Le petit pont de Pierre
Je suis
Le seul passage
Fait de pierres vieilles et hors d'âge
Pour traverser seul sans ambages
Le ru
Un jour
Tout seul sans arme sans bagage
De tout bord de tous âges
Vous franchirez
Mes berges
Je suis le petit pont de Pierre
Enjambant la rivière
Invisible ruisseau
Qui coule tout au fond
D'un immense canyon
Je suis l'allégorie
Où tout passe tout finit
Vous y serez, un jour, amenés
A venir témoigner
Le bilan d'une vie
Pour y être appelés
A tous participer
A l'un, des nombreux festins et banquets
Des esprits.
Jean Louis ANSELOT






Je vous ai mis le pont du Pont d'Espagne, de Saint Etienne de Baïgorry et de Saint Jean Pied de port.
Recueil : "Premières poésies"
Aux seuls ressouvenirs
Nos rapides pensers volent dans les étoiles.
THÉOPHILE.
Aux vitraux diaprés des sombres basiliques,
Les flammes du couchant s’éteignent tour à tour ;
D’un âge qui n’est plus précieuses reliques,
Leurs dômes dans l’azur tracent un noir contour ;
Et la lune paraît, de ses rayons obliques
Argentant à demi l’aiguille de la tour
Et les derniers rameaux des pins mélancoliques
Dont l’ombre se balance et s’étend alentour.
Alors les vibrements de la cloche qui tinte
D’un monde aérien semblent la voix éteinte
Qui, par le vent portée, en ce monde parvient ;
Et le poète, assis près des flots, sur la grève,
Écoute ces accents fugitifs comme un rêve,
Lève les yeux au ciel et, triste, se souvient.





Emile VERHAEREN (1855-1916)
Des fleurs fines
Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume
Poussaient au bord de nos chemins
Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains
Et tes cheveux avec des plumes.
L'ombre était bienveillante à nos pas réunis
En leur marche, sous le feuillage ;
Une chanson d'enfant nous venait d'un village
Et remplissait tout l'infini.
Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne
Sous la garde des longs roseaux
Et le beau front des bois reflétait dans les eaux
Sa haute et flexible couronne.
Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient
Ensemble une même pensée,
Nous songions que c'était notre vie apaisée
Que ce beau soir nous dévoilait.
Une suprême fois, tu vis le ciel en fête
Se parer et nous dire adieu ;
Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux
Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.
Crs photos ont été prises à la Plaine d'Ansot, à Bayonne, en juillet 2010
Dans le parc ...
Dans le parc aux lointains voilés de brume, sous
Les grands arbres d’où tombe avec un bruit très doux
L’adieu des feuilles d’or parmi la solitude,
Sous le ciel pâlissant comme de lassitude,
Nous irons, si tu veux, jusqu’au soir, à pas lents,
Bercer l’été qui meurt dans nos coeurs indolents.
Nous marcherons parmi les muettes allées ;
Et cet amer parfum qu’ont les herbes foulées,
Et ce silence, et ce grand charme langoureux
Que verse en nous l’automne exquis et douloureux
Et qui sort des jardins, des bois, des eaux, des arbres
Et des parterres nus où grelottent les marbres,
Baignera doucement notre âme tout un jour,
Comme un mouchoir ancien qui sent encor l’amour.
Albert SAMAIN (1858-1900)




Les photos sont de juillet 2008 à Cambo les Bains.
Le Lac
Recueil : "Émile Nelligan et son œuvre - Tristia"
Remémore, mon cœur, devant l’onde qui fuit
De ce lac solennel, sous l’or de la vesprée,
Ce couple malheureux dont la barque éplorée
Y vint sombrer avec leur amour, une nuit.
Comme tout alentours se tourmente et sanglote !
Le vent verse les pleurs des astres aux roseaux,
Le lys s’y mire ainsi que l’azur plein d’oiseaux,
Comme pour y chercher une image qui flotte.
Mais rien n’en a surgi depuis le soir fatal
Où les amants sont morts enlaçant leurs deux vies,
Et les eaux en silence aux grèves d’or suivies
Disent qu’ils dorment bien sous leur calme cristal.
Ainsi la vie humaine est un grand lac qui dort
Plein, sous le masque froid des ondes déployées,
De blonds rêves déçus, d’illusions noyées,
Où l’Espoir vainement mire ses astres d’or.






