Photos de Josiane

vendredi 18 mai

LE CHEMIN

  Le chemin de la vie

 

Dédié à Saint Augustin.


La vie est le chemin de la mort. Le chemin 
N'est d'abord qu'un sentier fuyant par la prairie, 
Où la mère conduit son enfant par la main, 
En priant la Vierge Marie.

Aux abords du vallon, le sentier des enfants 
Passe dans un jardin. Rêveur et solitaire, 
L'adolescent effeuille et jette à tous les vents 
Les roses blanches du parterre.

Quand l'amoureux s'égare en ce bosquet charmant, 
Il voit s'évanouir ses chimères lointaines, 
Et le démon du mal l'entraîne indolemment 
Au bord des impures fontaines.

Plus loin, c'est l'arbre noir — détourne-toi toujours, 
L'arbre de la science où flottent les mensonges : 
Garde que ses rameaux ne voilent tes beaux jours, 
Et n'effarouchent tes beaux songes.

En quittant le jardin, la fleur et la chanson, 
La Jeunesse et l'Amour qui s'endorment sur l'herbe, 
Le voyageur aborde au champ de la moisson, 
Où son bras étreint une gerbe.

De sa moisson il va bientôt se reposer 
Sur la blonde colline où les raisins mûrissent ; 
Pour la coupe enivrante il retrouve un baiser 
À ses lèvres qui se flétrissent.

Plus loin, c'est le désert, le désert nébuleux, 
Parsemé de cyprès et de bouquets funèbres ; 
Enfin, c'est la montagne aux rochers anguleux, 
D'où vont descendre les ténèbres.

Pour la gravir, passant, Dieu te laissera seul. 
Un ami te restait, mais le voilà qui tombe ; 
Adieu ; l'oubli de tous t'a couvert du linceul, 
Et tes enfants creusent ta tombe !

Ô pauvre pèlerin ! il s'arrête en montant ; 
Et, se voyant si loin du sentier où sa mère 
L'endormait tous les soirs sur son sein palpitant, 
Il essuie une larme amère.

Se voyant loin de vous, paradis regrettés, 
Dans un doux souvenir son cœur se réfugie : 
Se voyant loin de vous, ô jeunes voluptés ! 
Il chante une vieille élégie.

En vain il tend les bras vers la belle saison, 
Il jette des sanglots au vent d'hiver qui brame ; 
Il a vu près de lui le dernier horizon, 
Déjà Dieu rappelle son âme.

Quand il s'est épuisé dans le mauvais chemin, 
Quand ses pieds ont laissé du sang à chaque pierre, 
La mort passe à propos pour lui tendre la main 
Et pour lui clore la paupière.

Arsène Houssaye.

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jeudi 17 mai

DES REFLETS

Reflet des choses

 

Je suis le reflet des choses ;

Je ris jusqu’au bout des doigts.

Je ne suis ni vert, ni rose,

Je suis vous et je suis moi.

 

Hé ! je me métamorphose

Parfois en petit Chinois,

Je suis le reflet des choses ;

Je ris jusqu’au bout des doigts

 

Oui, je ris, je ris sans cause

De tout, de vous et de moi.

Jamais je ne me repose.

Je luis partout à la fois.

Je suis le reflet des choses.

 

Maurice Carême (Á l’ami Carême)

 

 

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mardi 15 mai

PETIT TORRENT

Le Torrent et la Rivière

 

Avec grand bruit et grand fracas 
Un Torrent tombait des montagnes : 
Tout fuyait devant lui ; l'horreur suivait ses pas ; 
Il faisait trembler les campagnes. 
Nul voyageur n'osait passer 

Une barrière si puissante : 
Un seul vit des voleurs, et se sentant presser, 
Il mit entre eux et lui cette onde menaçante. 
Ce n'était que menace, et bruit, sans profondeur ; 
Notre homme enfin n'eut que la peur. 
Ce succès lui donnant courage, 
Et les mêmes voleurs le poursuivant toujours, 
Il rencontra sur son passage 
Une Rivière dont le cours 

Image d'un sommeil doux, paisible et tranquille 
Lui fit croire d'abord ce trajet fort facile. 
Point de bords escarpés, un sable pur et net. 
Il entre, et son cheval le met 
À couvert des voleurs, mais non de l'onde noire : 
Tous deux au Styx allèrent boire ; 
Tous deux, à nager malheureux, 
Allèrent traverser au séjour ténébreux, 
Bien d'autres fleuves que les nôtres. 
Les gens sans bruit sont dangereux : 
Il n'en est pas ainsi des autres. 

