La neige

 

J'aime la neige éblouissante 
Qui couronne les vieilles tours, 
Et sur les arbres qu'elle argente : 
Courbe la feuille jaunissante, 
Dernier souvenir des beaux jours.

Ses blancs flocons avec mystère 
Reposent au toit des maisons, 
Et d'une tunique légère 
Voilent la face de la terre, 
Ainsi que de molles toisons.

Écoutez ! tout semble immobile, 
La neige endort tous les échos ; 
Sans bruit passe la foule agile, 
Et sur l'enceinte de la ville 
Pèse un mystérieux repos.

La ville est un camp qui sommeille 
Avec ses muets pavillons, 
Quand le vent n'apporte à l'oreille 
Que la voix du soldat qui veille, 
Dans l'absence des bataillons.

C'est une flotte dont la grâce 
Fait rêver aux golfes des cieux, 
Une blanche flotte qui passe, 
Et qui semble au loin dans l'espace 
Suivre un astre silencieux.

L'arbre balancé par l'orage 
Est un mât penché sur les mers, 
Chaque brise un chant de la plage, 
Chaque voix un cri du rivage 
Prolongé sur les flots amers.

Et le soir quand la ville étale 
L'éclat de ses mille flambeaux, 
C'est une tente triomphale 
Qui, dans sa grâce orientale, 
Garde la couche d'un héros.

Antoine de Latour.



 

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Ces photos ont été prise hier dans la journée et le soir au coucher du soleil de mon balcon