L’orage

 

Chaque arbre est immobile, attentif à tout bruit.

Même le peuplier tremblant retient son souffle ;

L’air pèse sur le dos des collines, il luit

Comme un métal incandescent et l’heure essouffle.

 

Les moineaux buissonniers se sont tous dispersés

Avec le vol aigu et les cris d’hirondelles,

Et des mouettes vont, traînant leurs larges ailes,

Dans l’air lourd à gravir et lourd à traverser.

 

L’éclair qui brille au loin semble une brusque entaille

Et, tandis que hennit un cheval de labour,

Les nuages  vaillants qui vont à la bataille

Escaladent l’azur âpre comme une tour.

 

Mais soudain, l’arc-en-ciel luit comme une victoire !

Chaque arbre est un archer qui lance des oiseaux,

Et les nuages noirs qu’un soleil jeune moire,

Enivrés, sont partis pour des combats nouveaux.

 

Jules Supervielle

 

 

14012017-_O5A0481

14012017-_O5A0482

18052017-_O5A1517

18052017-_O5A1521

 

30112017-30112017-_O5A2732

30112017-30112017-_O5A2733

30112017-30112017-_O5A2734

30112017-30112017-_O5A2735

 Comme je ne peux pas aller faire de nouvelles photos je mets des anciennes