MONSIEUR LE MERLE
Le merle
Un oiseau siffle dans les branches
Et sautille gai, plein d'espoir,
Sur les herbes, de givre blanches,
En bottes jaunes, en frac noir.
C'est un merle, chanteur crédule,
Ignorant du calendrier,
Qui rêve soleil, et module
L'hymne d'avril en février.
Pourtant il vente, il pleut à verse ;
L'Arve jaunit le Rhône bleu,
Et le salon, tendu de perse,
Tient tous ses hôtes près du feu.
Les monts sur l'épaule ont l'hermine,
Comme des magistrats siégeant.
Leur blanc tribunal examine
Un cas d'hiver se prolongeant.
Lustrant son aile qu'il essuie,
L'oiseau persiste en sa chanson,
Malgré neige, brouillard et pluie,
Il croit à la jeune saison.
Il gronde l'aube paresseuse
De rester au lit si longtemps
Et, gourmandant la fleur frileuse,
Met en demeure le printemps.
Il voit le jour derrière l'ombre,
Tel un croyant, dans le saint lieu,
L'autel désert, sous la nef sombre,
Avec sa foi voit toujours Dieu.
A la nature il se confie,
Car son instinct pressent la loi.
Qui rit de ta philosophie,
Beau merle, est moins sage que toi !
Théophile GAUTIER (1811-1872)



Commentaires sur MONSIEUR LE MERLE
- Chère Josiane,

Très joli ce merle, tu as pu bien le cadrer, ce n'est pas facile de prendre les oiseaux, ils s'effarouchent facilement.
J'en ai également un qui vient picorer avec les mésanges et autres oiseaux, c'est un vrai spectacle de les voir .
J'espère que tu vas bien et que tu marches à peu près normalement maintenant.
Ici depuis 3 jours nous sommes dans le brouillard du matin au soir, un temps bien tristounet.
Je te souhaite une belle et douce soirée et je t'envoie de gros bisous,
chaleureuses amitiés pour toi et ton époux.
Nicole


















GROS GROS BISOUS MA JOSIANE