Ces photos ont été prises en juillet 2009 au lac de Saint Pée sur Nivelle
Le charme de l'orchidée
Dans le creux des papiers froissés
Demeure une larme de sable
Et le charme de l’orchidée
Que tu déposais sur ma table.
Le vent s’en va, il est passé
Comme passent nos aventures
Nos belles amours trépassées
M’ont laissé de tendres blessures.
L’eau coule aux fissures du cœur
Gouttes de cristal qui se figent
Larmes de rose sans rancœur
Qui meurt lentement sur sa tige…
Dans le creux des papiers froissés
Demeure une larme de sable
Et le charme de l’orchidée
Tremble, beauté impérissable
Michèle CORTI




La rivière
La rivière glisse, serpente,
Enroule ses méandres
Baignant au passage
Des milliers de branchages.
Les feuilles se balancent,
Chuchotant des romances
Que l'eau, ailleurs, emmène
Et que les oiseaux répètent.
Tout au long de ses rives,
Les pêcheurs au bout de leur ligne
Somnolent à l'ombre des branches
Pendant que les poissons dansent.
La rivière quand elle est sage
Reflète nos visages.
La lune et les nuages
S'y mirent à leur avantage.
A fleur de l'eau
Les têtards font des sauts,
Laissant des friselis
Que le vent éparpille.
Avec la terre et le soleil
Elle se complète à merveille,
De leur idylle
Fleurit la vie.
Reine BATAILLOU



La vie est un cours d'eau.
La naissance est la source,
Cette petite source va grandir de plus en plus.
Elle va devoir traverser divers dangers,
Une petite pluie viendra l'aider.
La vie sur terre est la rivière,
Cette rivière va devenir un fleuve.
Il va devoir faire sa route sans s'arrêter,
Traverser les forêts, les déserts, grandissant toujours.
Les belles rencontres dans la vie sont les affluents,
Ils vont venir se jeter dans votre fleuve
Et continuer le chemin avec vous,
Certains seront plus puissants, vous donnant de l'élan,
Vous rempliront en période de sècheresse
Et vous repartirez telle un torrent.
La mort est l'embouchure, le grand fleuve va se jeter là
Où il n'a encore jamais été, et remplira l'océan.
La vie éternelle est l'océan infini,
Tout votre parcours, votre vie réunie.
Plus de déserts, de forêts, de barrages,
De collines ou de montagnes à franchir,
C'est l'océan infini, la liberté infinie,
La rencontre infinie, la vie éternelle.
Amandine MDE






La cigogne et le canard
La cigogne est levée aux aurores,
Tandis que le canard, lui, dort
La cigogne vole toujours dans les cieux
Le canard lui, se fait de plus en plus vieux
Ils auront toujours des points communs.
La cigogne, grand oiseau aux larges plumes
Se promène dans les airs sans attraper de rhumes
Le canard, lui, nage dans les mares sur terre
Et foule souvent la terre austère.
Ils auront toujours des points communs
La cigogne, vaillant chasseur des cieux
Fait, avec les petits oiseaux, ce qu’elle en veut
Le canard, habitué à manger des végétaux,
Ne cherche pas à tuer des animaux
Ils auront toujours des points communs.
Tandis que l’un se dit en pleine forme,
L’autre, de son cœur, perd les formes.
La cigogne elle, mourra un jour
Le canard lui, est mort pour toujours.
Ils ont toujours eu un point commun.
Thomas PERRIER





Photos prisent en Avril 2011 à Cadix lors d'une excursion en Andalousie
- Charles BAUDELAIRE (1821-1867)
Le coucher du soleil romantique
Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve !
Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !
Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L'irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons ;
Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.




Les photos sont de mon fils
L'hirondelle au printemps ...
VICTOR HUGO
L'hirondelle au printemps cherche les vieilles tours,
Débris où n'est plus l'homme, où la vie est toujours ;
La fauvette en avril cherche, ô ma bien-aimée,
La forêt sombre et fraîche et l'épaisse ramée,
La mousse, et, dans les noeuds des branches, les doux toits
Qu'en se superposant font les feuilles des bois.
Ainsi fait l'oiseau. Nous, nous cherchons, dans la ville,
Le coin désert, l'abri solitaire et tranquille,
Le seuil qui n'a pas d'yeux obliques et méchants,
La rue où les volets sont fermés ; dans les champs,
Nous cherchons le sentier du pâtre et du poëte ;
Dans les bois, la clairière inconnue et muette
Où le silence éteint les bruits lointains et sourds.
L'oiseau cache son nid, nous cachons nos amours.
Ces photos datent de 2010





