René DOMENGET

L'Orchidée

Cette orchidée blanche au cœur mauve,
Trônant sur la table au salon,
Fait que du fond de mon alcôve,
J'entends vibrer comme un violon ;
Ce vibrato ramène à moi
Tous les échos de ton amour,
Laissant dans mon cœur en émoi,
Les souvenirs de si beaux jours.

T'en souviens-tu ma tendre aimée,
Nous étions cœur à cœur lié,
Et dans nos âmes enflammées,
Vivait un monde ensoleillé ;
Un monde fait pour toi pour moi,
Sur mesure, sans anicroche,
Pas de censeur, aucune loi,
Un amour pur comme eaux de roche.

Pour nous les oiseaux dans les branches
Faisaient sonner un chant très doux,
En farandole les pervenches,
Formaient un cercle autour de nous.
Nous étions blottis là, dans l'ombre,
Corps contre corps, cœur contre cœur,
Eloignant toute pensée sombre,
Buvant à grands traits le bonheur.

Le vin de la félicité
Coulait en nous comme un nectar,
Que des déesses en beauté
Nous servaient ; mais il se fait tard,
Avec le temps est venu l'âge,
Où même si l'on reste fou,
On ne va plus sous le feuillage,
Se rouler à l'ombre du houx.

Mais l'orchidée blanche au cœur mauve,
Qui trône là dans le salon,
Amène au fond de mon alcôve
La symphonie de cent violons,
Qui jouent un air, toujours le même,
Une chanson de troubadour,
Qui en tout temps vente l'amour,
D'une orchidée qui dit : je t'aime.


Chambéry avril 2001

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