Photos de Josiane

samedi 15 avril

BONNE FËTE DE PÂQUES

RENOUVEAU

Mon coeur est en fête aujourd’hui,
Finis la neige, le froid et la pluie,
Grâce au Printemps, nous sommes prêts à y croire,
Quand la nature apporte son message d’espoir,
Et la joie fleurit dans mon coeur,
Souhaitant à tous des moments de bonheur ,
Profitons de cette période de paix,
Pour s’envoyer de jolies pensées,
Joyeuses Pâques !

 

 

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jeudi 13 avril

LA RIVIERE

 La petite rivière

 

La petite rivière, bleue
Si peu que le ciel ait d'azur,
D'ici fait encore une lieue,
Puis verse au fleuve son flot pur.

Plus grande, elle serait moins douce,
Elle n'aurait pas la lenteur
Qui dans les herbes mène et pousse
Son cours délicat et chanteur.

Elle n'aurait pas de prairies
Plus vertes si près de la main,
Non plus que ces berges fleuries
Où marque à peine le chemin.

Ni le silence si paisible,
Ni parmi les plantes des eaux
L'étroit chenal presque invisible
Entre les joncs et les roseaux.

Et le moulin qui sort des branches
N'aurait pas à bruire ailleurs
Plus d'eau dans ses palettes blanches,
Ni plus de mousses et de fleurs.

La petite rivière est gaie
Ou mélancolique, suivant
Qu'un oiseau chante dans la haie
Ou qu'il pleut et qu'il fait du vent.

Selon l'heure, joyeuse ou triste,
Couleur du soir ou du matin,
Comme une charmeuse elle insiste,
Lorsque l'œil la perd au lointain,

Derrière le saule incolore
Ou le vert des grands peupliers,
A montrer une fois encore
Ses caprices inoubliés.

Albert Mérat.

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mardi 11 avril

FLEURS DE POMMIER

 Les fleurs de pommiers

Recueil : Le Parnasse contemporain, III (1876).

Les champs sont comme des damiers
Teintés partout du blé qui lève.
Avril a mis sur les pommiers
Sa broderie exquise et brève.

Avant que les soleils brutaux
Aient fait jaunir l'herbe et la branche,
C'est la gloire de nos coteaux
D'avoir cette couronne blanche.

Malgré les feuillages légers,
Les jardins sont tout nus encore,
Mais les fleurs couvrent les vergers
Qui rayonnent comme une aurore.

La campagne gaie est vraiment
Belle et divinement coiffée ;
Les pommiers ont un air charmant
Avec leur tête ébouriffée.

Une étoile blanche est leur fleur
Qu'Avril peut brûler d'une haleine.
Le Chinois en peint la pâleur
Sur les tasses de porcelaine.

Elle n'a pas d'odeur ; elle est
Délicate, charnue et grasse ;
Blanche et mate comme le lait,
Aussi légère que la grâce.

Elle semble s'enorgueillir
Du fragile trésor du germe.
Il faut la voir sans la cueillir
A cause du fruit qu'elle enferme.

Cependant sur le front aimé
Qui s'éclaire de l'embellie,
Pas une seule fleur de mai
N'est, à vrai dire, aussi jolie.

J'ai là, tout au fond de mon cœur
Un souvenir de matinée :
Des fleurs prises d'un doigt moqueur...
Mais je ne sais plus quelle année !

Albert Mérat.



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dimanche 09 avril

PETITES FLEURS

Titre : Des fleurs fines

 

Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume 
Poussaient au bord de nos chemins 
Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains 
Et tes cheveux avec des plumes.

L'ombre était bienveillante à nos pas réunis 
En leur marche, sous le feuillage ; 
Une chanson d'enfant nous venait d'un village 
Et remplissait tout l'infini.

Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne 
Sous la garde des longs roseaux 
Et le beau front des bois reflétait dans les eaux 
Sa haute et flexible couronne.

Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient 
Ensemble une même pensée, 
Nous songions que c'était notre vie apaisée 
Que ce beau soir nous dévoilait.

Une suprême fois, tu vis le ciel en fête 
Se parer et nous dire adieu ; 
Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux 
Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.

Émile Verhaeren.



 

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lundi 03 avril

LES PETITES FLEURS

 Des fleurs fines

Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume 
Poussaient au bord de nos chemins 
Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains 
Et tes cheveux avec des plumes.

L'ombre était bienveillante à nos pas réunis 
En leur marche, sous le feuillage ; 
Une chanson d'enfant nous venait d'un village 
Et remplissait tout l'infini.

Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne 
Sous la garde des longs roseaux 
Et le beau front des bois reflétait dans les eaux 
Sa haute et flexible couronne.

Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient 
Ensemble une même pensée, 
Nous songions que c'était notre vie apaisée 
Que ce beau soir nous dévoilait.

Une suprême fois, tu vis le ciel en fête 
Se parer et nous dire adieu ; 
Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux 
Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.

Émile Verhaeren.



 

 

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dimanche 02 avril

LA MER

Sur la côte

Un vent rude soufflait par les azurs cendrés,
Quand du côté de l’aube, ouverte à l’avalanche,
L’horizon s’ébranla dans une charge blanche
Et dans un galop fou de nuages cabrés.

Le jour entier, jour clair, jour sans pluie et sans brume,
Les crins sautants, les flancs dorés, la croupe en feu,
Ils ruèrent leur course à travers l’éther bleu,
Dans un envolement d’argent pâle et d’écume.

Et leur élan grandit encor lorsque le soir,
Coupant l’espace entier de son grand geste noir,
Les poussa vers la mer, où criaient les rafales,

Et que l’ample soleil de juin, tombé de haut,
Se débattit, sanglant, sous leur farouche assaut,
Comme un rouge étalon dans un rut de cavales.

Emile VerhaerenLes bords de la route

 

 

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samedi 01 avril

LA MER

Rythme des vagues

J’étais assis devant la mer sur le galet.
Sous un ciel clair, les flots d’un azur violet,
Après s’être gonflés en accourant du large,
Comme un homme accablé d’un fardeau s’en décharge,
Se brisaient devant moi, rythmés et successifs.
J’observais ces paquets de mer lourds et massifs
Qui marquaient d’un hourra leurs chutes régulières
Et puis se retiraient en râlant sur les pierres.LA MER
Et ce bruit m’enivrait; et, pour écouter mieux,
Je me voilai la face et je fermai les yeux.
Alors, en entendant les lames sur la grève
Bouillonner et courir, et toujours, et sans trêve
S’écrouler en faisant ce fracas cadencé,
Moi, l’humble observateur du rythme, j’ai pensé
Qu’il doit être en effet une chose sacrée,
Puisque Celui qui sait, qui commande et qui crée,

N’a tiré du néant ces moyens musicaux,
Ces falaises aux rocs creusés pour les échos,
Ces sonores cailloux, ces stridents coquillages
Incessamment heurtés et roulés sur les plages
Par la vague, pendant tant de milliers d’hivers,
Que pour que l’Océan nous récitât des vers.

François CoppéeLe Cahier Rouge

 

 

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vendredi 31 mars

LA MER

Aux bains de mer

Sur la plage élégante au sable de velours
Que frappent, réguliers et calmes, les flots lourds,
Tels que des vers pompeux aux nobles hémistiches,
Les enfants des baigneurs oisifs, les enfants riches,
Qui viennent des hôtels voisins et des chalets,
La jaquette troussée au-dessus des mollets,
Courent, les pieds dans l’eau, jouant avec la lame.
Le rire dans les yeux et le bonheur dans l’âme,
Sains et superbes sous leurs habits étoffés
Et d’un mignon chapeau de matelot coiffés,
Ces beaux enfants gâtés, ainsi qu’on les appelle,
Creusent gaîment, avec une petite pelle,
Dans le fin sable d’or des canaux et des trous;
Et ce même Océan, qui peut dans son courroux
Broyer sur les récifs les grands steamers de cuivre,
Laisse, indulgent aïeul, son flot docile suivre
Le chemin que lui trace un caprice d’enfant.
Ils sont là, l’oeil ravi, les cheveux blonds au vent,

Non loin d’une maman brodant sous son ombrelle,
Et trouvent, à coup sûr, chose bien naturelle,
Que la mer soit si bonne et les amuse ainsi.
– Soudain, d’autres enfants, pieds nus comme ceux-ci,
Et laissant monter l’eau sur leurs jambes bien faites,
Des moussaillons du port, des pêcheurs de crevettes,
Passent, le cou tendu sous le poids des paniers.
Ce sont les fils des gens du peuple, les derniers
Des pauvres, et le sort leur fit rude la vie.
Mais ils vont, sérieux, sans un regard d’envie
Pour ces jolis babys et les plaisirs qu’ils ont.
Comme de courageux petits marins qu’ils sont,
Ils aiment leur métier pénible et salutaire
Et ne jalousent point les heureux de la terre;
Car ils savent combien maternelle est la mer
Et que pour eux aussi souffle le vent amer
Qui rend robuste et belle, en lui baisant la joue,
L’enfance qui travaille et l’enfance qui joue.