Le pêcheur, vidant ses filets,
Voit les poissons d’or de la Loire
Glacés d’argent sur leur nageoire
Et mieux vêtus que des varlets.
Teints encor des ardents reflets
Du soleil et du flot de moire,
Le pêcheur, vidant ses filets,
Voit les poissons d’or de la Loire.
Les beaux captifs, admirez-les !
Ils brillent sur la terre noire,
Glorifiant de sa victoire,
Jaunes, pourprés et violets,
Le pêcheur vidant ses filets.
Théodore de Banville, Les cariatides




Les Orgues
Recueil : "La Jeunesse blanche"
Quand le soir descendait, le soir attendrissant,
Des amants chuchoteurs allaient le long des berges ;
Des bruits d’orgues venaient des lointaines auberges
Et la Lune attristait comme un portrait d’absent.
Or, ces orgues pleurant parmi les vapeurs bleues
Du brouillard qui semblait l’haleine de la nuit,
Ces orgues dont l’espace alanguissait le bruit,
C’était la voix dolente et l’âme des banlieues.
L’âme des quartiers morts et des pauvres enclos,
L’âme éparse du peuple au fond des terrains vagues,
Du peuple tristement joyeux, pareil aux vagues
Dont l’écume chantante est pleine de sanglots.
L’âme des vagabonds, des forains sans asile
Et des vieux chiens perdus par les chemins lépreux,
Où des flaques d’eau morte ont un air douloureux
Comme des yeux crevés d’où le soleil s’exile !
Oh ! ces orgues, le soir, par les lointains faubourgs,
Rythmes plaintifs cognant aux vitres des lanternes,
Et venant consoler, près des mornes casernes,
L’âme des déserteurs pleurant dans les tambours.
Les Orgues de l'église d'Ustaritz



Orgues de l'église de Saint Etienne de Baïgorry

Le gardien du phare aime trop les oiseaux
Des oiseaux par milliers volent vers les feux
Par milliers ils tombent par milliers ils se cognent
Par milliers aveuglés par milliers assommés
Par milliers ils meurent
Le gardien ne peut supporter des choses pareilles
Les oiseaux il les aime trop
Alors il dit Tant pis je m’en fous !
Et il éteint tout
Au loin un cargo fait naufrage
Un cargo venant des îles
Un cargo chargé d’oiseaux
Des milliers d’oiseaux des îles
Des milliers d’oiseaux noyés.
Jacques Prévert
(Poème tiré de « Histoires »)
Phare de l'île de Ré



Premier mai
Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.
Je ne suis pas en train de parler d'autres choses.
Premier mai ! l'amour gai, triste, brûlant, jaloux,
Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;
L'arbre où j'ai, l'autre automne, écrit une devise,
La redit pour son compte et croit qu'il l'improvise ;
Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ;
L'atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
Des déclarations qu'au Printemps fait la plaine,
Et que l'herbe amoureuse adresse au ciel charmant.
A chaque pas du jour dans le bleu firmament,
La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise
Envoie au renouveau ses baisers odorants ;
Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans,
Dont l'haleine s'envole en murmurant : Je t'aime !
Sur le ravin, l'étang, le pré, le sillon même,
Font des taches partout de toutes les couleurs ;
Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;
Comme si ses soupirs et ses tendres missives
Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives,
Et tous les billets doux de son amour bavard,
Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !
Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées,
Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ;
Tout semble confier à l'ombre un doux secret ;
Tout aime, et tout l'avoue à voix basse ; on dirait
Qu'au nord, au sud brûlant, au couchant, à l'aurore,
La haie en fleur, le lierre et la source sonore,
Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants,
Répètent un quatrain fait par les quatre vents.
Victo HUGO (1802-1885)