 

 

JEAN DE LA FONTAINE

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dimanche 13 mai

DES FLEURS

Toutes les fleurs

 

Toutes les fleurs, certes, je les adore !
Les pâles lys aux saluts langoureux,
Les lys fluets dont le satin se dore,
Dans leur calice d'ors poudreux !
Et les bluets bleus,
Dont l'azur décore
Les blés onduleux,
Et les liserons qu'entrouvre l'aurore
De ses doigts frileux.
Mais surtout, surtout, je suis amoureux,
Cependant que de folles gloses
S'emplissent les jardins heureux,
Des lilas lilas
Et des roses roses !

Toutes les fleurs, certes, je les adore !
Les cyclamens aux fragiles bouquets,
Les mimosas dont le buisson se dore,
Et les chers jasmins si coquets,
Et les doux genêts
Dont la brise odore,
Et les fins muguets,
Les muguets d'argent,
Si frais quand l'aurore
Mouille les bosquets.
Mais surtout, surtout je suis amoureux,
Cependant que de folles gloses
S'emplissent les jardins heureux,
Des lilas lilas
Et des roses roses !

Toutes les fleurs, certes, je les adore !
Toutes les fleurs dont fleurit ta beauté,
Les clairs soucis dont la lumière dore
Tes cheveux aux blondeurs de thé,
L'iris velouté
Qui te prête encore
Sa gracilité,
Et l'œillet qui met ta joue et l'aurore
En rivalité !
Mais surtout, surtout je suis amoureux,
Dans tes chères lèvres décloses
Et dans les cernes de tes yeux,
Des lilas lilas
Et des roses roses


Edmond Rostand.

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mercredi 09 mai

LA NIVE SUR LE CHEMIN DE HALAGE

Le Torrent et la Rivière

 

Avec grand bruit et grand fracas 
Un Torrent tombait des montagnes : 
Tout fuyait devant lui ; l'horreur suivait ses pas ; 
Il faisait trembler les campagnes. 
Nul voyageur n'osait passer 

Une barrière si puissante : 
Un seul vit des voleurs, et se sentant presser, 
Il mit entre eux et lui cette onde menaçante. 
Ce n'était que menace, et bruit, sans profondeur ; 
Notre homme enfin n'eut que la peur. 
Ce succès lui donnant courage, 
Et les mêmes voleurs le poursuivant toujours, 
Il rencontra sur son passage 
Une Rivière dont le cours 

Image d'un sommeil doux, paisible et tranquille 
Lui fit croire d'abord ce trajet fort facile. 
Point de bords escarpés, un sable pur et net. 
Il entre, et son cheval le met 
À couvert des voleurs, mais non de l'onde noire : 
Tous deux au Styx allèrent boire ; 
Tous deux, à nager malheureux, 
Allèrent traverser au séjour ténébreux, 
Bien d'autres fleuves que les nôtres. 
Les gens sans bruit sont dangereux : 
Il n'en est pas ainsi des autres. 

 

Jean de la Fontaine 
Les Fables VIII

 

 

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mardi 01 mai

LE 1er MAI

Une clochette de tendresse


Une clochette de douceur


Une clochette de tolérance


Une clochette de franchise


Une clochette de sincérité


Bon 1er mai

 

Bonne fête du bonheur à tous et toutes 

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lundi 30 avril

LEVER DU JOUR

 

Le soleil du matin doucement chauffe et dore

Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore,
Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.
L'on sort sans autre but que de sortir ; on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l'eau survit à son passage.
C'est tout.

Mais le songeur aime ce paysage
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui chante et qui scintille,

Dont rêve le poète et que l'homme chérit,
Evoquant en ses voeux dont peut-être on sourit
La Compagne qu'enfin il a trouvée, et l'âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclame.

Paul VERLAINE   (1844-1896)

 

Photos prisent le 1 avril

 

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samedi 28 avril

LES EGLISES

Titre : L'église (I)

Poète : Victor Hugo (1802-1885)

Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865).