François CoppéeLe Cahier Rouge

 

 

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Photos prisent hier après midi Le 30 mars

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mercredi 29 mars

MON POMMIER

Le pommier en fleurs

 

Joli pommier aux fleurs pastel
Reprend vigueur et force
Des racines jusqu’à l’écorce
Sous l’ombre furtive des premières hirondelles

Et laisse se poser sur tes petits bouquets
Roses pâles et ceux violacés
Les papillons courageux des soleils frisquets
Et réchauffe-les pour moi dans tes branches enlacées.

 

Guillaume PREVEL

 

 

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samedi 25 mars

L'ORCHIDEE

ORCHIDEES POEME DE THOMAS ANDRE©

Comme une reine sans couronne,
Elle trône au milieu des autres fleurs et rayonne,
Jouant de sa hauteur,
Et de sa splendeur,

Elle qui n’a point d’odeur,
S’en remet à ses pétales de douceur.
S’obligeant souvent à pavoiser,
Pour se tenir toujours développée et désigner,

Parmi le lot de ces cousines odorantes,
Elle agite son arrogance,
Et faisant miroiter sa constance,
Parmi ces fleurs évaporantes,

Elle, assume une durée de vie,
Qui la favorise, et lui laisse dérouler sa vie,
Engendrant des boutons,
De les éclore, sans être quand même, aussi résistants que les fleurs de cotons.

La démocratisation de l’orchidée,
Nous permette d’y avoir accès,
De même de nombreux salons sont organisés
Mettant en valeur la beauté de l’orchidée.

A la splendeur de sa parure,
Elle illumine nos dorures,
Et donne un aspect royal,
Par son port primordial.

Orchidées fleurs de rêve,
Au fond de moi je te cherche sans trêve,
Sachant que ta destinée est moins d’être sauvage,
Que de vivre en symbiose dans notre cadre loin de tes rivages.

 

 

 

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vendredi 24 mars

FIN DE JOURNEE

 Coucher de soleil

Poète : Maurice Rollinat (1846-1903)

 


Le soleil sur les monts s'écroule, 
S'empourpre, et, graduellement, 
Rétrécit son rayonnement, 
Toujours plus se ramasse en boule.

Sa grande âme presque exhalée, 
De ses derniers soupirs de feu 
Rougit la côte et le milieu 
De la solitaire vallée.

Et quand il s'éteint, descendu 
Sur un roc lierreux et fendu, 
Taché de noir comme les marbres,

Il figure, brûlant les yeux, 
Un saint sacrement monstrueux 
Qui saigne parmi des troncs d'arbres.

Maurice Rollinat.

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jeudi 23 mars

DES FLEURS

 

 

 

 

 

 

 

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mardi 21 mars

UN PETIT CHEMIN

 

 

C’est un petit chemin

C’est un petit chemin
Noyé dans la verdure,
Quand vient le mois de mai
C’est fou ce qu’il sent bon !
On y oublie le monde,
Et ses fureurs, et ses blessures,
On n’y entend plus rien
Que le chant des oiseaux
Cachés dans les buissons….
Tout au bout du chemin,
Là-bas, dans la forêt,
Comme dans un tableau
Le vert sombre des pins
Se mélange en douceur
Au vert tendre des chênes…
Dans ce monde en folie
Plein de peurs et de haine,
C’est un havre de paix
Que ce petit chemin…
Je m’y trouve si bien
Que je voudrais l’offrir
Aux enfants de la guerre,
Qu’ils y oublient leurs larmes,
Leur terreur, leur chagrin.
Mais ça, je ne peux pas.
Alors, je rêve bien souvent
Qu’ils sont là…
Je les prends par la main
Et puis je les emmène
A l’abri
Des tyrans de la Terre,
Ecouter les oiseaux,
Sentir l’odeur des fleurs
Et être heureux, enfin,
Dans mon petit chemin…..!

Avril 1995    Simone BONNAURE

 

 

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Heureusement que dimanche il faisait beau, j'ai pu en profiter une petit peu.

 

 

 

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lundi 20 mars

LE PRINTEMPS

Après l’hiver

N’attendez pas de moi que je vais vous donner
Des raisons contre Dieu que je vois rayonner ;
La nuit meurt, l’hiver fuit ; maintenant la lumière,
Dans les champs, dans les bois, est partout la première.
Je suis par le printemps vaguement attendri.
Avril est un enfant, frêle, charmant, fleuri ;
Je sens devant l’enfance et devant le zéphyre
Je ne sais quel besoin de pleurer et de rire ;
Mai complète ma joie et s’ajoute à mes pleurs.
Jeanne, George, accourez, puisque voilà des fleurs.
Accourez, la forêt chante, l’azur se dore,
Vous n’avez pas le droit d’être absents de l’aurore.
Je suis un vieux songeur et j’ai besoin de vous,
Venez, je veux aimer, être juste, être doux,
Croire, remercier confusément les choses,
Vivre sans reprocher les épines aux roses,
Être enfin un bonhomme acceptant le bon Dieu.

