Paul VERLAINE
1844 - 1896

Le soleil du matin doucement chauffe et dore

 

Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore,
Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.
L'on sort sans autre but que de sortir ; on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l'eau survit à son passage.
C'est tout.

Mais le songeur aime ce paysage
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui chante et qui scintille,

Dont rêve le poète et que l'homme chérit,
Evoquant en ses voeux dont peut-être on sourit
La Compagne qu'enfin il a trouvée, et l'âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclame.

24072018-IMG_4253

24072018-IMG_4254

24072018-IMG_4255

24072018-IMG_4257

24072018-IMG_4258

 

24072018-IMG_4259

24072018-IMG_4260

24072018-IMG_4261

24072018-IMG_4262

 

24072018-IMG_4263

24072018-IMG_4265

 

La couleur du ciel lorsque je me suis levée ce matin vers 7 heures