I.

J'errais. Que de charmantes choses ! 
Il avait plu ; j'étais crotté ; 
Mais puisque j'ai vu tant de roses, 
Je dois dire la vérité.

J'arrivai tout près d'une église, 
De la verte église au bon Dieu, 
Où qui voyage sans valise 
Écoute chanter l'oiseau bleu.

C'était l'église en fleurs, bâtie 
Sans pierre, au fond du bois mouvant, 
Par l'aubépine et par l'ortie 
Avec des feuilles et du vent.

Le porche était fait de deux branches, 
D'une broussaille et d'un buisson ; 
La voussure, toute en pervenches, 
Était signée : Avril, maçon.

Dans cette vive architecture, 
Ravissante aux yeux attendris, 
On sentait l'art de la nature ; 
On comprenait que la perdrix,

Que l'alouette et que la grive 
Avaient donné de bons avis 
Sur la courbure de l'ogive, 
Et que Dieu les avait suivis.

Une haute rose trémière 
Dressait sur le toit de chardons 
Ses cloches pleines de lumière 
Où carillonnaient les bourdons.

Cette flèche gardait l'entrée ; 
Derrière on voyait s'ébaucher 
Une digitale pourprée, 
Le clocheton près du clocher.

Seul sous une pierre, un cloporte 
Songeait, comme Jean à Pathmos ; 
Un lys s'ouvrait près de la porte 
Et tenait les fonts baptismaux.

Au centre où la mousse s'amasse, 
L'autel, un caillou, rayonnait, 
Lamé d'argent par la limace 
Et brodé d'or par le genêt.

Un escalier de fleurs ouvertes, 
Tordu dans le style saxon, 
Copiait ses spirales vertes 
Sur le dos d'un colimaçon.

Un cytise en pleine révolte, 
Troublant l'ordre, étouffant l'écho, 
Encombrait toute l'archivolte 
D'un grand falbala rococo.

En regardant par la croisée, 
Ô joie ! on sentait là quelqu'un. 
L'eau bénite était en rosée, 
Et l'encens était en parfum.

Les rayons à leur arrivée, 
Et les gais zéphirs querelleurs, 
Allaient de travée en travée 
Baiser le front penché des fleurs.

Toute la nef, d'aube baignée, 
Palpitait d'extase et d'émoi. 
— Ami, me dit une araignée, 
La grande rosace est de moi.

Victor Hugo.

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jeudi 26 avril

POMMIER EN FLEURS

Renouveau

Le printemps maladif a chassé tristement
L’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
L’impuissance s’étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau
Et triste, j’erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…
– Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil
De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

Stéphane Mallarmé

 

 

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mardi 24 avril

COUCHER DE SOLEIL A SAINT JEAN DE LUZ (Suite)

 

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées.
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,

Victor HUGO   (1802-1885)

 

 

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samedi 21 avril

COUCHER DE SOLEIL A SAINT JEAN DE LUZ (suite )

 Coucher de soleil

 

Le soleil sur les monts s'écroule, 
S'empourpre, et, graduellement, 
Rétrécit son rayonnement, 
Toujours plus se ramasse en boule.

Sa grande âme presque exhalée, 
De ses derniers soupirs de feu 
Rougit la côte et le milieu 
De la solitaire vallée.

Et quand il s'éteint, descendu 
Sur un roc lierreux et fendu, 
Taché de noir comme les marbres,

Il figure, brûlant les yeux, 
Un saint sacrement monstrueux 
Qui saigne parmi des troncs d'arbres.

Maurice Rollinat.

 

 

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vendredi 20 avril

COUCHER DE SOLEIL A SAINT JEAN DE LUZ

 

Le coucher du soleil romantique

Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve !

Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !

Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L'irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons ;

Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

 

 

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mercredi 18 avril

LE POMMIER

 Les fleurs de pommiers

 

Les champs sont comme des damiers
Teintés partout du blé qui lève.
Avril a mis sur les pommiers
Sa broderie exquise et brève.

Avant que les soleils brutaux
Aient fait jaunir l'herbe et la branche,
C'est la gloire de nos coteaux
D'avoir cette couronne blanche.

Malgré les feuillages légers,
Les jardins sont tout nus encore,
Mais les fleurs couvrent les vergers
Qui rayonnent comme une aurore.