Ô printemps ! bois sacrés ! ciel profondément bleu !
On sent un souffle d’air vivant qui vous pénètre,
Et l’ouverture au loin d’une blanche fenêtre ;
On mêle sa pensée au clair-obscur des eaux ;
On a le doux bonheur d’être avec les oiseaux
Et de voir, sous l’abri des branches printanières,
Ces messieurs faire avec ces dames des manières.

26 juin 1878

Victor Hugo

 

 

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dimanche 19 mars

LE PRINTEMPS

Printemps

C’est la jeunesse et le matin.
Vois donc, ô ma belle farouche,
Partout des perles : dans le thym,
Dans les roses, et dans ta bouche.
L’infini n’a rien d’effrayant ;
L’azur sourit à la chaumière ;
Et la terre est heureuse, ayant
Confiance dans la lumière.
Quand le soir vient, le soir profond,
Les fleurs se ferment sous les branches ;
Ces petites âmes s’en vont
Au fond de leurs alcôves blanches.
Elles s’endorment, et la nuit
A beau tomber noire et glacée,
Tout ce monde des fleurs qui luit
Et qui ne vit que de rosée,
L’œillet, le jasmin, le genêt,
Le trèfle incarnat qu’avril dore,
Est tranquille, car il connaît
L’exactitude de l’aurore.

Victor HUGO

 

 

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samedi 18 mars

LE LAC DE SAINT PEE SUR NIVELLE

Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur, 
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

 

Alphonse LAMARTINE

 

 

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lundi 13 mars

LEVER DE SOLEIL A ITSASSOU

Le soleil du matin doucement chauffe et dore

Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore,
Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.
L'on sort sans autre but que de sortir ; on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l'eau survit à son passage.
C'est tout.

Mais le songeur aime ce paysage
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui chante et qui scintille,

Dont rêve le poète et que l'homme chérit,
Evoquant en ses voeux dont peut-être on sourit
La Compagne qu'enfin il a trouvée, et l'âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclame.

 

Paul VERAINE

 

 

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mardi 07 mars

LA RHUNE

 

Avec mes photos de la RHUNE, j'ai fait une vidéo

 

 

 

 

 

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lundi 06 mars

LA RHUNE

Montagne


Il y avait dans la montagne
Un bleu très tendre qui dormait
Il sortit du lit, s'étira
Et pris la forme d'une cloche.

A fleur de roche il s'est ouvert,
Ouvert à fleur de campanule.
Parfois l'abeille s'aventure
Dans cet azure près du battant.

Des sœurs plus jeunes se balancent,
Le bleu du ciel en fait le tour.
-Oh vieux sapins, votre abat-jour
Ne rabattra leur cadence.

Pas plus que le vent ne pourrait
Couper le vol des perdrix blanches,
Flocons nuageux qui se penche
Vers la neige et le sourcelet

Pierre Menanteau.

 

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Ces photos ont été prises en octobre 2015

 

 

 

 

 

 

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samedi 04 mars

LE JOUR SE LEVE

Un lever de soleil   (Alphonse Lamartine)

 

L'Orient jaillit comme un fleuve, 
La lumière coule à long flot, 
La terre lui sourit et le ciel s'en abreuve 
Et de ces cieux vieillis, l'aube sort aussi neuve 
Que l'aurore du jour, qui sortit du Très Haut. 

 
Et des pleurs de la nuit, le sillon boit la pluie, 
Et les lèvres de fleurs distillent leur encens, 
Et d'un sein plus léger l'homme aspire à la vie 
Quand un esprit divin vient englober ses sens.
 

 
Notre terre éblouie du rayon qui la dore, 
Nage plus mollement dans l'élastique éther, 
Comme un léger nuage enlevé par l'aurore 
Plane avec majesté sur les vagues de l'air. 

 
Les pointes des forêts que les brises agitent, 
Bercent l'ombre et la fraîcheur pour le choeur des oiseaux ; 
Et le souffle léger des ondes pures qui palpitent 
Parfume en s'exhalant le lit voilé des eaux. 

 
Celui qui sait d'où vient l'aurore qui se lève, 
Ouvre ses yeux noyés d'allégresse et d'amour, 
Il reprend son fardeau que la vertu soulève 
S'élance, et dit " Marchons à la clarté du jour ! "

(Harmonies poétiques II)

 

 

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LEVER DU

JOUR LE 3 MARS

 

 

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