À l’hirondelle

 

Toi qui peux monter solitaire 
Au ciel, sans gravir les sommets, 
Et dans les vallons de la terre 
Descendre sans tomber jamais ; 

Toi qui, sans te pencher au fleuve 
Où nous ne puisons qu’à genoux, 
Peux aller boire avant qu’il pleuve 
Au nuage trop haut pour nous ; 

Toi qui pars au déclin des roses 
Et reviens au nid printanier, 
Fidèle aux deux meilleures choses, 
L’indépendance et le foyer ; 

Comme toi mon âme s’élève 
Et tout à coup rase le sol, 
Et suit avec l’aile du rêve 
Les beaux méandres de ton vol. 

S’il lui faut aussi des voyages, 
Il lui faut son nid chaque jour ; 
Elle a tes deux besoins sauvages : 
Libre vie, immuable amour. 

 

Sully Prudhomme 

 

 

 

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