La campagne gaie est vraiment
Belle et divinement coiffée ;
Les pommiers ont un air charmant
Avec leur tête ébouriffée.

Une étoile blanche est leur fleur
Qu'Avril peut brûler d'une haleine.
Le Chinois en peint la pâleur
Sur les tasses de porcelaine.

Elle n'a pas d'odeur ; elle est
Délicate, charnue et grasse ;
Blanche et mate comme le lait,
Aussi légère que la grâce.

Elle semble s'enorgueillir
Du fragile trésor du germe.
Il faut la voir sans la cueillir
A cause du fruit qu'elle enferme.

Cependant sur le front aimé
Qui s'éclaire de l'embellie,
Pas une seule fleur de mai
N'est, à vrai dire, aussi jolie.

J'ai là, tout au fond de mon cœur
Un souvenir de matinée :
Des fleurs prises d'un doigt moqueur...
Mais je ne sais plus quelle année !

Albert Mérat.



 

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dimanche 15 avril

AU BORD DE LA NIVE

Paysage

Midi. L’astre au zénith flamboyait dans les cieux.
L’azur immaculé, profond et radieux,
Posait sur l’horizon sa coupole sereine.
Le fleuve au loin passait, lent, sur la brune arène.
Des vallons aux coteaux, des coteaux aux vallons,
Les champs jaunis ou verts prolongeaient leurs sillons.
Sur les versants ombreux des collines prochaines
La forêt étageait ses hêtres et ses chênes.
Ce n’est plus, ô printemps ! tes riantes couleurs ;
C’est l’été mûrissant aux fécondes chaleurs.
Sous les soleils d’août, d’une teinte plus dure,
L’arbre à l’épais feuillage assombrit sa verdure ;
La fraîcheur a fait place à la force ; l’été
Resplendit dans sa flamme et sa virilité.
Aux fleurs ont succédé les fruits, — saintes richesses
De l’homme ; — la nature a rempli ses promesses.

Il est midi. Planant dans l’immobilité,
L’astre épanche sa flamme avec tranquillité.
Le vent s’est assoupi, la forêt est paisible.
Parfois, sous les rameaux, l’oiseau chante, invisible,
Puis se tait, fatigué de lumière, et s’endort ;
Les abeilles, les taons des bois, les mouches d’or,
Enivrés des rayons qui tombent des ramures,
Sur l’herbe tiède et molle éteignent leurs murmures :
La lumière au silence, hymen mystérieux,
S’accouple dans la paix des bois et dans les cieux.

Paix sainte des grands bois ! paix des cieux pleins de flamme !
Heureux, heureux qui peut, dans ses yeux, dans son âme,
Sans pleurs, sans deuils poignants, sans regrets acérés,
Paix saintes, recevoir vos effluves sacrés !
Heureux l’esprit sans trouble, heureuse la paupière
Que le silence enivre et qu’endort la lumière,
Qui jouit d’un beau jour sans le voir se ternir
Des ombres qu’après soi traîne le souvenir !

Auguste Lacaussade, Les Automnales (1876)

 

 

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samedi 14 avril

BONJOUR LE CHAT

 

 

Le Chat

 

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
Nagent autour de son corps brun.

BaudelaireLes Fleurs du mal

 

 

Il y a deux ou trois jours j'entendais un chien aboyer dans la rue devant chez moi. Je regarde et ce chien en avait après ce chat qui s'était abrité sur ce poteau électrisque. Il y est restait toute l'après midi  et ce n'était pas confortable.
Après plusieurs heures ils s'est instalé sur le boîtier Blanc. En fin d'après midi il s'était échappé. Je connais ce chat car il vient souvent sur ma pelouse

 

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vendredi 13 avril

LEVER DU SOLEIL

(PHOTOS PRISENT CE MATIN)

 

Le soleil du matin doucement chauffe et dore

Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore,
Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.
L'on sort sans autre but que de sortir ; on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l'eau survit à son passage.
C'est tout.