Le silence dans une église
Sonnet
Au levant de la nef, penchant son humide urne,
La nuit laisse tomber l'ombre triste du soir ;
Chasse insensiblement l'humble clarté diurne ;
Et la voûte s'endort sur le pilier tout noir ;
Le silence entre seul sous l'arceau taciturne,
L'ogive aux vitraux bruns ne se laisse plus voir ;
L'autel froid se revêt de sa robe nocturne ;
L'orgue s'éteint ; tout dort dans le sacré dortoir !
Dans le silence, un pas résonne sur la dalle ;
Tout s'éveille, et le son élargit sa spirale,
L'orgue gémit, l'autel tressaille de ce bruit ;
Le pilier le répète en sa cavité sombre ;
La voûte le redit, et s'agite dans l'ombre...
Puis tout s'éteint, tout meurt, et retombe en la nuit !
JULES VERNES (1828-1905)
Eglise de Bidarray

Pardonnez-moi je ne sais plu je nom du village dans le Périgord

La cathédrale de Bayonne

Eglise de Banca

L'intérieur de la cathédrale de Bayonne

QUAND LES CHEVAUX RENTRENT TRÈS TARD
Il arrive que, rentrant tard
Par les longues routes du soir,
Les chevaux tout à coup s'arrêtent,
Et, comme las, baissent la tête.
Dans le charette, le fermier
N'esquisse pas le moindre geste
Pour les contraindre à se presser.
La lune, sur les blés jaunis,
Vient lentement de se lever,
Et l'on entend comme le bruit
D'une eau qui coule dans l'été.
Quand les chevaux rentrent très tard,
Le fermier ne sait pas pourquoi,
Le long des routes infinies,
Il les laisse avidement boire
Aux fontaines bleues de la nuit.
MAURICE CARÊME
Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin,
et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.
Quelqu'un à mon côté dit : « il est parti !»
Parti vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout !
Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter
sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
pas en lui.
Et juste au moment où quelqu'un prés de moi
dit : «il est parti !»
il en est d'autres qui le voyant poindre à l'horizon
et venir vers eux s'exclament avec joie :
«Le voilà !»
C'est ça la mort !
Il n'y a pas de morts.
Il y a des vivants sur les deux rives.
Poème de William Blake






Toutes les fleurs
Toutes les fleurs, certes, je les adore !
Les pâles lys aux saluts langoureux,
Les lys fluets dont le satin se dore,
Dans leur calice d'ors poudreux !
Et les bluets bleus,
Dont l'azur décore
Les blés onduleux,
Et les liserons qu'entrouvre l'aurore
De ses doigts frileux.
Mais surtout, surtout, je suis amoureux,
Cependant que de folles gloses
S'emplissent les jardins heureux,
Des lilas lilas
Et des roses roses !
Toutes les fleurs, certes, je les adore !
Les cyclamens aux fragiles bouquets,
Les mimosas dont le buisson se dore,
Et les chers jasmins si coquets,
Et les doux genêts
Dont la brise odore,
Et les fins muguets,
Les muguets d'argent,
Si frais quand l'aurore
Mouille les bosquets.
Mais surtout, surtout je suis amoureux,
Cependant que de folles gloses
S'emplissent les jardins heureux,
Des lilas lilas
Et des roses roses !
Toutes les fleurs, certes, je les adore !
Toutes les fleurs dont fleurit ta beauté,
Les clairs soucis dont la lumière dore
Tes cheveux aux blondeurs de thé,
L'iris velouté
Qui te prête encore
Sa gracilité,
Et l'œillet qui met ta joue et l'aurore
En rivalité !
Mais surtout, surtout je suis amoureux,
Dans tes chères lèvres décloses
Et dans les cernes de tes yeux,
Des lilas lilas
Et des roses roses
Edmond Rostand.
La rose
Je dirai la rose aux plis gracieux.
La rose est le souffle embaumé des Dieux,
Le plus cher souci des Muses divines.
Je dirai ta gloire, ô charme des yeux,
Ô fleur de Kypris, reine des collines !
Tu t'épanouis entre les beaux doigts
De l'Aube écartant les ombres moroses ;
L'air bleu devient rose, et roses les bois ;
La bouche et le sein des Nymphes sont roses !
Heureuse la vierge aux bras arrondis
Qui dans les halliers humides te cueille !
Heureux le front jeune où tu resplendis !
Heureuse la coupe où nage ta feuille !
Ruisselante encor du flot paternel,
Quand de la mer bleue Aphrodite éclose
Étincela nue aux clartés du ciel,
La Terre jalouse enfanta la rose ;
Et l'Olympe entier, d'amour transporté,
Salua la fleur avec la Beauté !
Charles-Marie LECOMTE DE LISLE (1818-1894)




