMIONE - 2

 

 

 

Le Bateau De Papier :
Mon bateau de papier

refrain
De vagues bleues en vagues qui dansent,
Tu es comme un point sur la mer immense.
Reviens me chercher, mon bateau de papier.
Reviens me chercher, je voudrais voyager.

Je t'ai découpé dans un vieux cahier.
Je t'ai colorié et je t'ai plié.
J'ai collé une étoile en haut de ta grand'voile.
Je t'ai mis à l'eau dans le caniveau.

refrain

Poussé par le vent et par le courant,
Tu es arrivé jusqu'à l'océan.
J'ai pas peur des orages, des typhons, du naufrage,
Allons chercher l'or de l'île au trésor.
refrain

Partir loin d'ici vers d'autres pays,
Découvrir la terre et tout ce qui vit.
Pas besoin de boussoles, rien que des idées folles,
Le sud est au nord, tout le monde à bord!

refrain...

Jean Humery

 

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mardi 21 octobre

VISITE DE L'HERMIONE - 1

 

 

Le lendemain de son arrivée, je suis venue le visiter

 

 

 

Le beau navire

Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l'enfance s'allie à la maturité.

Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large,
Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ;
D'un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l'enfance s'allie à la maturité.

Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire,
Ta gorge triomphante est une belle armoire
Dont les panneaux bombés et clairs
Comme les boucliers accrochent des éclairs,

Boucliers provoquants, armés de pointes roses !
Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses,
De vins, de parfums, de liqueurs
Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs !

Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large,
Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent,
Tourmentent les désirs obscurs et les agacent,
Comme deux sorcières qui font
Tourner un philtre noir dans un vase profond.

Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules,
Sont des boas luisants les solides émules,
Faits pour serrer obstinément,
Comme pour l'imprimer dans ton coeur, ton amant.

Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ;
D'un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

Charles BAUDELAIRE (1821-1867

 

 

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lundi 20 octobre

ARRIVEE DE L'HERMIONE

 

L’appel du large


 

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

 

 

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