Mais le songeur aime ce paysage
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui chante et qui scintille,

Dont rêve le poète et que l'homme chérit,
Evoquant en ses voeux dont peut-être on sourit
La Compagne qu'enfin il a trouvée, et l'âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclam

 

Paul VERLAINE (1844-1896)

 

 

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samedi 07 avril

POMMIER EN FLEURS

 Les fleurs de pommiers

 

Les champs sont comme des damiers
Teintés partout du blé qui lève.
Avril a mis sur les pommiers
Sa broderie exquise et brève.

Avant que les soleils brutaux
Aient fait jaunir l'herbe et la branche,
C'est la gloire de nos coteaux
D'avoir cette couronne blanche.

Malgré les feuillages légers,
Les jardins sont tout nus encore,
Mais les fleurs couvrent les vergers
Qui rayonnent comme une aurore.

La campagne gaie est vraiment
Belle et divinement coiffée ;
Les pommiers ont un air charmant
Avec leur tête ébouriffée.

Une étoile blanche est leur fleur
Qu'Avril peut brûler d'une haleine.
Le Chinois en peint la pâleur
Sur les tasses de porcelaine.

Elle n'a pas d'odeur ; elle est
Délicate, charnue et grasse ;
Blanche et mate comme le lait,
Aussi légère que la grâce.

Elle semble s'enorgueillir
Du fragile trésor du germe.
Il faut la voir sans la cueillir
A cause du fruit qu'elle enferme.

Cependant sur le front aimé
Qui s'éclaire de l'embellie,
Pas une seule fleur de mai
N'est, à vrai dire, aussi jolie.

J'ai là, tout au fond de mon cœur
Un souvenir de matinée :
Des fleurs prises d'un doigt moqueur...
Mais je ne sais plus quelle année !

Albert Mérat.

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vendredi 06 avril

LES MERVEILLES DU PRINTEMPS

 

Le printemps donne à tout la vie.

 

Le printemps donne à tout la vie et la beauté ; 
Chaque tige a sa fleur ; chaque fleur est superbe ; 
L'azur est souriant. La nature en gaîté 
Met des trésors d'amour et de bonheur dans l'herbe !

Dans les arbres, songeurs profonds, germe le fruit : 
La joie est par les airs ; tout est gonflé de sève ; 
Et ce jour trouble plus le penseur que la nuit, 
Car un plus grand mystère entre dans son grand rêve !

Dieu se laisse entrevoir, et sur des arbrisseaux, 
Êtres souffrants que nul doux parfum ne console, 
Une fleur vient d'éclore, un nid de passereaux : 
Encore de l'amour au sein d'une corolle !

Jean Aicard.



 

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jeudi 05 avril

Le SOLEIL SE LEVE

LEVER DE SOLEIL

 

Lentement, le soleil s’éveille

Et s’étire dans le ciel, 

Il répand ses écailles d’or 

Qui se mèlent à la brume.

 

L’ ombre se dissout

De plus en plus floue

Pour fuir cet assaut

De filaments de lumière

De l’astre solaire.

 

Les reflets des rayons fusent

Enflammant tout l’horizon

Sublimant le miroir des cieux.

 

Tapissant une fresque colorée

de rose, de violet surnaturels

Telle une peinture enchantée

De la vie qui nait, bien réelle.

Je ne connais pas l'auteur. Les photos ont été prises au mois de septembre 2017

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mercredi 04 avril

LE JOUR SE LEVE

 Lever de soleil sur la brume                 

                                                                                                                                                                                                                                                                                     La  La nature est tout ce qu’on voit,

                                                                                                                                                                                                                                                                           

Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime,

                                                                                                                                                                                                                                                                                                       Tout ce qu’on sait , tout ce qu’on croit,

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   Tout ce que l’on sent en soi-même.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             Elle est belle pour qui la voit,

                                                                                                                                                                                                                       

Elle est bonne à celui qui l’aime,

                                                                                                                                                                                                                                                     

Elle est juste quand on y croit

                                                                                                                                                                                                                                                              

Et qu’on la respecte en soi-même.

                                                                                                                                                                                                                                                                                    Regarde le ciel, il te voit,

                                                                                                                                                                                                                                                  

Embrasse la terre, elle t’aime.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  La vérité c’est ce qu’on croit

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   En la nature c’est toi-même.

                                                                                                                                                                                                                                                                  (George Sand)

 

 

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Posté par Josiane64 à 10:37 - Commentaires [8] - Permalien [#]